Chapitre 13
Les premiers jours d’octobre donnaient à la mer cette étrange couleur d’un bleu pur et froid, qui fait paraître si blanches les falaises crayeuses ; le soleil apparaissait tard, sortant d’un brouillard laiteux, dissipait les brumes et rayonnait pendant quelques heures avec un éclat sans pareil, brûlant l’herbe, chauffant le sable comme aux plus beaux jours de l’été. Ces alternatives de journées ardentes et de nuits glaciales donnent la fièvre ; on se presse de vivre, comme si l’été devait emporter sans retour toutes les jouissances de la vie.
Berthe, appuyée sur une de ces grandes cannes renouvelées du siècle dernier par nos élégantes à talons périlleux, marchait sur la plage avec un petit bruit de pas sec et sonore ; elle était irritée sans savoir de quoi. Son oncle et sa tante l’avaient emmenée à Dieppe, on ne sait pourquoi, peut-être pour mettre un tiers dans l’incommensurable ennui de leur union disjointe et maussade : ces deux êtres ne s’étaient jamais assez aimés pour se haïr, et depuis vingt étés ils traînaient sur toutes les plages la corvée de vivre ensemble, dont ils s’affranchissaient l’hiver en tirant chacun de son côté. Madame Reuilly n’avait jamais fait parler d’elle ; son époux n’avait pas affiché de scandale ; ils mangeaient ensemble et se passaient le journal ; c’était le type du mariage correct et sans attrait. La beauté et l’esprit piquant de Berthe leur avaient paru un excellent appoint à leur saison balnéaire. Madame Reuilly ne se baignait pas, M. Reuilly non plus ; mais il faut bien passer six semaines à la mer, pour peu qu’on se respecte.
Berthe s’était laissé emmener ; que lui importait Pierrefonds ou Dieppe ? Ne pas être avec son mari réalisait déjà une sorte de bien-être pour elle. Non qu’il lui fit jamais de reproches ou qu’il essayât de s’imposer ; depuis le jour où il l’avait avertie des bruits qui couraient sur elle, il avait borné ses relations avec elle à ce qu’exige la bienséance entre gens condamnés à vivre ensemble. Mais Berthe se sentait moins surveillée, moins observée ; elle savait que Georges, en apparence si indifférent à ses actions, n’avait pour elle ni estime ni confiance, et elle croyait fermement à une terrible colère de sa part, si quelque jour il se voyait trahi.
Elle avait essayé d’aimer Cialdi, uniquement pour se venger des observations de son mari ; pendant deux mois elle s’était figuré que l’amour est fait de rage et de coquetterie, et qu’on peut aimer un homme pour se venger d’un autre, et puis pour s’entendre dire qu’on est belle. Mais elle s’était vite lassée de ce jeu dégradant, et, un beau jour, elle avait chassé son amant ; ce jour-là, seule devant sa psyché, en regardant l’image reflétée dans la glace, ses yeux mystérieux, sa peau nacrée, ses cheveux roulés en torsades rebelles qui descendaient sur ses épaules, elle avait eu honte d’elle-même, honte d’avoir profané sa beauté à un homme qu’elle n’aimait pas… et le cri de la vérité était sorti de ses lèvres avec le nom de Max. C’est lui qu’elle aimait, c’est pour se venger non de son mari, mais de Max, trop obéissant à ses ordres, trop vite piqué de sa résistance, qu’elle s’était jetée dans les bras de cet étranger… et à la pensée de cette déchéance, Berthe pleura non sur son adultère, mais sur la trahison commise en elle-même envers celui qu’elle aimait, et qui n’avait pas su, pas voulu ou pas osé le comprendre.
