Chapitre 35 Un candidat mal reçu
Un matin – nous étions à la veille d’une élection générale – je reçus la visite d’un notaire, vieux praticien établi dans un des comtés ruraux de notre district.
— Il faut que le parti me pousse, dit-il, cette année. Il y a assez longtemps que je patiente, mon tour doit être arrivé !
— Avez-vous posé votre candidature ? lui demandai-je.
— Pas encore, j’attends que le parti me choisisse.
— Quels sont les autres candidats en perspective ?
— Il n’y en a pas.
— Eh bien, c’est tout simple alors, annoncez-vous ; venez de l’avant ; nous irons vous aider.
— Je peux pas venir de l’avant.
— Pourquoi donc ?
— Eh !… chaque fois que je me montre, ils me font des avanies. L’autre jour, j’ai essayé de parler à Saint-Ephrem : j’avais pas fini de dire : « Messieurs les électeurs », qu’ils m’avaient déjà descendu du perron de l’église !…
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