‹ L’Hameçon de PhéniceChapitre 3 sur 10 · Scène III.

Scène III.

La maison de Phénice. Un salon.

Entrent PHÉNICE, CÉLIA, LUCINDO et TRISTAN.

Phénice

Au nom de ma vie, asseyez-vous.

Lucindo.

C’est que, mon bien, il est tard.

Phénice.

Ce que je vous demande par amour, vous me l’accorderez par courtoisie.

Lucindo.

Je suis si charmé de voir ce salon orné avec tant de goût et de grâce, que je ne songe pas à m’asseoir.

Phénice.

Faites-moi un plaisir : emportez à votre hôtellerie tout ce qui vous conviendra.

Lucindo.

Je me garderai bien d’abuser d’une telle offre ; mais j’admire vos tableaux. — Oh ! la belle Cléopâtre !

Phénice.

Elle est devenue célèbre pour s’être tuée par amour. Hélas ! je ferais pour vous ce qu’elle fit pour Antoine.

Lucindo.

Oh ! l’adorable Narcisse !

Phénice.

Ô Dieu ! n’allez pas comme lui vous éprendre de vous-même en vous mirant dans cette glace. Non, vous ne serez pas si cruel. Nous périrons plutôt ensemble.

Lucindo.

Épargnez-moi, de grâce. — Cette peinture ne représente-t-elle pas Adonis ?

Phénice.

Oui, et c’est ainsi que je me figure que vous êtes lorsque vous revenez de la chasse.

Lucindo.

Non pas ! je ne suis, moi, que le sanglier ; mais vous, vous êtes la belle Vénus, et les roses naîtraient également sous vos pas.

Phénice.

Quel esprit agréable vous avez !

Lucindo.

Voici, si je ne me trompe, la fameuse Hélène.

Phénice.

Elle aurait dédaigné Pâris en vous voyant.

Lucindo.

Non pas ! mais Pâris vous aurait donné la pomme.

Phénice.

Quelle aimable repartie !

Lucindo.

Tout ce mobilier est d’une élégance parfaite.

Phénice.

Il n’est pas trop mal, en effet. — Mais quoi ! j’oubliais de vous offrir des rafraîchissements.

Lucindo.

Ne parlons pas de cela.

Phénice, appelant.

Célia !

Célia.

Madame ?

Phénice, à voix basse.

Quel niais !

Célia, de même.

Pas si niais.

Phénice, de même.

Que penses-tu de lui ?

Célia, de même.

Qu’il a au contraire beaucoup d’esprit.

Phénice, de même.

Àquoi le juges-tu ainsi ?

Célia, de même.

Parce qu’il n’a pas apporté sa chaîne en venant.

Phénice, de même.

Je ne l’avais pas encore remarqué… As-tu jamais vu pareille méfiance ? Venir sans chaîne !

Célia, de même.

Prenez garde, vous ne gagnerez rien avec lui.

Phénice, de même.

Pourquoi cela ?

Célia, de même.

Parce qu’il est sur la défensive.

Phénice, de même.

Nous verrons. C’est une lâcheté, Célia, que de s’attaquer à un pauvre jeune homme naïf et crédule. Je préfère lutter de ruse avec un fin matois… Ah ! celui-ci a mis sa chaîne de côté !

Célia, de même.

Et si vous la pêchez, ce ne sera pas sans peine.

Phénice, de même.

Nous verrons, te dis-je. Il n’est pas facile, je l’avoue, de tromper un luron si cauteleux ; mais j’emploierai les grands moyens, et il tombera dans mes piéges.

Lucindo, bas, à Tristan.

Que crains-tu ?

Tristan, bas, à Lucindo.

Mille tours de son métier. Tenez-vous bien !

Lucindo, de même.

Tu es fou, puisque tu gardes mon argent, mes bagues et ma chaîne.

Phénice

Ô Circé ! inspire-moi.

Célia, de même.

Vous voulez donc absolument essayer un appât ?

Phénice, de même.