À partir de ce moment, elle s’était prise elle-même en haine et en dégoût. Quand Max, à son retour de Rouen, lui avait redit qu’il l’aimait, si elle l’avait reçu avec cette irritation concentrée, c’est qu’elle s’en voulait de ne pas pouvoir lui cacher tout ce qu’elle ressentait. Elle eût donné dix ans de son existence, dix ans de sa beauté triomphante, pour que Cialdi n’eût pas passé dans sa vie ou pour que Max n’en eût jamais connaissance. Mais la chute était irréparable, et elle résolut de traiter Rodey comme un esclave tenu à distance, afin qu’il ne pût pas croire qu’elle était une femme facile. Elle connaissait assez le monde, désormais, pour savoir quel mépris se cache souvent sous les semblants de l’amour, et se jura que Max ne la mépriserait pas. Mais c’est parce qu’elle l’aimait. Pour lui, elle eût voulu redevenir jeune fille, effacer de sa vie tout ce qui n’était pas lui, et parcourir à son bras ce grand chemin de la vie, qu’elle ne rêvait pas autre que sa position de fortune le lui faisait. Au lieu du mari sérieux et sévère qui effleurait à peine de la manche de son habit le bras nu qu’elle appuyait sur son bras, qui recevait les compliments sur la beauté de sa jeune femme comme on reçoit les condoléances à la porte de l’église après un enterrement, elle aurait voulu se serrer contre Max et l’entraîner avec elle dans un tourbillon toujours renouvelé de plaisirs et de fêtes. Elle ne craignait pas son humeur volage. Elle se sentait capable de l’amuser, de le retenir sans cesse, de lutter avec les plus belles et les plus séduisantes… et d’ailleurs elle aimait la lutte, elle l’eût disputé à toutes les rivales, sûre de vaincre toujours…
Quand elle le vit partir pour la campagne avec toute sa famille, elle éprouva un mouvement de rage ; il s’en allait tranquillement, il pouvait vivre loin d’elle. Il la méprisait peut-être, à présent que cet Italien… Il le savait sans doute : tout se sait ! Elle versa sur sa chute des larmes plus amères encore et plus cuisantes.
La fièvre des longues journées oisives de l’été lui brûlait le sang. Elle allait de la plage au Casino, nerveuse et distraite, étonnant par ses sorties caustiques la placide nullité de son oncle et le papotage verbeux de sa tante ; contrairement aux usages reçus, elle laissait en paix les femmes et ne ridiculisait que les hommes : pour ceux-ci elle était sans pitié ; elle voulait peut-être immoler toute l’espèce, en sacrifice expiatoire, à la pensée de Max.
Les journées devenaient courtes, le soleil se faisait rare ; M. et madame Reuilly restaient à Dieppe, parce qu’ils y étaient et que leur ennui n’était pas plus pesant là qu’ailleurs. Berthe se sentait dévorée par un malaise étrange ; la nuit, l’insomnie lui donnait une force d’imagination extraordinaire, une lucidité de mémoire désolante ; malgré elle, elle évoquait des souvenirs qu’elle eût voulu anéantir à tout prix, et elle ne pouvait songer qu’à ceux-là ; le jour, l’air vif de la mer fouettait ses joues et amenait à son visage une rougeur fébrile qui lui attirait les compliments empressés de ces hommes tant méprisés… Mais la pensée de retourner à Paris et d’y retrouver la surveillance polie et glaciale de son mari lui faisait peur. Elle n’avait rien à cacher, et elle redoutait de se trahir. Autant elle avait apporté dans sa liaison avec Cialdi d’indifférence pour la vie de son amant, ne craignant que pour elle le scandale qui serait résulté d’une découverte, autant elle se sentait prise d’angoisse en pensant que Georges pouvait apprendre qu’elle aimait Max, Max qui n’en savait rien lui-même.
Tant de tourments intérieurs la rendaient faible et irritable ; les brumes d’octobre qui la faisaient frissonner lui semblaient seules rafraîchissantes. Aussi le matin, avant le déjeuner, elle s’arrachait au court sommeil anxieux qui suivait ses insomnies, pour marcher le long de la plage, jusqu’à la lassitude, jusqu’à l’ivresse, afin d’apporter aux regards des indifférents un visage teint des couleurs de la santé.
