‹ Mon noviciat, ou les joies de LolotteChapitre 12 sur 26 · Tome 1 · 11

Tome 1 · 11

« L’aventure eſt cruelle, (dit aſſez tranquillement mon jeune homme en changeant d’attitude) mais ce n’eſt que partie remiſe. A préſent, chère petite, je ſais ce qu’il vous faut : demain, ſans faute, nous ſerons deux, & vous aurez ce qui vous convient. Le tenace pucelage en ſautera je vous le jure. »

Il me parlait encore, que déjà poſté ſur Félicité, ſurpriſe ou feignant de l’être d’une tranſition auſſi bruſque, il l’attaquait à l’endroit ſenſible. Elle voulait bien faire de petites façons, il n’en tint compte, « Quoi ! devant Mademoiſelle ? (diſait l’hypocrite Luronne, quand il n’était déjà preſque plus tems) attendez du moins que j’aille éteindre ; elle ne doit pas voir cette infamie-là. » Ce ſerait, Dieu me damne, en place publique, à midi, devant la Reine, je ne te lâche point. — C’eſt bien fait, interrompis-je, faiſant contre fortune bon cœur, car j’avais tout de bon de l’humeur, de ce qu’avec moi, la partie avait été ſitôt abandonnée.

Pour me conſoler du moins, toute mon ame dans mes yeux, je me mets à contempler la majeſtueuſe entrée de ce beau vit dans le docile vagin de la Soubrette. Comment en aurais-je autant ſupporté, moi ! elle-même faiſait bien un peu la grimace ! mais chaque coup de reins & de hanches faiſait diſparaître un bon pouce du formidable cylindre, & bientôt je vois mes braves champions engagés poil à poil. Cette intéreſſante immerſion était pour moi la fidèle eſtampe de la paſſade de Mlle de la Motte avec ſon Abbé, dans le Roman de mon amie.

Dites franchement ce que vous en penſez, vrais Amateurs & profonds connaiſſeurs en voluptés ? Se peut-il ſur la terre rien de plus admirable, de plus intéreſſant que la vue de deux corps parfaits s’uniſſant par l’introduction d’un vit brillant de ſanté dans un con palpitant de luxure ? Cet ivoire, ces lys, ces roſes, cette ébene (ou cette dorure) tout cela ſe mouvant, ſe choquant, ſe combattant… Quel ſpectacle digne des Dieux ! Oui, c’eſt afin d’en jouir ſeuls qu’ils ont rendu timides pour ces objets les regards du profane vulgaire, mais l’élite des mortels eſt faite pour partager avec ſes auteurs leur jouiſſance ſublime. Tout fouteur eſt un ingrat s’il ne porte pas dans ſon ame la paſſion d’aimer voir faire aux autres ce qu’il fait lui-même avec tant de délices.

Que n’as-tu vu comme moi, cher Lecteur, cette ſuperbe Félicité mugiſſant à la ſourdine de plaiſir, & berçant de ſes mouvemens moëlleux, le demi Dieu qui s’agitait ſur elle. Ah ! que cette eſquiſſe eſt imparfaite en comparaiſon de la plus complettement belle ſcene de fouterie que l’eſprit humain puiſſe concevoir ! Non-ſeulement je ne voulais pas perdre la moindre circonſtance de ce que mes yeux avides pouvaient me rapporter, mais il fallait encore palper deſſus, deſſous, en tout ſens. J’admirais ces globules, preſque froids dans l’élément du feu qui les environne, preſſés dans les rides élaſtiques de leur ſac, &, tantôt ſe frottant contre l’angle inférieur du con, tantôt s’en éloignant de toute la longueur du vit dont le filet ne ſe laiſſait voir preſque dehors qu’afin de me faire mieux remarquer l’adreſſe avec laquelle le tout était auſſitôt rengainé juſqu’aux couilles Que de grace, que d’accord dans le vigoureux travail de ces expertes créatures !

Je me fis bientôt auſſi, par haſard, un petit rôle dans cette voluptueuſe ſcène, & mon ſuccès me rendit toute fière. Mes doigts légérement promenés ſur les feſſes, les cuiſſes & les génitoires de l’Adonis, paraiſſaient lui faire grand plaiſir, je n’étais donc pas avare de cette ſtimulante complaiſance, « Ah ! oui : comme cela, diſait-il, chatouille, mon petit Ange, chatouille les bien : elles t’en marqueront quelque jour leur vive reconnaiſſance. »

