Chapitre 99
Quand Mme Gervaisais sortait sans Pierre-Charles, l’enfant, en qui s’enfiévrait le besoin de sa mère depuis qu’elle paraissait se retirer de lui, l’enfant avait pris l’habitude, pour être embrassé plus tôt, de se tenir obstinément dans la pièce presque noire qui servait d’antichambre ; et là, écoutant l’escalier, reconnaissant dès la première marche le pas qu’il attendait, il se dépêchait d’ouvrir et d’aller au-devant du baiser un peu essoufflé de sa mère.
Ce soir-là, Mme Gervaisais, en rentrant, repoussa les deux bras tendus de son enfant. L’enfant courut après elle, avec de petits mots passionnés, la tira par la robe pour la faire retourner, traversa ainsi, essayant de se suspendre à sa mère, tout l’appartement. Arrivée à sa chambre, elle se détacha brusquement de lui, et ferma la porte sur elle. Étonné, interdit, l’enfant regarda longtemps cette porte qui ne s’ouvrait pas : à la fin, se gonflant de larmes et pris d’une colère furieuse, il se mit à frapper le bois de ses pieds, de ses mains, de tout son petit corps, avec des cris, des appels, des jurements trop gros pour sa bouche et qui n’y passaient pas, fou de rage ; puis il se laissa tomber par terre contre la méchante porte, se roulant et se noyant dans ses pleurs. Au bruit, Honorine accourut, le ramassa, et le porta sur le canapé sans lui rien dire : elle n’avait pas le courage de lui parler.
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