Elle marchait ainsi, un matin, écoutant d’une oreille distraite le bruit des omnibus et des voitures qui revenaient de la gare, le plus souvent à vide maintenant, lorsqu’un pas précipité derrière elle lui donna cette sorte d’ennui des gens tristes qui craignent d’être dérangés dans leur tristesse. Elle tourna un peu la tête du côté de la mer, afin de dérober son visage à l’importun ; mais ce fut peine perdue ; au moment où il la dépassait, il s’arrêta brusquement. Elle le regarda, et un cri s’échappa de leurs lèvres à tous les deux, avec leurs noms.
— Max ! répéta la jeune femme. Vous ici ? Que venez-vous y faire ?
— Vous voir ! répondit-il de ce ton railleur qu’il avait adopté pour leurs escarmouches ; et puis, j’ai assez des terres ; trois mois de plaine, il y a de quoi faire prendre en grippe lapins et perdreaux.
Elle avait eu le temps de reprendre une sorte de calme ; elle se mit en marche, pendant que tout son être frémissait d’une trépidation intérieure.
— Lucie est avec vous ? dit-elle d’une voix brisée ; elle n’avait pas de forces contre cette rencontre inattendue.
— Puisque je vous dis que je viens vous voir ! répéta Max, surpris de cette attitude lassée et de la douceur de cet accueil. Il s’était préparé à une rude guerre et ne savait comment prendre la paix.
— C’est pour moi que vous êtes venu ? dit Berthe. Tout seul ? Qui vous a dit que j’étais ici ?
— Qui ? Parbleu, Georges ! Il vous informe de toutes mes actions ; c’est bien le moins qu’une fois par hasard il m’informe des vôtres !
La mer, haute, déferlait devant eux avec de jolies franges d’argent sur le galet nuancé, le soleil piquait des paillettes partout, les grandes barques de pêche sortaient du port en flottille comme un vol d’oiseaux gigantesques ; mais ils ne regardaient ni la mer ni les barques. Berthe s’assit sur un banc.
— Vous êtes venu pour moi seule… C’est très beau ! fit la jeune femme en décrivant des ronds avec le bout de sa canne, et pourquoi êtes-vous venu, s’il vous plaît ?
Max s’assit auprès d’elle, pas trop près, car toutes les fenêtres imaginables les contemplaient de leurs yeux de verre.
— Je suis venu pour causer un peu, pour rire, si vous le voulez bien, ou pour tout ce qui vous plaira. Je suis saturé de campagne. Paris sent la poussière, on bat nos meubles et on secoue nos tapis, vous comprenez que l’existence me paraissait pénible à supporter dans de pareilles conditions ; ici il fait frais, au moins.
Avec un frisson affecté, il serra les épaules et boutonna son léger pardessus. Mais Berthe ne riait pas ; elle regardait le sable à ses pieds avec une intensité surprenante.
— À quoi pensez-vous ? lui demanda Max, en présence de cet accueil singulier.
Elle le regarda fixement, et ses yeux verts prirent un éclat semblable à celui des paillettes lumineuses qui dansaient sur les petites vagues.
— Je pense à ce que vous m’avez dit cet hiver, répondit-elle.
Max se sentit touché comme par la pointe d’une flèche.
— Vous vous en souvenez ? dit-il à voix basse.
— Oui.
— Et vous en faites raillerie ?
Elle le regarda encore une fois, plus fixement encore, et dit lentement :
— Non.
Rodey éprouva l’impression d’un homme qui rêve et veut se réveiller, tant cela lui paraissait invraisemblable. Il essaya de tourner la chose en plaisanterie.