Je risquerai du moins un premier hameçon. (Haut.) Que l’on apporte la collation. (À Lucindo.) Asseyez-vous là, mes amours, près de moi.

Célia sort.

Lucindo, à part.

Il y a peut-être sous toutes ces prévenances et sous toutes ces flatteries quelque artifice caché. Mais que puis-je perdre à m’asseoir ?

Il prend un fauteuil.

Tristan, bas, à Lucindo.

Comment ! vous vous asseyez !

Lucindo, bas, à Tristan.

Tais-toi, imbécile.

Il s’assied.

Phénice.

Parlez-moi donc un peu, ma chère vie. Un mot de votre bouche fera ma joie ou ma douleur.

Lucindo.

Que vous dirai-je ?

Phénice.

Que ce soit vrai ou non, dites-moi : Je vous aime.

Lucindo.

Certes oui, — je vous aime.

Phénice.

Certes oui ! oh ! que c’est charmant ! Oh ! comme il se voit bien à ce Certes oui que vous êtes Espagnol !

Lucindo.

Je vous l’avais déclaré.

Phénice.

Le Certes oui n’est pas la seule chose qui confirme votre aveu. Votre visage et votre taille attestent mieux encore la sincérité de vos paroles… Je vous assure que depuis mille ans il n’a pas passé un Certes oui plus délicieux en Italie.

Lucindo.

C’est la première fois que je voyage en pays étranger.

Phénice.

Vous avez bien l’air d’être de Valence.

Lucindo.

Nous sommes fort tendres là-bas.

Phénice.

Sur ma conscience, je ne l’aurais pas cru à votre Certes oui… Quoi ! je vous loue, je vous caresse ; je mets à votre disposition ce que contient cet appartement ; puis, je me jette moi-même à votre tête comme une folle insensée ; et vous, à la fin de tout cela, vous répondez un Certes oui plein de gravité. Non, par la vie de ma mère, non, généreux et noble Espagnol, je n’ai pas le bonheur de vous plaire, ou vous aurez laissé là-bas une autre femme plus heureuse, qui vous a plu davantage, et dont le souvenir vous poursuit. Eh bien, écoutez. Par vos yeux, par les miens, par ceux de l’Amour aveugle, parlez-moi de cette belle que j’envie. Ses yeux, à elle, sont-ils noirs, ou gris, ou bleus ? De quelle couleur sont ses cheveux ? Est-elle grande ou petite ? Quel est son caractère ? son esprit ? — Ah ! n’est-il pas vrai ? tout à l’heure vous vous êtes transporté en idée à Valence ; vous vous promeniez dans sa rue et vous pensiez à elle ? Ne me le cachez pas, mon bien : qu’y a-t-il de nouveau à Valence ?

Tristan, à part.

Ôla friponne infernale !

Lucindo.

Ce qu’il y a de plus nouveau à Valence, mon amie, c’est que je vous adore. J’ai eu là-bas une inclination que votre vue a bannie de mon cœur. J’étais aimé d’une femme qui avait les cheveux très-noirs, et qui cependant était assez blanche, laquelle je devais épouser. Nous nous sommes envoyé l’un à l’autre, plusieurs mois durant, des billets doux pleins de galanteries portugaises. Je la vis un jour dans un jardin, et de près elle me parut peu jolie ; je causai avec elle, et je la trouvai ennuyeuse ; je lui touchai la main, et elle me sembla froide. C’est pourquoi, lorsque j’ai dû partir, je l’ai quittée sans regret ; et à présent, hors mes parents et mes amis, rien ne m’occupe à Valence.

Phénice.

Hélas ! hélas ! cet homme qui m’a inspiré une passion si subite, il en aime une autre !… Ah ! quelle horrible trahison !

Lucindo.

Écoutez-moi !

Phénice.

Vous m’avez tuée.

Lucindo.

Vous pleurez ?

Phénice.

Ah ! grand Dieu !

Lucindo.

Ôtez votre mouchoir.

Tristan, à part.

Diable ! quelle rusée !

Phénice.

Vous avez, j’en suis certaine, apporté ici des gages de sa tendresse.

