‹ Monsieur chasse !Chapitre 44 sur 46 · Scène XIII

Scène XIII

LES MÊMES, GONTRAN

Gontran, entrant par le fond et descendant franchement, de façon à se trouver au 4 entre Bridois 3 et Cassagne 5.

Mais on m’oublie, moi, dans le salon… (Voyant le pantalon dans les mains de Bridois et bien franchement.) Tiens ! mon pantalon !

Tous

Hein ?

Duchotel, bondissant et déplaçant brusquement Cassagne pour gagner le 5

Son pantalon ! Vous avez entendu ? « son pantalon ! » Il a dit son pantalon !

Gontran, qui n’y entend pas malice

Mais oui ! Qu’est-ce qu’il y a ?

Duchotel

Rien ! Rien ! (Bas et vivement, à Gontran.) Cinq cents francs pour toi si c’est toujours ton pantalon !

Gontran

Hein ?

Bridois, étonné, à Gontran

Vous reconnaissez que ce pantalon est le vôtre ?

Gontran

Plus que jamais !

Bridois

Vous reconnaissez alors que vous étiez cette nuit, 40, rue d’Athènes ?

Gontran

Ah ! Tiens, comment le savez-vous ?

Duchotel, passant vivement entre le commissaire et Gontran

Il le reconnaît, messieurs, vous voyez, il le reconnaît !

Tous, stupéfaits

Oh !

Gontran (5), bon enfant

Mais oui ! pourquoi pas ?

Duchotel (4)

Là, c’est clair ! (Bas à Gontran, tout en lui serrant la main derrière son dos.) Brave garçon, va !

Bridois (3), tirant son carnet, à Gontran

Vous vous appelez ?

Gontran

Monsieur ?

Bridois

Votre nom ?

Gontran, à part

Sont-ils drôles ! (Haut.) Gontran Morillon… pourquoi ?

Cassagne (6)

Et peut-on vous demander ce que vous alliez faire, 40, rue d’Athènes ?

Gontran, qui s’est retourné du côté de Cassagne à sa voix

Tiens, parbleu… j’allais chez ma petite femme !

Tous, scandalisés

Oh !

Cassagne, sardonique

« Votre petite femme ! » Vous n’avez pas l’air de vous douter que c’est aussi la mienne !

Gontran, estomaqué

La vôtre ? (Avec explosion.) Ah !… c’est le singe !

Tous, y compris Cassagne

Le singe ?

Gontran

… Le singe pour qui je me cachais dans le placard !

Cassagne

Ah ! on vous en donnera du singe ! (Allant à Bridois.) Prenez acte, monsieur le commissaire, prenez acte !

Gontran, ahuri

Le commissaire ?

Cassagne

J’espère qu’à présent, je le tiens mon divorce.

Gontran

Son divorce ! Ah ! ça, qui êtes-vous donc ? Vous n’êtes donc pas le protecteur ?

Cassagne

Je suis le mari, monsieur !

Gontran, avec explosion

C’est monsieur des Voitures ! (Haut, à Cassagne.) Oh ! mais monsieur, je ne savais pas qu’elle était mariée ; elle ne m’en avait rien dit ; je vous jure qu’elle ne m’en avait rien dit !

Cassagne

Il suffit, monsieur ! Je sais ce que je voulais savoir et je vais agir à l’instant même ! Messieurs, madame, je vous salue !

Gontran, le suivant

Hein ? mais non, monsieur… Eh ! monsieur !

Duchotel, qui remonte à sa suite, essayant de le retenir

Mais laisse-le donc !

Gontran

Mais pas du tout… Eh ! monsieur !

Moricet, au public

Je n’y comprends rien du tout !

Duchotel, à part, et en redescendant

Ouf ! j’ai un poids de moins !

Bridois, prenant son chapeau

Allons, je vois que ma mission est terminée. Monsieur Moricet, il ne me reste qu’à m’excuser auprès de vous…

Moricet

Il suffit, monsieur le commissaire.

Bridois, à Léontine

Madame, je vous présente mes respects ! Monsieur Duchotel, votre serviteur.

Duchotel, très aimable

Oh ! mais je vous accompagne.

Bridois, de même

Faites donc, je vous en prie.

Duchotel, remontant

Tenez, par ici. (Il fait passer le commissaire, puis le suivant.) Oh ! j’ai eu une saouleur !

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