— Voyons, dit-il, nous sommes bien à Dieppe ; je suis bien parti ce matin de Paris, ceci est un banc, voilà la Manche, et vous êtes ma cousine Berthe. Vous vous souvenez que cet hiver, à deux reprises, je vous ai dit que…
— Que vous m’aimiez, conclut Berthe, après une très courte hésitation pendant laquelle un flot de sang monta à ses joues pâles et redescendit aussitôt.
— Et vous vous souvenez aussi que vous m’avez gracieusement éconduit ?
Elle fit un signe de tête affirmatif.
— Vous y pensez parfois ?
— Oui.
Il se rapprocha d’elle ; mais d’un geste à peine esquissé, elle lui indiqua les témoins visibles et invisibles de leur entrevue.
— Allons déjeuner, dit-elle. Vous devez avoir grande faim après ce voyage matinal ?
— Berthe, supplia Max à voix basse, cessez de vous jouer de moi ; je suis venu pour vous seule ; mais si vous continuez à me traiter comme un chien savant, à qui l’on met du sucre sur le bout du nez, je m’en retourne !
Elle passa son bras sous celui du jeune homme et répéta :
— Allons déjeuner !
Il la suivit sans réplique.
La nuit était épaisse et sombre, sans étoiles et sans lune, lorsque Berthe sortit au bras de son cousin, du Casino où l’on faisait de la musique. Ils s’éloignèrent des endroits où l’on pouvait rencontrer des promeneurs, en marchant vite, comme des gens pressés. Ils étaient pressés, en effet, de parler à l’aise ; car cette journée passée en public, après leur entrevue du matin, n’avait été qu’un long supplice pour tous les deux. Max venu sans but déterminé, par curiosité peut-être de voir comment Berthe se comportait loin de son mari, s’était senti emporté sur-le-champ dans l’atmosphère de passion douloureuse qui s’exhalait de la jeune femme. Pour tous deux, l’heure était venue où la contrainte et le mensonge devenaient intolérables : ils voulaient se parler face à face, et, suivant le hasard de leur destinée, joindre leurs êtres dans la haine ou dans l’amour, par une morsure ou par un baiser. Berthe sentait que, s’il lui manquait de respect, elle était capable de le tuer. Arrivée à l’extrémité de la jetée, dans la solitude la plus absolue, sûre que personne ne pourrait les épier ni les entendre, elle quitta le bras de Max, s’assit sur le granit et attendit ce qu’il allait lui dire.
— Berthe, je vous aime ! fit-il tout bas.
— Comme vous avez aimé les autres, à commencer par votre femme !
— Non, comme je n’ai jamais aimé que vous ! vous seule ! Je vous ai aimée du premier jour, du jour de mon propre mariage ; vous en souvenez-vous ?
Certes, elle s’en souvenait ! le geste avec lequel en la quittant il s’était dirigé vers le petit salon où l’attendait la jeune mariée lui avait longtemps brûlé la joue comme un soufflet.
— Vous n’avez pas voulu de moi quand je vous l’ai dit, reprit-il, quand je vous ai offert de fuir ensemble, n’importe où… Cependant, je vous aurais bien aimée ; à vous, Berthe, j’aurais été fidèle… Vous savez bien que toutes ces folies, toutes ces femmes, c’était pour vous oublier.
— Celle qui me ressemblait, fit Berthe avec une ironie douloureuse.
— Qui ne vous ressemblait pas ! Comment ai-je pu dire qu’elle vous ressemblait ! Est-ce que quelqu’un vous ressemble ! Est-ce qu’il y a au monde une femme qui ait la centième partie de vos séductions ? Pardonnez-moi de vous l’avoir dit, c’était un mensonge et une injure !
— Le fait est, dit la jeune femme ironiquement, que ce n’était pas respectueux !
— J’ai été un niais et un grossier personnage. Mais vous me mettiez hors de moi avec vos railleries… Vous êtes la seule femme, Berthe, la seule ! la seule, entendez-vous ?
