‹ Petit Glossaire des lettres de Madame de SévignéChapitre 3 sur 9 · L

L

=LA=, Lettres inédites, II, 85. «N'êtes-vous point effrayée; je la suis.»

On écrit actuellement le, sans faire accorder le prénom.

=LAMBEL=, I, 357. «Je vous réduirai au lambel.»

Brisure des armoiries des branches cadettes. A la partie supérieure de l'écu, on traçait un filet horizontal.

=LANTERNERIE=, VII, 452. «Mon fils a une petite lanternerie d'émotion qui l'a empêché d'aller aux Etats.»

Retard dans l'exécution d'un acte ou chose de minime importance.

=LÉ (tout de)=, VII, 269. «Elle perdit hier son procès tout de long et tout de lé.»

Lé, largeur, vient du latin latum.

=LÉGÈRE (repas à la)=, II, 222. «Nos repas ne sont pas repas à la légère.»--Peu substantiels.

Madame de Sévigné cite, en le modifiant un peu, un vers de La Fontaine: (V. l'Aigle et le Hibou, V, 18.)

=LIBERTINE=, V, 551. «Je suis tellement libertine, quand j'écris.»--Affranchie de toute règle, suivant uniquement son caprice.

Lettres inédites, II, 11. «L'expérience va vous rendre plus libertine que jamais.»--Plus indépendante d'esprit et de caractère.

=LIE (la)=, VII, 458. «La lie de l'esprit et du corps est humiliante à soutenir.» (Cf. Saint-Simon, XIV, 9.)

=LIE (de la vie)=, X, 344. «Il est rare que la fin et la lie de la vie n'en soient humiliantes.»

=LIÈVRE AU CORPS (prendre le)=, IX, 192. «Cette affaire est pressante et prend le lièvre au corps.»

C'est une question urgente qui doit être tranchée sans hésitation. Furetière enseigne que prendre le lièvre au corps, signifie prendre une affaire de bon biais, donner la décision d'une question.

=LOIN (de)=, Lettres inédites, II, 23. «Il ne pourra de loin quitter la Méditerranée.»--De longtemps.

=LOPE (Es de)=, VII, 516. «Il y a un certain caractère de finesse et de facilité qui fait toujours crier: Es de Lope.»

Proverbe espagnol: c'est de Lope, c'est parfait.

=LOUP (gueule au)=, IX, 521. «Mon fils est à la gueule au loup.»--Dans une position dangereuse.

C'est une métaphore analogue à celle du proverbe latin: tenir le loup par les oreilles.

M

=MAITRE-GARÇON=, X, 168. «Je veux qu'il laisse le maréchal de Bellefonds, comme son maître-garçon, pour le conduire dans la suite des remèdes.»--Auxiliaire du médecin, son premier élève autrefois.

=MACHONNER=, VII, 270. «Son amie machonne quelque chose d'un pèlerinage.»--Mâcher avec difficulté.

Par analogie, parler avec embarras.

=MAILLOT=, VIII, 277. «Ce petit garçon n'est plus ce petit maillot de Madame de Coulanges.»--Jeune enfant encore dans les langes. (Cf. Saint-Simon, IV, 59.)

=MAIN (à la)=, V, 227. «La promenade est si fort à la main.»--A portée. (Cf. Saint-Simon, IV, 70.)

=MAIN (la)=, VIII, 406. «Le roi d'Angleterre ne donne pas la main à Monseigneur.»--La droite. (Cf. Saint-Simon, II, 285.)

=MAIN (séchée)=, VIII, 331. «Il leva la main, la main ne lui sécha pas.»

Voir la Bible, les Rois, XIII, 6.

=MANGER (son pain bénit)=, V, 352. «A-t-il besoin de cette conduite, d'un changement de corbillon, pour manger son pain bénit?»

Corbillon, petite corbeille pour les gâteaux. Allusion à ce proverbe: «Changement de corbillon fait appétit de pain bénit,» fait trouver le pain bon.

=MANGER (le chagrin)=, Lettres inédites, II, 416. «Mangeant le chagrin de la lenteur du cheval.»

On dit actuellement: dévorer le chagrin, avec le même sens.

=MANGER L'ARTICLE=, IX, 519. «Me permettre de manger l'article.»

Madame de Sévigné veut écrire: la comtesse Dalet, au lieu de la comtesse de Dalet.

=MANGERIE=, VII, 2. «L'étoile de la mangerie s'est mise en ce pays.»

Action de manger abondamment.--Terme vieilli.

=MARAUDAILLE=, V, 36. «Ces maraudailles de Paris.»--Canailles, réunions de marauds.

=MARGUERITES (devant les pourceaux)=, VII, 227. «C'étaient des marguerites devant les pourceaux.»

L'Evangile de saint Mathieu parle de perles, en latin margaritas. (Cf. Saint-Simon, XIII, 275.)

=MARIONNETTE (de guerre)=, III, 286. «Cette marionnette de guerre.»--Simulacre.

=MARTEAU (coup de)=, IX, 138. «J'aime qu'un coup de marteau ne soit pas votre maître.»--Elle préfère la liberté de la vie, et des repas.

=MASQUES, JE VOUS CONNAIS=, X, 279.

Reproche fait à des gens anoblis. On trouvera dans notre livre intitulé: Vie et esprit d'Achille III de Harlay, le récit complet de la scène à laquelle Madame de Sévigné fait allusion.

=MEZZO-TERMINE=, IX, 183. «Les Mezzo-termine ne lui manquaient pas.»--Les moyens termes. (Cf. Saint-Simon, VIII, 4.)

=MIE=, Lettres inédites, I, 262. «Je serai ravie d'embrasser ma petite mie.»

On disait jadis: m'amie, pour mon amie, et, par un diminutif familier, mie. (Cf. Saint-Simon, I, 340.)

=MIGNON (plaisant)=, I, 356. «Vous êtes un plaisant mignon de ne m'avoir pas écrit.»

Personne qu'on chérit, à qui l'on trouve du charme dans sa petitesse.

=MIRODER=, IV, 533. «Elle fut mirodée.»

Mot breton: ajuster avec soin. On écrit aussi: miroter et mirauder.

=MITONNER=, V, 259. «Cela s'appelle mitonner les dames.»--Préparer doucement, entourer de petits soins, choyer.

=MORGUER=, III, 130. «L'autre vous morgue.»--Morguer: braver par des regards méprisants, regarder fixement. (Cf. Saint-Simon,

Page 1