III
MES PETITES AMOUREUSES
Un hydrolat lacrimal lave Les cieux vert-choux: Sous l'arbre tendronnier qui bave Vos caoutchoucs,
Blancs de lunes particulières Aux pialats ronds, Entrechoquez vos genouillères, Mes laiderons!
Nous nous aimions à cette époque, Bleu laideron: On mangeait des œufs à la coque Et du mouron!
Un soir, tu me sacras poète, Blond laideron: Descends ici que je te fouette En mon giron!
J'ai dégueulé ta bandoline, Noir laideron; Tu couperais ma mandoline Au fil du front.
Pouah! nos salives desséchées, Roux laideron, Infectent encor les tranchées De ton sein rond!
Ô mes petites amoureuses, Que je vous hais! Plaquez de foufïes douloureuses Vos tétons laids!
Piétinez mes vieilles terrines De sentiment; Hop donc,--soyez-moi ballerines Pour un moment!...
Vos omoplates se déboîtent, Ô mes amours! Une étoile à vos reins qui boitent, Tournez vos tours!
Est-ce pourtant pour ces éclanches Que j'ai rimé? Je voudrais vous casser les hanches, D'avoir aimé!
Fade amas d'étoiles ratées, Comblez les coins! --Vous crèverez en Dieu, bâtées D'ignobles soins!
Sous les lunes particulières Aux pialats ronds Entrechoquez vos genouillères, Mes laiderons!
Mai 1871.