‹ L’HermaphroditeChapitre 14 sur 33 · tome 1 · 14

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Il y avait du chemin à faire pour se rendre de chez l’abbesse à la cellule de la sœur Izaline. Cette cellule, chambre luxueuse, où elle passa la première nuit de sa claustration au couvent des Bleuets, dans l’inquiète attente des mystères qu’elle pressentait !

Aucune parole ne sortit des lèvres des deux enfants durant un long couloir qu’ils suivaient.

Comme ils allaient franchir une antichambre, Raymonde s’accrocha au bras de son compagnon et lui montra au bas d’une tenture une masse qui s’agitait et d’où s’échappaient des exclamations.

Maillouchet comprit vite ce qu’il en était ; si l’épaisseur des tapis étouffait le bruit des pas, la lumière, pour si adoucie qu’elle fût, n’empêchait pas de reconnaître deux corps nus en train d’évoluer dans les suprêmes spasmes de l’amour.

Àson tour Raymonde distinguait. Sous une paire de fesses rebondies, s’étendaient deux jambes qui se soulevaient pour enfoncer, dans les cuisses appartenant aux fesses, un engin mâle.

La jouteuse se tenait au-dessus du jouteur, et leurs deux têtes glissées sous les plis de la tenture ne pouvaient remarquer qu’un couple étranger assistait à leurs ébats.

La queue entrait dans le con, la femme par malice, se dressait pour la laisser échapper, un cri aigu de voix jeune disait :

— Merde, pute, si ça t’amuse de m’empêcher de jouir, je finirai bien par être le plus fort.

Deux mains saisissaient les fesses, tapaient, mais sans grand effet, la femme devant appuyer sur les bras ; une courte lutte s’engageait, le cul qui s’était relevé obéissait à l’impulsion des mains, s’abaissait, s’abaissait, la queue enfournait de nouveau le con, la femme serrait cette fois dans ses cuisses celles de son jouteur, il poussait comme un cri étouffé et on entendait un chant de victoire féminine, disant :

— Petit crottin de rue, je te permets de me baiser et tu m’appelles pute ! Tu y es dans mon con, tu n’en sors plus ; je te mords l’épaule et je puis t’étrangler si ça me plaît, toi, plus fort que moi, il ne faudrait pas que tu te saoûles ! Allons, gigote, cochon !

— Ah, ah, ah, tu es gentille, ah, ah, ah, ton petit, petit con tout chaud caresse ma pine !

Les secousses parurent se succéder ; puis la femme rehaussa le cul, la queue s’échappa, le garçon poussa un cri rauque, essaya de se dégager les jambes qu’enserraient celles de la femme ; elle s’aplatit lourdement sur lui comme si elle allait l’écraser de tout son poids.

Spectacle absorbant ! Les attributs mâles et femelles cherchaient et poursuivaient l’accouplement, la femme l’emportait sur l’adolescent, sur le pupille de l’abbesse qu’elle avait accaparé, l’épuisant dans ses désirs et ses élans.

La main de Raymonde tremblait sur le bras de Maillouchet, ses yeux, grandement ouverts, se rendaient compte de l’acte d’amour ; elle admirait la blanche croupe féminine se jouant de la vigueur du mâle, elle ne ressentait pas le dégoût que nos modernes pudibonds affectent pour les rapports sexuels.

Le jeu continuait ; Maillouchet l’entraîna hors de l’antichambre en disant :

— Nous avons à nous rendre chez sœur Izaline.

— Oui, oui, murmura-t-elle, la main sur son bras.

Ils approchaient enfin de l’escalier qui conduisait à la galerie sur laquelle donnait la cellule de sœur Izaline ; elle marchait inconsciente de plus en plus pressée contre son bras. Tout à coup il se tourna face à face avec elle, la queue hors de la blouse soulevée, et non plus suppliant, mais presque aussi voyou qu’à son arrivée au couvent des Bleuets, lui dit :

— Tiens, petite, puisque tu ne veux pas que je t’embrasse, touche au moins ça.

Elle ne recula pas à toucher, mais répondit :

— Pourquoi me tutoyez-vous sans me connaître, et après vous être bien conduit jusqu’à présent ? Je le dirai à la sœur Izaline.

Il l’enlaça, elle ne retirait pas la main de la queue, il murmura :

— Vous me pardonnerez, vous ne direz rien ; la faute en est à ce que nous avons vu ; la sœur Izaline vous apprendra que je suis un bon garçon.

— Je n’en doute pas, mais vous n’aviez pas l’air aimable en me disant de toucher ça.

— Et vous êtes gentille en la gardant dans votre main. Ce que ça m’excite.

— Tiens, moi aussi.

— Oh, que vous me faites plaisir !

Dans un souffle elle répondit :

— Toi aussi, tu me fais plaisir.

Àce tutoiement il n’y tint plus, se jeta sur le sol, glissa la tête sous les jupes, arriva promptement au conin qu’il baisa, et elle l’arrêta alors en disant :

— Tu as embrassé, je n’avais pas juré que je refuserais le baiser là, viens, viens, mène-moi vite chez la sœur Izaline, je veux la voir.

Elle s’esquiva très adroitement, il se soumit, et comme ils grimpaient l’escalier, il lui dit :

— Ah, si elle voulait me recevoir avec toi !

— Elle le peut ?

— Rien ne s’y oppose.

— Essaie, moi je ne dirai rien.

Ils étaient à l’entrée de la galerie, elle ne sourcilla pas quand il voulut lui toucher le cul avant de frapper à la porte, elle se laissa faire, il envoya une grosse caresse, elle heurta à la porte, il se releva.

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