tome 1 · 16
Ah, quel enchantement pour Izaline à ce récit de l’enfant, se transformant en jeune fille instruite, sur la promesse de lui être rendue ; quelle délectable impression dans son âme à ce souvenir de ses premières débauches lesbiennes sous le charme de sa jeune élève ; quelle enivrante extase dans ses sens à cette espérance d’une véritable amoureuse, éprise de ses attraits et ne voyant que par sa passion.
De son côté, elle avait maintes fois pensé à cette mignotte de l’étude qu’elle dirigea, en châtiment de sa chute à ses débuts aux Bleuets. Elle ne faillit pas à la doctrine du couvent qui voulait les plaisirs de tous avant les plaisirs de l’individualité. Elle fut accessible aux prières et aux sollicitations charnelles, elle pria et sollicita elle-même, courut l’orgie avec les frères, risqua les folles équipées avec les alliés de la Communauté, mais se créa une nature caractérisée, lutta avec les autorités de l’Ordre pour ne pas condescendre à des effacements personnels qu’elle jugeait inutiles, encourut la disgrâce, vécut une ère de punitions, aima la retraite où elle étudia cette haute question de la volupté civilisatrice du monde, s’intéressa à Maillouchet, aida à son perfectionnement, devina aussi son amour pour l’abbesse, sut s’attirer ses désirs sexuels par son jeu habile à devancer ses secrètes tentations.
Raymonde et Izaline ne se lassaient pas de s’admirer et de s’embrasser tout en causant. L’ancienne maîtresse d’étude et l’ancienne élève se retrouvaient en pleine émotion sentimentale et physique, se vantaient leur beauté développée pendant leur séparation, quoique le costume monacal de la sœur ne révélât encore rien de ces charmes qui enchantèrent l’enfant. Elles oubliaient peu à peu la présence de Maillouchet. Plongées dans une demi-obscurité par l’abat-jour de la lampe, par l’ombre même du garçon qui s’allongeait sur elles, petit à petit elles s’enlacèrent, la tête près de la tête, et enfin la main de Raymonde froissa la robe de la sœur novice, qui comprit l’éveil de la sexualité, et dit dans l’oreille de la fillette :
— Va, ma chérie, revoir ce que tu aimais et juger combien ça t’aime.
Raymonde plia sur les genoux, avec dévotion ramena les jupes d’Izaline sur les jambes, lui écarta les cuisses, et accroupie devant le conin, devant les poils, murmura :
— Mon âme était restée là, je l’y retrouve.
Une longue et lente sucée coula sur les lèvres du conin, la bouche de la fillette se fondit dans la chaleur féminine de son amie, Izaline lui jeta les jambes autour du cou et demanda :
— Est-ce bien moi, ma minette ?
— C’est bien toi, mon adorée maîtresse, toi dans ta beauté parfaite, dans ton parfum, dans ton exquise tendresse !
Maillouchet ôta les yeux du livre, tourna la tête vers le couple, et vit Raymonde dévorant Izaline de minettes.
Il n’osait remuer ; Izaline lui fit signe de se dévêtir, et il ne fut pas long à lui obéir.
Raymonde se mourait sous l’extase des caresses avec lesquelles elle encensait cette bien-aimée, dont elle rêva durant ses mois d’étude. À ses lèvres s’abandonnaient ces chairs satinées dont elle conserva la si affolante vision. Elle ne cessait de lécher, de sucer ce conin, frais bijou qui mollement bâillait à ses ardeurs, s’humidifiait ; elle appuyait son visage sur les jambes, remontait vers le nombril, redescendait sous les cuisses pour se délecter de la vue des rondeurs des fesses et leur adresser de chauds baisers. Sa pénétrante tendresse alanguissait Izaline comme dans le passé, la sœur se prêtait de toute son âme à la fantaisie de sa petite amie, avançait le corps en avant pour bien enfouir entre ses cuisses cette tête qui se collait sur ses parties secrètes, renversait le buste en arrière, les yeux dans le vague, se reportant par instants sur Maillouchet, tout nu, sa blouse, son seul vêtement, déjà ôtée.
L’adolescence du jeune garçon s’accusait fine et correcte, ne trahissant en rien l’enfant trouvé qu’il fût, rappelant même peut-être une origine aristocratique, brisée par des parents inhumains ; il avait la peau blanche, il se soignait depuis qu’on l’avait retiré du clan ordinaire des pupilles ; plutôt maigre que gras, il était d’une bonne virilité, la queue moyenne, très droite, très en érection, devant le tableau qui se déroulait sous ses regards.
Izaline l’appela près d’elle, il s’assit à son côté, en prenant bien garde de ne pas déranger la fillette, qui, du reste, ne s’occupait uniquement que de son plaisir personnel, s’absorbant dans son adoration.
