‹ L’HermaphroditeChapitre 6 sur 33 · tome 1 · 06

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Antioche sorti avec l’abbesse, Bottelionne obligée de s’associer à son œuvre, intelligente comme toutes les filles et les femmes employées au service du couvent, envisagea nettement la situation et adopta le parti le plus sage, celui de se concilier les bonnes grâces de Marthe, certaine qu’elle ne l’abandonnerait pas. Elle connaissait assez Josépha pour se rendre compte que ce n’était pas la perte du pucelage de la fillette qui lui enlèverait le caprice qu’elle nourrissait à son égard.

Sur son conseil, Marthe se réfugia dans la chambre de l’abbesse, de manière à bien établir qu’elle répondait en cet instant à sa passion, et Bottelionne fit le vide tout autour.

Assurée de la tranquillité, elle rejoignit la fillette et lui dit :

— Personne pour nous embêter ; quand Antioche sera de retour, nous jugerons ce qu’il convient de décider. Si vous m’en croyez, ne l’encouragez pas dans sa révolte ; il ne faut pas que ce soit long, sans quoi on s’étonnera, et nous autres, nous paierions les pots cassés.

— Il ne maltraitera pas l’abbesse et c’est une si drôle d’histoire, Bottelionne !

— Elle vous amuse, moi aussi, mais les bonnes choses ne doivent pas durer trop longtemps.

— Pourquoi est-elle venue si tôt et sans crier gare ? Nous en avions tant envie !

— Il ne vous fatigue pas, votre dépucelage ?

— Cela cuit un peu, mais tout me chatouille, et si tu veux, je te frotterais bien le cul avec ma petite pine.

— La garcette, elle ne pense plus qu’à ça ! Attendez Antioche, qu’il nous préserve de tout ennui.

— Viens par ici, sur ce sopha, je peux bien essayer de mettre mon ventre contre tes fesses, j’ai le feu dans le corps.

— Petit démon, petit démon !

Bottelionne, cédant à l’impulsion de la fillette, s’allongea sur le ventre, et les jupes troussées, présenta le cul dans la fente duquel Marthe appuya son hermaphrodisme, se délectant à l’approche du trou.

— La vicieuse que vous êtes, s’écria la soubrette, vous voulez donc m’enculer ?

— Au dortoir, mes amies me demandaient quelquefois de les picoter au trou avec ma machinette. Tu n’es pas comme l’abbesse, tu préférerais que je te l’enfonce !

— Ça ne plaisait pas à madame l’abbesse que vous le lui enfonciez ?

— Des fois ! Ah, Bottelionne, que tu as le cul brûlant !

— Vous me faites pisser de bonheur ! Je voudrais vous manger de caresses.

— Viens les donner où tu voudras, tu remues trop le cul pour que je pousse.

Bottelionne se jeta en bas du sopha, et la tête dans les cuisses de Marthe, la dévora de minettes et même de suçons, disant :

— Elle vous faisait ça, l’abbesse ?

— Oui, oui, puis elle aimait beaucoup quand nous étions toutes nues, de me coucher sur elle, de me tenir les bras autour de la taille, de me sucer les lèvres, et de garder ma chose contre son bouton pour s’en chatouiller.

— Les grandes cochonnes !

— Ne parle pas tant, Bottelionne, et suce mieux.

Le jeu fut interrompu par l’arrivée d’Antioche qui se glissa droit vers la chambre, ayant deviné le plan de la soubrette.

— Bonne inspiration, dit-il, mais ce n’est pas l’instant du plaisir, il faut parer à l’affaire.

Les deux femmes debout demandèrent en même temps :

— Et l’abbesse ?

— Sous clef.

Sortant le collier et l’anneau, il les passa à Marthe, en la priant de les mettre, et en lui disant que par ces bijoux, elle était de fait la maîtresse du couvent, en se couvrant, bien entendu, des ordres donnés par l’abbesse à son départ.

— Écoute bien ma leçon, ma petite, continua-t-il : dans le courrier de ce soir, madame l’abbesse a trouvé une lettre l’obligeant à une absence de quelques jours, et a voulu que tu en fusses la seule confidente officielle. Elle dicte ses ordres par ton entremise pour juger de quelle façon tu entreras dans ton rôle de petit mari. Pour ce soir, tu ordonneras la visite des femmes chez nos frères, visite que depuis longtemps Josépha n’accordait plus, et toutes, comme tous, te béniront. Pour que cet ordre soit transmis par une de nos sœurs, désigne-moi celle que tu as le plus remarquée, pour qu’elle soit ta porte-parole, et que tu la gagnes à nos intérêts.

— Izaline.

— Impossible, elle n’est que sœur novice, et de plus peu en odeur de sainteté auprès de l’abbesse. Bannis de ton cœur tes souvenirs de petite fille au couvent.

— Alors, sœur Espérandie.

— À la bonne heure, celle-là est des mieux dans la place et on acceptera tout ce qu’elle dira.

— Et nous, Antioche, que ferons-nous ?

— Nous, ma belle chérie, nous recommencerons cette nuit, et je te jure que l’on s’en fourrera dans le lit de l’abbesse ! Tâche d’y amener Espérandie, elle a des ressources dans l’esprit et le cœur qui ne gâteront rien à notre duo.

— Et moi ? intervint Bottelionne.

— Toi, ma fille, tu es obligée de rentrer dans l’ombre, tu comprends, et si tu désirais un congé de huit à dix jours, Marthe te l’accorderait.

— Un congé ! Pour me mettre à la porte !

— Que tu es bête ! Pour te sauvegarder dans la suite, saisis-tu ?

— Vous avez raison, frère Antioche, et je m’en irai pour une dizaine de jours dans ma famille à Versailles. On se retrouvera ensuite, n’est-ce pas ?

— As-tu bien tout retenu, Marthe ?

— Oui.

— Habille-la du costume qu’avait commandé pour elle l’abbesse, et tu iras prier sœur Espérandie de venir dîner en sa compagnie pour qu’elle ne s’ennuie pas. De ce repas, ma douce amie, partiront tes ordres. Conquiers Espérandie, je resterai dans l’ombre jusqu’à l’arrivée de nos premières sœurs chez nous.

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