‹ L’Hôtel du libre échangeChapitre 23 sur 59 · Scène III

Scène III

BASTIEN, BOULOT

Bastien, à Chervet qui a disparu. — Oui ! bon voyage, mon vieux ! va te faire expulser ailleurs !

Boulot. — Avec tout ça, il nous a enlevé deux clients !

Bastien, s’asseyant. — Eh ! bien, qu’ils s’en aillent, les clients ! Ils me dégoûtent ! Voilà-t-il pas, pour un cabotin ! (Se levant.) C’est égal, j’aurais été curieux de voir comment un grand premier rôle de Montmartre, Belleville et Batignolles fait sa cour à une duchesse !

Boulot. — Les voir ?… Mais vous ne les auriez pas vus !

Bastien. — Pourquoi ça ?

Boulot, d’un air niais. — Parce qu’ils ne vous auraient pas invité !

Bastien. — Ta parole ! (Lui donnant une tape sur la joue.) Bêta ! Je sais bien qu’ils ne m’auraient pas invité ! Mais je les aurais vus tout de même !

Boulot. — Comment cela ?

Bastien. — Comment ? (Haussant les épaules.) Est-il novice ! (Montrant un vilebrequin.) Eh ! bien, et ça, à quoi ça sert-il ?

Boulot. — Un vilebrequin ? Ça sert à faire des trous !

Bastien. — Justement !… Quand une personne m’intéresse… (Faisant tourner son vilebrequin.) Je me ménage un œil !…

Boulot. — Non ?

Bastien. — Parfaitement ! J’ai eu comme ça les plus jolies femmes de Paris… à l’œil ! (Timbre.) Qu’est-ce que c’est que ça ?

Paillardin, dans l’escalier. — Le garçon ! Où est le garçon ?

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