Il enlaça Izaline qui se pencha vers lui, tendit la bouche sur laquelle il posa ses lèvres avec un long tressaillement, et elle lui dit :
— Ne te retiens pas, chéri, déshabille-moi, pelote-moi, mais c’est elle que tu baiseras, je ne veux pas qu’elle me quitte pucelle, ainsi elle sera forcée de nous rester au couvent.
Maillouchet se hâta de dégrafer le corsage de la jeune sœur, s’empara des seins, les suça, et, caressée par le haut, caressée par le bas, Izaline s’affolant sous la sensualité, lança les jambes par-dessus Raymonde, qui, apercevant le cul dans toute sa majestueuse rotondité, s’y jeta dessus et le dévora d’ardentes lippées.
D’un preste mouvement, Izaline vira sur le ventre, présenta les fesses à sa jeune amoureuse, et, la tête sur les cuisses de Maillouchet, elle le suça avec passion.
Il n’osait remuer, le pauvre garçon, de peur de troubler les extases de l’une et de l’autre, il mourait du désir de la possession.
Izaline le devina, se recula, dégagea avec peine Raymonde de dessous sa robe, la fit se dresser, la soutint dans ses bras, car, toute chavirée sous la sensation des caresses qu’elle prodiguait, elle tremblait sur les jambes, la baisa sur les yeux, sur la bouche, et lui montrant Maillouchet, murmura :
— Tu le récompenseras d’avoir été ton guide.
En le voyant nu, elle rougit, mais répondit :
— Je ferai tout ce que tu voudras.
Déjà la main d’Izaline la dévêtissait et la dévoilait peu à peu, petite perfection enfantine par les petites proportions harmonisées des seins pointant mignonnement, des hanches rondelettes, des jambes bien dessinées, jeune fille prête à se transformer en femme par les poils ornant le bas-ventre, par la blancheur des chairs, annonçant la maturité précoce du fruit.
D’un long regard, Izaline l’embrassa dans toute sa structure, lui passa la main sur tout le corps et dit :
— Ah, ma Raymonde, tu es fille, tu seras femme, tu es digne de l’amour voluptueux poursuivi derrière ces murs.
Raymonde à son tour s’accrochait à la jolie sœur et achevait de la déshabiller. Les trois amants se trouvèrent nus et il y eut une longue frénésie de regards, de baisers rapides lancés et échangés, de pelotages, habituant la fillette à l’approche du mâle, enflammant Izaline de lascivités, désireuse qu’elle était de s’associer à la félicité de l’acte final du dépucelage.
Cet acte, on ne pouvait l’attarder indéfiniment ; la queue de Maillouchet, toutes les fois qu’elle frôlait le con ou le cul d’une des deux femmes, supportait de plus en plus difficilement qu’on la repoussât. Elle agissait sur tout le corps mâle ; les bras et les jambes se durcissaient pour s’imposer aux lenteurs féminines qui s’amusaient encore à des suçons et à des baisers ; par deux fois, Izaline s’affolant elle-même, à demi-enconnée, avait failli tomber dans les soubresauts de la possession, elle entraîna Raymonde vers son lit, elles y grimpèrent, et plaça la queue de Maillouchet entre les cuisses de la fillette en disant à celle-ci :
— Mon adorée mignonne, laisse-le faire, je suis près de toi, ma tête près de la vôtre, mes lèvres à votre service pour vous donner énergie et force.
En était-il bien besoin !
Raymonde avait les nerfs vibrants sous la volupté, les chairs en feu par les excitations sensuelles de cette soirée bénie, elle ouvrait les cuisses, répondait du ventre à l’attaque du mâle, et son dépucelage ne coûta pas plus de tourment que celui de Marthe par Antioche.
Ah, le doux égarement que tous les trois savourèrent dans un tendre repos, après toilette faite, repos de quelques minutes, avant que Maillouchet ne se retirât ! Les deux amantes entendaient se consacrer toute la nuit, puisque aucun ordre n’était donné à ce sujet, et s’en remettaient à Maillouchet du soin de les prévenir des événements.
Celui-ci avait appris à Izaline l’absence de l’abbesse, au moment des ablutions, et lui avait communiqué les craintes de Suzanne et d’Eulalie.
Un fait avait frappé Izaline : l’abbesse ordonnant de lui amener ce soir même Raymonde, ne laissait pas d’ordres subséquents à son sujet à son mandataire.
Raymonde, renseignée sur le caprice qui saluait les débuts de son ancienne camarade, s’écria :
— Marthe aussi dans le couvent, ah, quelle drôle de chose !
Ce manque d’indications pour Raymonde, éveilla enfin les soupçons de Maillouchet, qui quitta ses deux maîtresses pour voir si le calme régnait dans le couvent et s’il pouvait surprendre quelque nouvelle.