Lucindo.

Ne m’affligez pas, ne me tourmentez pas, mon cher bien. Songez que votre chagrin me désole.

Phénice.

Où sont ces gages, dites-moi, perfide ?

Tristan, à part.

Voilà une feinte bien habile !

Lucindo.

Ne pleurez pas, je vous prie.

Phénice.

Je ne pleure pas sans motif. La chaîne que vous aviez sur vous cette après-dînée était un de ces gages, et c’est pour cela que vous ne la portez pas en ma présence.

Tristan, à part.

Voyons comme il s’en tirera.

Lucindo.

Quoi ! c’est la chaîne qui excite vos soupçons ?

Tristan, à part.

Peste soit de la chaîne !

Lucindo.

Écoutez, ma vie, et calmez-vous !

Phénice.

Qu’avez-vous à me dire ?

Lucindo.

Comme je manquais d’argent, j’ai envoyé Tristan pour la vendre.

Tristan, à part.

Pas si mal ! (Haut.) En effet, je l’ai portée dans la maison d’un certain cavalier.

Phénice.

Et quel prix vous en a-t-il donné ?

Tristan.

Il était sorti, et je l’ai laissée chez lui pour qu’il la voie.

Phénice, à part.

Ce coquin-là me pénètre ; mais je les repêcherai plus tard. (À Lucindo.) Qu’il ne soit plus question de cela, mon amour. (Appelant.) Célia !

Célia, du dehors.

Madame ?

Phénice.

Arrivez donc.

Entrent CÉLIA, deux Domestiques et un Écuyer.

L’Écuyer a la serviette sur l’épaule ; il porte sur un plateau un bocal de confitures, une tasse, une soucoupe, etc., etc.

Phénice.

Allons, ma chère vie, mangez un peu, de grâce. — Va, Célia, et apporte-moi ici mon pupitre. (Célia sort.) Mangez donc quelques friandises, ô maître de mon âme ! mangez, puisque vous êtes le seigneur de ce logis.

Tristan, à part.

Que ces domestiques sont bien tenus !

Lucindo, appelant.

Tristan ?

Tristan.

Seigneur ?

Lucindo, bas, à Tristan.

Tu t’abuses grandement à ne pas croire que cette dame soit une personne principale.

Tristan, de même.

Jusqu’ici j’ai eu assez mauvaise opinion d’elle, j’en conviens ; mais je reconnais que j’ai eu tort, et je vous demande pardon de mes pensées.

Phénice, à Lucindo.

Est-ce que vous ne buvez pas ?

Lucindo, aux domestiques.

Que l’on me donne à boire.

Tristan, bas, à Lucindo.

Ç’a été déjà assez imprudent à vous de manger.

Lucindo, bas, à Tristan.

Tais-toi. Je n’en ai fait que le semblant ; j’ai gardé chaque morceau dans ma serviette.

Tristan, de même.

Àla bonne heure !

Lucindo, de même.

Sois tranquille.

Tristan, de même.

Et vous allez boire ?

Lucindo, de même.

Oui.

Tristan, de même.

Ne buvez pas, au nom du ciel !

Lucindo, de même.

Que peut-il y avoir dans du vin ?

Tristan, de même.

Je crains tout.

Phénice, à part.

Il n’a pas mangé ! A-t-on vu des précautions aussi impertinentes ? Il faut que cet homme soit un démon.

Lucindo, aux domestiques.

Je ne bois que de l’eau.

Phénice.

Servez de l’eau à monseigneur. (À part.) Il soupçonne quelque ruse, je ne le tromperai que mieux.

CÉLIA rentre apportant un pupitre.

Célia.

Voici le pupitre, madame.

Phénice.

Apportez-le-moi vite.

Célia.

Avez-vous la clef ?

Phénice.

Je l’ai dans ma manche.

Lucindo.

Qu’avez-vous là-dedans ?

Phénice.

Il est bien dépourvu ces jours-ci ; il est plein ordinairement de bagatelles, de riens. — Voici des gants ; acceptez ces quatre paires.