Cependant, par degrés, Félicité commençait à s’animer davantage. « Ça, dit-elle, je vais partir, mais ſi tu le fais avec moi, je ſuis perdue : nous ferions plutôt deux enfans qu’un. Peux-tu retarder un peu ? — Je te réponds de tout. — Ta parole d’honneur ? — Je la donne. — Eh bien, tiens, tiens, » (ici ſes mouvemens deviennent terribles & ſeule elle fait tout.) Donne moi ta bouche. Baiſe, bel Ange : Dieux ! ha,… ha,… ha,… Foutre ! »

Ace mot ſacré ſuccède un ſilence forcé par la fureur du baiſer par lequel elle tient toute la bouche de ſon fouteur engloutie dans la ſienne. Elle le raſſemble des jambes & des bras, & l’étreint en frémiſſant… Cet état extatique dure bien deux minutes dans la fureur ; il dure encore lorſque tous les membres perdant à la fois leur force, le priſonnier recouvre enfin la liberté… C’eſt pour achever ſa propre tâche qu’il en fait un prompt uſage. Un moment de la même ardeur qu’a montrée Félicité le jette en criſe. Elle, immobile, les bras déployés, la tête tournée vers une épaule, & comme évanouie, ne ſe mêle plus de rien. Cependant, exact à ſa parole, l’heureux jouvenceau ne manque pas de ſe retirer au moment déciſif ; l’épaiſſe toiſon de la Soubrette eſt libéralement arroſée, mais j’obſerve que l’onction, plus limpide, coule pourtant en moindre quantité que précédemment avec moi. La bonne foi du beau jeune homme eſt récompenſée des plus tendres careſſes. On ſe purifie ; nous en avions tous trois grand beſoin. Félicité rajuſte un peu le lit, & nous nous y réchauffons, preſſant dans le milieu, contre nous, le cher être qui venait de s’employer ſi bien à nous rendre heureuſes.

Qui était-il donc ? — Nous mourions d’envie de le ſavoir Cette fois notre curioſité ne put être pleinement ſatisfaite. « Soyez tranquilles, mes belles amies, nous dit-il, vous ſaurez en tems & lieu par quel haſard je ſuis devenu l’enfant gâté de ce couvent, où j’ai parbleu bien d’autres pratiques que vous. — Eſt-il bien poſſible ! je ne puis vous en dire davantage préſentement ; mais ſachez qu’ici, mes chers enfans, vous êtes à peu près… au bordel ; & qu’au moment où je vous parle, nous ſommes peut-être ſix ou ſept mâles répandus dans ce dortoir. Il eſt apparemment un Dieu pour les fouteurs, & ce Dieu protège particulièrement une Communauté ſi fervente pour ſon culte ; cependant on y eſt ſi téméraire, que quelque jour, & trop tôt peut être, tout tracas de fouterie pourra finir très-mal. »

Il me vint tout de ſuite une idée : « Ils ſont, dit-il, ſix ou ſept mâles répandus dans le dortoir à cette heure ! n’y aurait-il pas moyen d’aller chercher quelqu’un qui, plus fait pour moi, pût ſuppléer… » Je voulus faire part de cela ſur le champ à Félicité, & le lui dis à l’oreille, exigeant que notre ſerviteur ſe ſoulevât pour laiſſer paſſer derrière lui cette grivoiſe, confidente. « Mais vous avez donc le diable au corps (y répondit tout haut la maligne Soubrette.) Vous verrez que ces Béguines ont moins d’appétit que vous, &, complaiſamment, s’ôteront le morceau de la bouche en votre faveur ! & puis, il ſerait bien facile à Monſieur d’aller en recrue ! la propoſition ſerait galante en vérité ! « Tout cela le mit au fait : » Elle eſt délicieuſe (dit-il me ſerrant dans ſes bras.) Voilà ce qui s’appelle une belle vocation. Ah ! chère petite ! Quel grand nom tu te feras bientôt dans le Monde-foutant. Je te regarde d’avance comme deſtinée à devenir l’un de ſes plus illuſtres cordons-bleus. Déjà je te révère à ce titre. Quel dommage portant, ajouta-t-il, que ce ne puiſſe être moi… (& il patinait mon petit con…) Mais non, cela n’eſt pas poſſible. — Hélas oui, quel dommage, repliquai-je, & je cherchais ſon monſtrueux engin. Je le ſurprends preſqu’en repos & faiſant le cou-de-cygne. Mais, tel qu’un ſerpent endormi, qu’a touché par mégarde le pied du chaſſeur, il n’a pas plutôt ſenti l’attouchement de cette main curieuſe, qu’il dreſſe fièrement la tête, & recouvre en un inſtant ſa première majeſté… C’eſt pour le coup que je ſoupire plus triſtement encore. « Ah ! quel dommage ! — Et moi, (continua gaiment Félicité, venant auſſi lui faire une careſſe) je l’ai trouvé ſi bon pour moi, que s’il était moins long, moins dur, & moins brûlant, je dirais de meilleur cœur encore que vous deux : Ah ! quel dommage !

