III. Institutions diverses.
Un auteur n’a pas craint de qualifier Saint-Marcellin de ville sans avenir et sans traditions historiques. Cette appréciation, démentie par les faits, est même devenue une sorte d’axiome pour quiconque redoute les recherches dans les archives publiques, et elle se retrouve dans les Guides et les Itinéraires les plus en renom.
Or, que le voyageur en chemin de fer se contente de ce renseignement, il est excusable. À peine a-t-il le temps de jeter un coup d’œil rapide sur le magnifique paysage au milieu duquel la ville présente ses toits rouges et son clocher grisâtre. Mais un Dauphinois admettra-t-il un instant que la patrie de Lagrange soit une ville sans traditions ? Jamais.
N’ayant aucune prétention à l’esprit prophétique, je renonce à réfuter l’assertion de M. d’Haussez relative à l’avenir, dont Dieu seul a le secret pour les cités comme pour les individus ; mais je proteste contre l’absence de traditions historiques à Saint-Marcellin.
Au point de vue de la justice et des franchises locales, le lecteur est déjà pleinement édifié ; au point de vue militaire, Saint-Marcellin a joué un rôle pendant les guerres du XVI siècle. Il a eu pour fondateur Humbert II, qui céda le Dauphiné à la France, et que le président Valbonnais a regardé comme un grand prince ; il a vu naître des magistrats et des diplomates du nom de Lagrange et de Déageant ; il a vécu dans le calme et l’aisance pendant plusieurs siècles : quelles traditions historiques peuvent donc manquer à sa gloire ?
Quelques détails, comme pièces à l’appui, vont confirmer ma thèse.