Lucindo.

Ils sont parfumés d’ambre ?

Phénice.

Oui ; ne les refusez pas, je me fâcherais.

Lucindo.

Mille millions de grâces.

Phénice.

Vous devez avoir besoin de pastilles, car les hôtelleries ne sont pas très-propres. Une religieuse de ma connaissance m’en a envoyé hier six douzaines dans cette boîte. Prenez-les.

Lucindo.

Comment pourrai-je vous payer jamais cela ? (Bas, à Tristan.) Nous sommes perdus, Tristan.

Tristan, bas, à Lucindo.

Cette femme vous a mis dans un étrange embarras.

Phénice.

Que puis-je donc vous donner encore ? Je cherche… Ah ! j’y ai ordinairement des bas de Naples.

Lucindo.

Ils sont très-renommés.

Phénice.

Tristan ?

Tristan.

Madame ?

Phénice.

En voici deux paires.

Tristan.

Que Dieu vous garde !

Phénice.

Il y en a aussi pour vous. Tenez, prenez.

Lucindo, bas, à Tristan.

Qu’est ceci, Tristan ?

Tristan, bas, à Lucindo.

Ce sont, ma foi, les richesses des Indes renfermées dans un pupitre d’amour.

Lucindo, de même.

Je suis tout troublé, tout ébahi de ses faveurs.

Phénice, à Lucindo.

Prenez cette bourse.

Lucindo.

Je vous baise les mains. — Mais…

Phénice.

Quoi donc ?

Lucindo.

Il m’a paru, au poids, qu’elle contient de l’argent, et le son qu’elle rend le dit mieux encore.

Phénice.

Vous y trouverez cent écus. Puisque vous n’êtes pas en fonds, s’il vous faut davantage, demandez-le-moi. Quand vous aurez de l’argent de reste, vous me rendrez cette petite somme, si vous voulez.

Lucindo.

En vérité, vous êtes aussi grande que la fille d’Alexandre.

L’Écuyer.

Je suis bien sûr qu’elle rattrapera cela.

Premier Domestique.

Quel est ce poisson-là ?

Deuxième Domestique.

Je l’ignore.

L’Écuyer.

C’est un marchand de Valence.

Premier Domestique.

Il a la main, il gagne.

L’Écuyer.

Mais il perdra par le pied.

Célia.

Puisque Phénice lui avance de l’argent, c’est qu’elle aura pris hypothèque.

Lucindo.

Il est tard, madame, et il faut aussi que je m’occupe de mes affaires.

Phénice.

Que le ciel vous accompagne, mon ami, et qu’il vous empêche d’oublier que vous avez emporté mon âme !

Lucindo.

Alors même que votre beauté ne serait pas sans cesse présente à mon esprit, les obligations que vous m’avez imposées vous rappelleront à jamais à mon souvenir… Comment pourrais-je les reconnaître ? le pourrais-je quand même mon vaisseau serait de l’or le plus pur ?… Plût à Dieu que le toit en eût été embelli par le pinceau des premiers maîtres de l’Europe, que ses agrès fussent des perles d’Orient, ses voiles du plus riche brocart, ses antennes du corail, et ses mâts des émeraudes, des rubis et des diamants ! je serais heureux de vous l’offrir, et je mettrais mon cœur au milieu du fougon, afin qu’il brûlât devant vous éternellement.

Phénice.

Que Dieu vous conserve pour moi mille années ! (Aux domestiques.) Holà ! accompagnez tous ce seigneur.

Lucindo, bas, à Tristan.

Comprends-tu quelque chose à tout ceci ?

Tristan, bas, à Lucindo.

C’est l’amour le plus parfait, ou la ruse la plus diabolique.

Lucindo, de même.

Àen juger par les effets, c’est de l’amour.

Tristan, de même.

Attendons avant de prononcer. Je vous dirai cela plus tard ; la fin nous l’apprendra.

Lucindo, Tristan, l’Écuyer et les deux Domestiques sortent.

Célia.

