‹ Sacountala, drame en sept actes, mêlé de prose et de versChapitre 18 sur 21 · L’ENFANT.

L’ENFANT.

Ma bonne sœur, il est bien joli. (Il prend le jouet.)

LE ROI, à part.

Oh! si j’étais trompé par un mirage! Si tout cela devait finir en me laissant à mon désespoir!

PREMIÈRE RELIGIEUSE, après avoir regardé l’enfant; avec inquiétude.

Mais je ne vois plus l’amulette à son poignet!

LE ROI.

Ne vous tourmentez pas! Il l’a sans doute perdue en jouant avec le lionceau... La voici! (Il va pour la ramasser.)

LES DEUX RELIGIEUSES.

N’y touchez pas! n’y touchez pas! (Après l’avoir vu ramasser l’amulette.) Comment! il l’a prise! (Elles croisent leurs mains sur leur poitrine et se regardent avec stupéfaction.)

LE ROI.

Pourquoi vouliez-vous m’empêcher de la prendre?

PREMIÈRE RELIGIEUSE.

Écoutez, seigneur! C’est une plante divine qu’on appelle Aparâdjitâ[88]. On en fait une amulette toute-puissante. Le bienheureux Mârîtcha a donné celle-ci à l’enfant aussitôt après sa naissance, dans la cérémonie de la consécration. Quand elle tombe à terre, personne ne doit la ramasser, si ce n’est l’enfant lui-même, sa mère,... ou son père!

[88] «Invincible.»

LE ROI.

Et si un autre la ramasse...

PREMIÈRE RELIGIEUSE.

Elle se change en serpent, et le mord.

LE ROI.

Avez-vous jamais vu ce prodige s’accomplir?

LES DEUX RELIGIEUSES.

Plus d’une fois.

LE ROI.

Ah! tous mes vœux sont remplis! Il ne me reste qu’à goûter mon bonheur! (Il prend l’enfant et le couvre de baisers.)

DEUXIÈME RELIGIEUSE.

Viens vite, Souvratâ! Sacountalâ est maintenant en prière: allons la prévenir. (Elles sortent.)

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