Il lui avait pris les mains et les serrait avec une ardeur fiévreuse ; elle sentit que vraiment il l’aimait bien. Se dégageant d’un geste brusque, presque brutal, elle se leva et se tint debout devant lui.
— Écoutez, dit-elle, j’ai fait une infamie ; j’ai été la maîtresse de cet Italien…
Max recula d’un pas ; elle continua avec véhémence :
— J’ai été sa maîtresse, et je donnerais tout, oui, toute ma fortune, ma beauté, ma jeunesse, pour que ce ne fût pas arrivé : je serais sûre de vous plaire encore rien qu’avec l’amour que j’ai pour vous…
— Ah ! Berthe ! s’écria Max, qui voulut reprendre ses mains.
Elle le repoussa sans colère.
— J’ai commis cette infamie, cette turpitude, parce que je vous aimais, parce que vous ne l’aviez pas compris, parce que mon mari me défiait, parce que j’étais folle… enfin je l’ai commise, et maintenant, c’est irréparable. Mais, faites-y bien attention, je ne suis pas une femme facile ; j’ai assez maudit ma faute pour ne pas vouloir en commettre d’autres qui m’inspireraient le même dégoût… Si je vous avais rencontré plus tôt, Max, je crois que j’aurais été une bonne femme pour vous…
Sa voix se brisa soudain, et elle couvrit de ses mains son visage bouleversé. Max la prit entre ses bras, tendrement, comme un enfant, et elle se laissa faire. La nuit était toute noire autour d’eux, et le reflet rouge du phare, masqué de leur côté par le réflecteur, éclairait au loin sur la mer d’encre une traînée couleur de sang, rompue çà et là par les lames ; ce bruit du flot qui battait la jetée à intervalle presque régulier, ressemblait à des sanglots étouffés.
— J’aurais été une honnête femme, si j’avais été la vôtre, Max. Je ne puis me défendre de vous aimer, et, chose étrange, moi qui sais si bien haïr les autres, il me semble que j’aurais pu vous pardonner bien des fautes… Il n’y a qu’une chose que je ne vous pardonnerais pas : ce serait le plus léger signe de mépris. Si ce que je vous ai dit vous déplaît, allez-vous-en, ne me revoyez jamais, et, de mon côté, je vous oublierai… sans haine.
— Je t’adore, lui dit Max à l’oreille en effleurant de baisers brûlants son cou et sa joue.
— Il faut me prendre telle que je suis, et pour la vie ! Je ne passerai pas de vos bras dans ceux d’un autre, je vous le jure ; dorénavant c’est à vous que je dois la fidélité et l’honneur de la foi jurée ; c’est vous qui êtes mon mari, le vrai, et c’est pourquoi je vous ai avoué ma faute en vous en demandant pardon…
L’orgueil de Berthe se fondait en sanglots, et elle serrait les mains de Max avec une passion suppliante. Il la serra sur sa poitrine à l’étouffer.
— Je t’aime, dit-il, je t’aime telle que tu es, telle que tu fus, et tu es à moi… Voilà trois ans que je t’aime…
— Prends garde, fit Berthe avec effroi : s’il apprend jamais quelque chose, mon mari te tuera…
Max fit un geste d’insouciance. La vie avait peu d’importance pour lui au delà de l’heure présente. Il essuya les yeux de la jeune femme avec ses lèvres, et étroitement serrés l’un contre l’autre, ils rentrèrent dans la zone habitée, où ils prirent l’allure de gens paisibles et ennuyés, revenant d’une petite promenade de santé.
Deux heures après, quand tout l’hôtel fut endormi, Max ouvrit la porte du petit salon de Berthe, où elle l’attendait, la main sur la clef pour amortir le bruit. Ils n’échangèrent pas une parole, mais Max poussa le verrou, enleva Berthe dans ses bras, la porta sur le canapé, et s’agenouilla devant elle en lui disant : – Enfin !
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