« J’aurais bien quelque choſe d’aſſez amuſant à propoſer, (dit alors le charmant ami, que nos cajoleries venaient de remettre en rut.) Si j’étais écouté, vous pourriez, aimables enfans, être toutes deux agréablement occupées pendant un quart-d’heure. — Toutes deux ! (m’écriai-je) ah ! dis, cher amour, dis-nous comment ? — Il faudrait que moi, demeurant comme me voici, (il était ſur le dos) la charmante Bonne voulût bien ſe mettre à cheval ſur moi, faiſant face aux pieds du lit… Oui, comme cela (car déjà Félicité ſe mettait à l’enfourcher.) Elle aura la complaiſance de ſe le mettre… (fort bien). En même tems la petite, à cheval auſſi dans le même ſens… (c’eſt cela) va livrer ſes jolies feſſes, à mes regards, & ſon petit con à mes baiſers… (à merveilles »). Le tout s’exécutait en effet à meſure qu’il parlait. Ah ! qu’on eſt vite obéi quand c’eſt du plaiſir qu’on ordonne !

Déjà Félicité s’était engainée juſqu’aux couilles ; déjà mon conin d’autant plus ſenſible qu’il était irrité de notre infructueux eſſai, trotait leſtement ſur l’amoureuſe langue de l’Adonis… Dieux ! quel charme ajoutait l’aimant du ſexe à cette gamahucherie, qui d’ailleurs m’était devenue ſi familière avec Félicité ! Quel ſurcroît de plaiſir je goûtais à promener mes mains ſur les reins & le cû parfaits de la fortunée Soubrette ! A la voir ſe ſoulever & s’abaiſſer méthodiquement pour être tout au mieux limée par la totalité de cet engin magnifique ! Quel inſtant que celui où l’une & l’autre, électriſées juſqu’à la moëlle des os, nous confondions les accens de notre luxurieuſe agonie !…

Mais, ſur-tout, quelle piquante variation que le caprice de Félicité qui, finiſſant la première & n’étant pas occupée de ſon ſeul bonheur, rend libre un inſtant ce vit qu’elle vient de noyer de ſon foutre & le remet auſſitôt, à deux doigts de là, plus étroitement en eſclavage. Du premier coup il eſt, malgré ſa groſſeur, aſſez avant dans la nouvelle lice pour pouvoir y finir ſa courſe. Va, mon Roi, (dit-elle avec paſſion) fous comme cela ta Félicité. Donne-lui tout : là du moins, il n’y a rien à craindre : qu’un ſi beau foutre ne ſoit pas ſans ceſſe perdu pour tes propres jouiſſances ; » & je la vois s’efforcer d’être pénétrée davantage, & le plus heureux ſuccès répond à l’exécution de cet impromptu biſarre.

Il fallait que notre jeune drôle ne fût point ennemi de cette manière de jouir, car il redoubla d’action avec ſa mignone, & moi-même, je me ſentis gamahuchée avec plus de vivacité. L’un & l’autre nous perdîmes enfin connaiſſance : Félicité dûment électriſée & laſſe, s’était laiſſée aller en avant, la face contre les pieds de ſon Mataſſin, la ſeringue aboutiſſant encore, & achevant de répandre ſa drogue. Mais déjà ce vit ſi fier a perdu ſa noble contenance. Je le touche ; je le ſépare de l’orifice impur. Semblable alors à la fleur qu’un vent frais fait ondoyer dans l’air ſur ſa ſouple tige, ſa tête penche de-çà, de-là ; cependant il m’intéreſſe encore… Ah ! s’il ne ſortait pas d’un auſſi mauvais lieu, que j’aurais de plaiſir à lui donner un baiſer !

L’amour-propre d’un homme à prétentions, ne lui permet guères de laiſſer durer une ſcène de langueur. Notre héros, (qui ne l’eſt plus) eſt à l’inſtant debout & reprend ſon attirail de Béguine. Puis, après avoir bien promis de ne pas manquer, pour le lendemain, la partie de revenir accompagné d’un ami taillé pour moi, il retourne à ſon échelle, & fait retraite avec tout le bonheur imaginable. Nous nous félicitons beaucoup de tant de plaiſir goûté ſans trouble : mais nos ſens ſont matés, nos paupières ſe ferment, nous nous endormons bientôt du plus profond ſommeil.

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