Chapitre 22
L’hiver était venu. La santé de Mme Gervaisais continuait à être assez bonne pour lui permettre de fréquenter assidûment le salon Liverani, et de traverser deux ou trois salons de ces grandes dames romaines à la mode, dont la calèche arrêtée sur la terrasse du Pincio s’entoure aussitôt d’une cour d’hommes.
Elle devenait presque une habituée des dîners de l’ambassade et des réceptions de la villa Medici, où les soirées de musique avaient, cette année-là, le talent de jeunes gens qui promettaient déjà l’avenir de compositeurs célèbres.
Elle menait souvent Pierre-Charles là où il était si heureux, à l’Opéra de Rome, au Théâtre Apollo. Et quand arrivait le carnaval, il Santissimo Carnevale, elle promenait pendant trois jours, au milieu de la grosse joie du Corso, l’enfant charmant en son costume de petit garde français, un peu ahuri par la bataille des confetti, mais dont le plaisir prit feu au dernier soir, voulant, lui aussi, éteindre les moccoletti, le bout de bougie que tous soufflent à chacun et que chacun souffle à tous au cri vainqueur de : Senza moccolo ! Senza moccolo !
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