‹ ThéséeChapitre 4 sur 12 · 4

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Après qu’Ariane eut remis au dernier triomphateur le dernier prix, Minos, ayant levé la séance, escorté des gens de la cour, me fit venir auprès de lui séparément.

— Je vous veux conduire à présent, prince Thésée, me dit-il, en un endroit au bord de la mer afin de vous soumettre à l’épreuve qui nous révélera si vous êtes authentiquement fils du dieu Poséidon, ainsi que vous le prétendiez d’abord.

Il m’emmena donc sur une roche en promontoire dont la vague venait battre le pied.

— Je vais, dit le roi, jeter dans le flot ma couronne, pour vous prouver ma confiance que vous me la rapporterez du fond.

La reine et les deux princesses étaient là, désireuses d’assister à l’épreuve ; de sorte que, enhardi par leur présence, je protestai :

— Suis-je un chien, pour rapporter à son maître un objet, fût-ce une couronne ? Laissez-moi plonger sans appât. Je vous rapporterai de ma plongée quoi que ce soit qui l’atteste et la prouve.

Je poussai l’audace plus loin. Comme une brise assez forte s’élevait, il advint qu’une longue écharpe fut enlevée des épaules d’Ariane. Le souffle la dirigea vers moi. Je m’en saisis en souriant comme si la princesse ou quelque dieu me l’eût offerte. Aussitôt, me dépouillant du justaucorps qui m’engonçait, je ceignis autour de mes reins cette écharpe, la passai entre mes cuisses et, la ramenant par devant, l’assujettis. Il semblait que ce fût par pudeur et pour ne point exposer ma virilité devant ces dames ; mais ce faisant je pus dissimuler la ceinture de cuir que je conservais, à quoi pendait une escarcelle. Dans celle-ci, je n’avais pas de pièces de métal, mais bien quelques pierres de prix, emportées de Grèce, car je savais que ces pierreries gardent leur pleine valeur n’importe où.

Donc, ayant pris souffle, je plongeai.

Je plongeai, dûment entraîné, profondément, et ne reparus à la surface qu’après avoir sorti de l’escarcelle une agate onyx et deux chrysoprases. Remonté sur le bord, je tendis, de mon plus galant, l’onyx à la reine, et à chacune des princesses les chrysoprases, feignant de les ramener du fond, ou plutôt encore (car il n’était guère vraisemblable que des pierres, si rares sur notre sol, se trouvassent communément dans les profondeurs ni que j’eusse eu le temps de les choisir), affectant que Poséidon lui-même me les eût tendues afin que je les pusse offrir à ces dames ; ce qui prouvait, mieux que l’épreuve, ma divine origine et que j’étais favorisé par le dieu.

Àla suite de quoi Minos me restitua mon glaive.

Des chars nous emmenèrent peu après pour nous transporter à Cnossos.

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