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XXXII. La pensée alanguie et les membres à l’aise

La pensée alanguie et les membres à l’aise.
Le sommeil vers l’esprit coule comme un serpent.
La chambre obscure émet une fraîcheur de glaise.
Plus rien en nous ne lutte et de nous ne dépend.
Dormir ! Ne savoir rien ! Volontaire Antigone,
Descendre dans l’étroit et profond souterrain
Du repos, où plus rien n’est vif ni monotone,
Où le corps respirant est comme un corps d’airain.

Et c’est par ce chemin aussi sourd que la terre,
Par cette brève paix, sans la soif, sans la faim,
Que je puis retrouver ton funèbre mystère,
Que le tombeau m’approche, et que j’y suis enfin !

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