Scène VII
LA COMTESSE, LE MARQUIS, GERMAIN, VICTOIRE.
Victoire.
Voilà vos étoffes, madame.
La comtesse.
C’est bon.
Le marquis.
On vous demande ? je ne veux pas vous retenir plus longtemps.
La comtesse.
Ne venez-vous pas avec moi ? vous me donnerez votre avis.
Le marquis.
Non, je ne sortirai pas aujourd’hui. J’attends quelqu’un à qui j’ai à parler.
La comtesse.
Ici ? chez moi ?
Le marquis.
Oui ; — et à propos. — C’est vous.
La comtesse.
Moi ?
Le marquis.
Oui, mais ne vous l’ai-je pas dit ?
La comtesse.
Quoi !
Le marquis.
Que j’avais la plus grande envie de vous épouser.
La comtesse.
Je ne sais pas quand.
Le marquis.
Tout à l’heure. Je ne suis venu ici que pour cela.
La comtesse.
Je ne m’en souviens pas.
Le marquis.
Mais à quoi donc pensez-vous ? vos distractions, vraiment, ne sont pas concevables. Il me semble pourtant…
La comtesse.
Dites.
Le marquis.
Que je vous ai parlé de mon voyage.
La comtesse.
Quel voyage ?
Le marquis.
En Allemagne.
La comtesse.
Hé ! non, c’est moi qui vous ai parlé du mien.
Le marquis.
Comment du vôtre ?
La comtesse.
Oui, de ce voyage aux bords du Rhin, que j’ai fait avec mon mari.
Le marquis.
Je vous demande pardon, je vous assure…
La comtesse.
Vous extravaguez ; venez voir mes étoffes. Je vous donnerai mon volume de je ne sais plus qui, et vous trouverez la fin de notre romance.
Le marquis, s’en allant.
Mais c’est moi…
La comtesse, de même.
Je vous dis que c’est moi…