Scène III.
Les Mêmes, FÉLIX.
Félix, arrivant par la rue de droite.
Ah ! mon Dieu… que de monde !…
Nonancourt.
Son groom !… Arrive ici, Mascarille.
Félix.
Tiens ! c’est la noce de mon maître !… Monsieur, avez-vous vu mon maître ?
Nonancourt.
As-tu vu mon gueux de gendre ?
Félix.
Voilà plus de deux heures que je cours après lui.
Nonancourt.
Nous nous passerons de lui… Ouvre-nous la porte, Pierrot.
Félix.
Oh ! monsieur… impossible… ça m’est bien défendu… la dame est encore là-haut.
Tous.
Une dame !
Nonancourt, avec un cri sauvage.
Une dame !!!
Félix.
Oui, monsieur… qui est chez nous… sans chapeau… depuis ce matin… avec…
Nonancourt, hors de lui.
Assez !… (Il rejette Félix à droite.) Une maîtresse !… un jour de noces…
Bobin.
Sans chapeau !…
Nonancourt.
Qui se chauffe les pieds au foyer conjugal… Et nous, sa femme nous, ses belles-gens… nous flânottons depuis quinze heures avec des myrtes dans nos bras… (Donnant le myrte à Vézinet.) Turpitude ! turpitude !
Hélène.
Papa… papa… je vais me trouver mal…
Nonancourt, vivement.
Pas par terre, ma fille…tu flétrirais ta robe de cinquante-trois francs ! (À tous.) Mes enfants, jetons une malédiction sur cet immonde polisson, et retournons tous à Charentonneau.
Tous.
Oui, oui !
Hélène.
Mais, papa, je ne veux pas lui laisser mes bijoux, mes cadeaux de noces.
Nonancourt.
Ma fille, ceci est d’une femme d’ordre… (À Félix.) Grimpe là-haut, jocrisse… et descends-nous la corbeille, les écrins, tous les bibelots de ma fille.
Félix, hésitant.
Mais, monsieur…
Nonancourt.
Grimpe !… Si tu ne meurs d’envie que je greffe une de tes oreilles.
Il le pousse dans la maison, à droite, premier plan.