L'ENVOY.
Plus n'ay mestier de jouer, ne de rire; Plus n'est le temps sinon de tout despire, Plus cuide avoir de douceur les apuys, Plus suis adonc desplaisant et plain d'ire. Puisque de vous approcher je ne puis.
BALADE.
(Orléans.)
Chascun s'esbat au mieulx mentir, Et voulentiers je l'aprendroye, Mais maint mal j'en voy advenir, Parquoy savoir, ne le vouldroye. De mentir par déduit, ou joye, Ou par passe temps, ou plaisir, Ce n'est point mal fait, sans faillir, Se faulceté ne s'y employe.
Faulx menteurs puisse l'en couvrir, Sur les montaignes de Savoye, De neiges, tant que revenir Ne puissent par chemin, ne voye, Jusques querir je les renvoye; Pour Dieu, laissiez les là dormir, Ils ne scevent de riens servir, Se faulceté ne s'y employe.
Pourquoy se font ilz tant hair? Veulent ilz que l'en les guerroye? Cuident ilz du monde tenir Tous les deux boutz de la courroye? C'est folie, que vous diroye? Leur prouffit puissent parfournir, Et laissent les autres chevir, Se faulceté ne s'y employe.