‹ Saint-MarcellinChapitre 6 sur 13 · § 3. Revenus et dépenses.

§ 3. Revenus et dépenses.

Un arrêt du Conseil d’État du roi Louis XV, à la date du 4 septembre 1769, fixe par provision le budget de Saint-Marcellin à 1 235 livres, dont 116 pour les gages et le logement du maître d’école, 128 pour les gages des quatre sergents de quartier, 50 livres pour ceux du maire, 40 pour ceux du premier échevin, 30 pour ceux du deuxième, 60 pour ceux du syndic-receveur, 100 pour ceux du secrétaire-greffier, 6 pour le feu de la Saint-Jean, 16 pour messes et processions votives, etc. Le reste était absorbé par des rentes, par l’entretien des édifices publics, par l’horloge, le valet de ville et le sonneur des cloches.

Aux XV et XVI siècles, les revenus de la communauté consistaient en la ferme du four et des octrois, et en tailles dites négociales.

Le prix du loyer du four public de 26 florins, en 1465, descendit à 7, en 1549. Toutefois, « par les grands soins et travaux de maître François Chabert, assesseur au baillaige, » les directeurs du collége employèrent les 3 000 livres léguées par Rebut de Mésone « à racheter en partie le four commun du lieu, comme étant un fonds très-assuré ».

D’abord, il n’y eut qu’un seul four, puis deux en 1528. Sous la toiture du hangar adjacent, on n’entendait pas toujours raconter les nouvelles de la ville ; parfois, des disputes s’y élevaient entre ménagères, et des injures on en venait aux coups. Le bail de 1518 oblige le fournier à empêcher ces débats. Celui de 1544 fait connaître les conditions de son service.

« Sera tenu ledit fournier de bien et deuement cuyre les pains des habitants à raison de 2 sols pour une checune sommée de 9 quartaux, à la poyne que s’ils sont mal cuits et mal aprestez, des dommages et interests (seront dus). Ledit fournier ne prandra ne fera prandre aulcune paste, sur poyne pour une checune fois de 10 sols, excepté à la my aoust et rampaulx que lon cuyt des pognes pour lesquelles prandra paste, ainsi qu’est de coustume, sans aulcun fournage. Il sera tenu d’applaidir les chambrières pour cuire pour la première fois, sans que il soit de besoin y retourner ; sera tenu de cuyre le pain de la confrérie du Corps de Dieu, sans en prendre aulcun profict, excepté la manière acoustumée ; sera tenu payer la cense du four, qu’est un sestier de froment, à M. le curé. Il ne cuyra point de nuyt, sinon que despuis Sainte-Luce jusques à Noel. Il ne fera ni permettra fere auxdits fours aulcunes escleres, fors que pour le service et pour alumer le feu audit four. » Il devait, en outre, ramoner la cheminée, entretenir les toitures et compter les pains.

D’après les libertés de la ville, il était permis aux habitants de s’imposer un vingtain ou commun du vin pour l’entretien des murailles. Cet octroi s’adjugeait tous les ans : en 1460, 150 florins ; en 1490, 210 florins ; en 1528, 810 florins ; en 1561, 256. Or le florin, en 1490, petite monnaie, valait 4 liards, et le liard, 12 gros ; en 1509, il valait 12 sols tournois.

En 1494, comme il fallait refaire les murailles de Saint-Marcellin, l’adjudication des octrois pendant trois ans fut donnée à Reynaud, qui offrit de faire 167 toises de murs en bonne chaux, en pierres et cailloux, « de quatre pieds de grosseur haut et bas ».

Quant aux tailles, elles variaient suivant les besoins. Il y avait aussi le revenu du poids des blés, évalué 36 florins en 1555, et le ban ou bain d’août, variant de 25 sols à 13, de 1554 à 1561.

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