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CHAPITRE V

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Dans les pages qui précèdent on n’a pas étudié l’Algérie en soi et pour soi ; on a cherché à la placer dans son cadre planétaire et à montrer les liens qui existent avec ce cadre.

Que l’Atlas Algérien soit une partie du système Alpin, et qu’avec l’Apennin il tourne autour de la Tyrrhénide, c’est extrêmement et anciennement connu. On s’est borné à le rappeler.

On a dû insister beaucoup plus longuement sur la partie saharienne du cadre.

D’une façon très générale il n’est rien de plus connu, il est vrai, que l’importance planétaire des grands accidents nord-sud sahariens et nord africains.

Le plus célèbre est la faille immense, la plus notoire du globe peut- être, qui est jalonnée par les grands lacs africains, la fosse de la mer Rouge, et qu’on suit par l’effondrement de la Mer Morte jusqu’en Asie.

Une autre, à peine moins connue, est celle qui a imposé au Nil sa direction à travers le désert. D’après les dernières explorations scientifiques, le trait essentiel, dans la structure de la Tripolitaine, ce sont deux failles parallèles d’orientation nord-sud[24].

Ces grands accidents ont une parenté certaine avec les sillons sub- méridiens du Sahara algérien.

D’autre part on a signalé depuis longtemps que ces grands accidents nord-sud croisent à angle droit de grandes cassures est-ouest et par exemple celle qui détermine la direction de la côte sud dans la Méditerranée orientale.

Il est donc bien entendu que l’attention est attirée depuis longtemps sur un grand quadrillage, à travers toute l’Afrique septentrionale, d’accidents démesurément longs, se recoupant à angles droits. Chudeau, après Green, mentionne, à titre d’hypothèse explicative, une « torsion du géoïde »[25].

Notre grande faille Roussillon-Touat, la dorsale Hoggar-Médéa, le sillon de l’Igharghar, tout cela rentre donc dans un cadre général d’accidents analogues et authentiquement constatés.

D’autre part, G.-B.-M. Flamand d’abord, et à sa suite tous les géologues algériens ont plus ou moins insisté sur le retentissement posthume des plis hercyniens dans le gauchissement des plis atlasiques.

Pourtant quand il s’est agi de disséquer la structure de l’Algérie, on n’a jamais fait à ces grands accidents sahariens la part qui leur revient.

Nous avons essayé de montrer que cette part est immense à propos de quelques grands exemples.

Dans l’analyse des régions naturelles nous retrouverons souvent cette direction nord-sud, dont on a voulu simplement établir dans ce livre Ier la valeur discriminative.

[Note 24 : No 23, p. 412, fig. 19.]

[Note 25 : Chudeau, no 29, p. 69.]

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