Vous avez joué là un jeu hardi.

Phénice.

C’est un profit assuré.

Célia.

Peut-être.

Phénice.

Je n’en doute pas. Et quel plaisir vaut celui de tromper ainsi un homme ?

Entrent le capitaine OSORIO, DINARDA vêtue en cavalier, et BERNARDO et FABIO habillés en pages.

Le Capitaine.

Puis-je entrer ?

Phénice.

Certainement.

Le Capitaine.

J’amène un hôte souper chez vous.

Dinarda.

Que votre grâce, madame, me tienne pour son serviteur.

Phénice, à Dinarda.

Soyez le bienvenu, seigneur. (Bas, au capitaine.) Est-il d’Espagne ?

Le Capitaine.

Il en arrive à l’instant.

Phénice.

Est-il cavalier ?

Le Capitaine.

Cela se voit de reste.

Phénice.

Et son nom ?

Le Capitaine.

Don Juan de Lara.

Phénice.

Quel joli homme !

Le Capitaine.

Charmant.

Dinarda, à Phénice.

J’ai quitté l’Espagne, il y a un mois, et je suis arrivé en Sicile dans le jour le plus fortuné de ma vie, puisque je contemple votre beauté.

Phénice.

Je vous remercie du compliment. Dans quel but venez-vous ?

Dinarda.

Je viens servir le roi, n’ayant que la faible pension que me font un père et une mère avares, jusqu’à ce qu’ils daignent mourir.

Phénice.

Que Dieu les appelle à lui au plus tôt !

Dinarda.

Eh bien, pages ?

Fabio.

Seigneur ?

Dinarda.

Répondez donc.

Fabio et Bernardo.

Amen !

Phénice, à part.

Quel gentil garçon !

Dinarda.

Je me suis approché d’un attroupement composé de militaires, et j’ai trouvé là le seigneur capitaine, qui est de mon pays et mon parent par alliance ; il m’a offert la moitié de son logement, et, pour comble de faveur, m’a amené chez vous.

Phénice.

Je lui en suis obligée. Pour vous, d’ailleurs, vous n’aviez pas besoin de lui auprès de moi. Je ne sache pas de meilleure lettre de recommandation qu’une figure comme la vôtre.

Le Capitaine.

Quand soupons-nous, Célia ?

Célia.

Tout est prêt.

Bernardo, bas.

Fabio ?

Fabio, de même.

Quoi donc ?

Bernardo, de même.

Vois, la drôlesse ne paraît pas haïr les Espagnols.

Fabio, de même.

Ils se parlent à l’oreille.

Bernardo, de même.

Il faut qu’elle soit à moi.

Fabio, de même.

Ou à moi ; j’ai pensé à elle en entrant.

Bernardo, de même.

Ce n’est pas la peine de nous quereller si tôt.

Le Capitaine.

Quoi donc, Phénice, vous excitez déjà ma jalousie ?

Phénice.

Ce n’est que de la politesse que je témoigne à votre ami.

Le Capitaine.

Soit ! Je ne me plaindrai jamais que vous traitiez bien le seigneur don Juan.

Phénice, à Célia.

Écoute, Célia.

Célia, bas, à Phénice.

Plaît-il ?

Phénice, de même.

Qu’en dis-tu ?

Célia, de même.

Adorable.

Phénice, de même.

Il vaudrait mieux pour moi que je ne l’eusse pas vu. Il se dit de Séville : la grâce des Sévillans est vantée ; mais il n’est pas un de ses compatriotes qui l’égale. Regarde-le ; quelle bonne mine ! quelle taille élégante ! et la jambe ! et le pied !

Célia.

Vous avez bon goût.

Le Capitaine, à Dinarda.

Allons, don Juan, venez souper.

Dinarda.

Pages !

Fabio.

Seigneur ?

Dinarda, bas.

Cela va bien.

Fabio, de même.

Piquez.

Bernardo, de même.

Piquez ferme.

Dinarda, de même.

Elle a été piquée, quoique je n’eusse pas d’épingle.

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