Scène III
BASTIEN, BOULOT
Bastien, à Chervet qui a disparu. — Oui ! bon voyage, mon vieux ! va te faire expulser ailleurs !
Boulot. — Avec tout ça, il nous a enlevé deux clients !
Bastien, s’asseyant. — Eh ! bien, qu’ils s’en aillent, les clients ! Ils me dégoûtent ! Voilà-t-il pas, pour un cabotin ! (Se levant.) C’est égal, j’aurais été curieux de voir comment un grand premier rôle de Montmartre, Belleville et Batignolles fait sa cour à une duchesse !
Boulot. — Les voir ?… Mais vous ne les auriez pas vus !
Bastien. — Pourquoi ça ?
Boulot, d’un air niais. — Parce qu’ils ne vous auraient pas invité !
Bastien. — Ta parole ! (Lui donnant une tape sur la joue.) Bêta ! Je sais bien qu’ils ne m’auraient pas invité ! Mais je les aurais vus tout de même !
Boulot. — Comment cela ?
Bastien. — Comment ? (Haussant les épaules.) Est-il novice ! (Montrant un vilebrequin.) Eh ! bien, et ça, à quoi ça sert-il ?
Boulot. — Un vilebrequin ? Ça sert à faire des trous !
Bastien. — Justement !… Quand une personne m’intéresse… (Faisant tourner son vilebrequin.) Je me ménage un œil !…
Boulot. — Non ?
Bastien. — Parfaitement ! J’ai eu comme ça les plus jolies femmes de Paris… à l’œil ! (Timbre.) Qu’est-ce que c’est que ça ?
Paillardin, dans l’escalier. — Le garçon ! Où est le garçon ?