‹ L’Instruction populaire et le suffrage universelChapitre 3 sur 19 · II

II

Il serait intéressant qu’à certaines périodes déterminées, le gouvernement fît dresser une statistique de l’instruction générale du pays.

On y établirait le nombre de catégories nécessaire pour faire connaître les voies intellectuelles où les esprits se sont jetés de préférence, et juger si l’équilibre existe entre tous ces efforts dirigés vers des buts si différents.

La statistique projetée aurait pour objet de faire connaître :

Pour les professions libérales, le nombre des individus qui les exercent ;

Pour les autres professions,

1 Le nombre de ceux qui ne savent ni lire ni écrire ;

2 Le nombre de ceux qui, ayant appris à lire et à écrire ou à lire seulement, ne tirent aucun parti de ces moyens d’instruction pour leur développement intellectuel ;

3 Le nombre de ceux qui lisent effectivement et ont acquis un degré d’instruction plus ou moins avancée ;

Pour les enfants des deux sexes, le nombre de ceux qui fréquentent les écoles secondaires et primaires ou sont instruits à domicile, et de ceux qui ne reçoivent aucun enseignement.

Une statistique ainsi dressée ferait connaître la direction donnée aux études diverses, la surabondance ou la pénurie des efforts individuels dans telle ou telle voie, l’ignorance absolue ou partielle d’une partie plus ou moins grande de la population ; en un mot l’état d’instruction du pays.

Page 1