‹ Saint-MarcellinChapitre 5 sur 13 · § 2. Enseignement primaire et secondaire.

§ 2. Enseignement primaire et secondaire.

Un professeur du collége de France, M. Michel Bréal, a récemment prétendu que l’instruction primaire, née avec la Réforme, n’avait été définitivement organisée qu’en 1833.

Saint-Marcellin, — ville sans traditions historiques ! — va infirmer l’assertion du savant professeur ; car il avait des écoles laïques, non gratuites ni obligatoires cependant, vers la fin du XV siècle.

Le 29 juin 1481, en effet, Claude Pain et Pierre Pailler, syndics, du consentement de Leusson, de Rue et Perrier, conseillers, confiaient la direction des écoles à Charles Albert, bachelier ès arts. Celui-ci s’engagea à remplir dignement ses fonctions, à instruire les clercs (clericos) sur les sciences et les bonnes mœurs, et à donner à maître Evrard, son aide, 20 florins de gages sur les mois des élèves. De son côté, la ville lui promit de le défendre contre Jacques Lacombe, chapelain du lieu.

L’acte ne précise pas les difficultés que soulevait cet ecclésiastique ; mais il s’agissait sans doute d’une approbation régulière à donner par le clergé ; car, en 1504, Jean Reynaud, un des syndics, de l’avis du châtelain et des conseillers, présentait pour régent des écoles Jean Ferrand, maître ès arts, à Frère Bernard Blondut, vicaire et fermier de la cure, lequel accepta le candidat reconnu capable et instruit. Maître Ferrand jura entre les mains du vicaire de bien remplir sa mission, et la ville lui assura les salaires et priviléges accoutumés, ainsi que le logement. Ce marché, selon l’usage, était fait pour une année.

Suivant un acte de 1472, Étienne de Rue et Jean Evrard, syndics, donnèrent à Frère Jacques Lacombe, régent des écoles, une petite cloche de 29 livres, pour appeler les élèves en classe.

Après les guerres de religion, le 15 mai 1626, Guichard Déageant, sire de Brulon, baron de Vire, conseiller du roi, premier président en la Chambre des Comptes de Grenoble « seul tige des descendants d’Étienne Déageant, vibailli du Viennois et lieutenant général civil et criminel au siége royal de Saint-Marcellin, fils de noble Antoine, coseigneur de Sigautier en Gapençois, » établit une rente de 180 livres au profit des Carmes, et fit réparer le couvent. Le 5 août 1642, il fonda chez ces religieux un collége à trois classes « tant pour rendre le couvent plus considérable et donner plus de moyens aux Pères de subsister et faire le service divin, que pour donner aussi moyen à la jeunesse de la ville et des lieux circonvoisins d’être élevée à la piété et aux bonnes lettres, » promettant à cet effet de promptement faire bâtir, à ses frais, un dortoir le long de la rue de Romans jusqu’à l’église, pour l’usage desdites classes, et de payer 9 000 livres pour l’entretien des régents de 5, 4 et 3 classes, ouvertes de la Saint-Luc à la Saint-Michel.

Àl’exemple de Déageant et en témoignage de « l’affection et de l’amitié qu’il avait toujours eue pour le lieu de sa naissance, » Modeste Rebut de Mésone, sacristain de l’église paroissiale de Saint-Laurent de Tullins, légua, le 18 mars 1713, une somme de 3 000 livres pour l’enseignement des humanités à Saint-Marcellin, et, le 2 juillet 1714, le provincial des Carmes promit à Jouvet, maire perpétuel, à Giroud, consul de la ville, et à Folhon, procureur du roi en la maison consulaire, de fournir un régent capable et suffisant pour enseigner la classe d’humanités, sans rétribution.

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