Scène II
LÉONTINE, puis BABET
Léontine, seule, marchant avec agitation
Non, non, cet homme-là est exaspérant avec son imprévoyance. Enfin, quand on a une lettre de femme, une lettre qui peut la compromettre, on ne la fourre pas dans la poche de son pantalon. Il n’est pas difficile de se dire : « Qu’est-ce qui arrivera, si le mari met mon pantalon ? » Enfin, ça saute aux yeux !… Mais non, ils ne réfléchissent à rien ! Qu’est-ce que je lui raconterai à mon mari s’il a trouvé ma lettre ? (Imitant Moricet.) « Que le… que la… » comme dit Moricet… ça ne suffira pas et je perdrai une partie que j’aurais eue si belle, pour une pareille inconséquence ! (S’asseyant à droite de la table.) Oh ! non, non, c’est impossible !
Babet, entrant
Madame, je viens d’apercevoir Monsieur qui descend de voiture.
Léontine
Monsieur ? (Sur un ton significatif.) Eh bien, allez lui ouvrir. (Babet sort.) Oh ! je verrai bien tout de suite s’il a pris connaissance de ma lettre, et si, par bonheur, il ne sait rien, ah ! ah ! ah ! nous nous amuserons, monsieur Duchotel !… Je vais vous laisser patauger !
Babet, revenant
Voilà monsieur, madame !