‹ Monsieur chasse !Chapitre 29 sur 46 · Scène XVI

Scène XVI

MORICET, GONTRAN

Gontran

Oh ! cristi qu’il fait noir !… et je n’ai pas d’allumettes. (Il descend à tâtons jusqu’à l’extrémité droite de la table — et sa main vient donner dans le ravier aux radis. — Se sentant mouillé, il secoue sa main pour se sécher, puis, à mi-voix dans la direction du lit :) N’aie pas peur, ma petite Urbaine, c’est moi, Gontran. (À part.) Elle ne répond pas… elle doit dormir. (Il remonte vers la porte d’entrée, tire ostensiblement son trousseau de clés de sa poche, referme la porte à double tour, remet son trousseau dans sa poche tout en disant :) Comme c’est commode d’avoir sa clef, on peut venir à n’importe quelle heure ! (Redescendant.) Elle va être joliment contente de me voir. (On entend Moricet ronfler. Gagnant la droite.) Oui, elle dort, je viens de l’entendre respirer avec la régularité d’une personne qui repose… (Nouveau ronflement plus violent.) Seulement elle a l’air un peu enrhumé… pourvu qu’elle n’ait pas peur… Non !… je vais la réveiller par un baiser : une personne qui vous embrasse n’est jamais bien effrayante. (Il se rapproche du lit, les ronflements redoublent.) Oh ! mais elle est fortement enrhumée. (Il embrasse Moricet qui répond par un grognement.) Elle a le sommeil dur.

Moricet, à moitié endormi

Qu’est-ce que c’est ?…

Gontran, se redressant

Un homme !

Moricet, même jeu

Léontine ! c’est vous ?

Gontran, terrifié

Laissez-moi…

Moricet, bondissant hors du lit et affolé, cherchant à tâtons autour de lui

Qui est-ce qui est là ? Il y a un homme ici. Ah ! mon Dieu ! où sont les allumettes ! (Il enfile rapidement ses pantoufles et se précipitant chez Léontine.) Et Léontine ? Il est peut-être chez Léontine.

Voix de Léontine

Qu’est-ce qu’il y a ?

Gontran, qui pendant ce temps a passé sous le lit, sortant de sa cachette et se précipitant vers le placard de droite

Ce doit être le vieil ami d’Urbaine, vite. Gagnons le placard.

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