Chapitre 11
On dort mal quand on a peur, surtout quand on a peur du feu.
Pascal avait pris toutes les précautions qu’on peut inventer contre l’incendie ; des tuyaux avaient été posés de manière à lancer des gerbes d’eau de cinq mètres en cinq mètres et à submerger l’atelier en quelques minutes ; la tête de son lit touchait au robinet qui commandait ce système de grandes eaux, et il n’avait que le bras à allonger pour le mettre en mouvement ; cependant ses nuits étaient à chaque instant troublées ; il rêvait flammes, effondrements, pompiers, et l’odeur du roussi le réveillait en sursaut.
Alors, au lieu de se rendormir, il se levait pour faire une ronde. La fabrique, les magasins, la cour, il visitait tout, et quand un chat blotti dans un coin sombre dardait sur lui ses prunelles scintillantes, il avait un mouvement instinctif de frayeur.
Un soir qu’il longeait le mur de la rue de Reuilly, parcourant la cour et sondant de son œil inquiet les profondeurs de l’ombre, il entendit dans le silence un murmure de voix confuses, un cri plaintif, un grand soupir, un gémissement qui partait de la rue, puis presque en même temps, sur le pavé du trottoir, le pas lourd de plusieurs hommes qui se sauvaient en courant.
Il écouta : les pas mouraient dans le lointain et l’on n’entendait plus que le grincement du réverbère qui se balançait au bout de sa chaîne. Cependant le cri avait été si poignant qu’il ne put pas s’en tenir à ce silence et qu’il ouvrit la porte de la rue ; une masse noire était étendue sur le trottoir, à cinq ou six mètres de la porte. Il courut à elle ; c’était un homme qui ne donnait plus signe de vie.
Il le prit dans ses bras et l’entra dans la maison ; en quelques secondes le bonhomme Scouflers fut éveillé, et deux ouvriers qui maintenant couchaient à la fabrique arrivèrent aussi. Pendant que Pascal et le caissier soignaient le blessé, les ouvriers couraient chercher un médecin et le commissaire.
Le médecin parut le premier, le blessé commençait à recouvrer connaissance ; la blessure qu’il avait reçue dans le dos était un coup de couteau qui, par miracle, n’avait point perforé les poumons ; elle était grave, mais non fatalement mortelle. À l’arrivée de l’inspecteur de police il put expliquer comment il avait été assailli ; à Paris depuis deux jours seulement, il revenait du théâtre et il se dirigeait vers le boulevard extérieur, où il logeait chez un oncle ; passant devant la porte de Pascal, à une quinzaine de mètres du réverbère, c’est-à-dire alors qu’il était dans l’obscurité, deux hommes s’étaient jetés sur lui et il avait senti le froid du couteau qui pénétrait dans le dos ; celui qui frappait pendant que l’autre lui tenait les bras avait dit : « Voilà qui te décollera ou décolorera mon vieux. » Il était tombé évanoui sur le pavé et il ne savait rien autre chose.
— Monsieur est votre parent ? dit l’inspecteur en regardant Pascal.
— Pas du tout.
— On l’aurait cru.
En effet, entre Pascal et le blessé il y avait une certaine ressemblance : même âge, même forme de barbe, même démarche ; la nuit ils pouvaient très bien être pris l’un pour l’autre.
Malgré ses recherches, la police ne trouva rien, les coupables ni le mobile qui avait pu les pousser à commettre cet assassinat sur un inconnu qui n’avait point été volé.
Ce crime mystérieux ne devait pas cependant rester toujours une énigme, et au moment où Pascal n’y pensait plus, il eut l’explication de ce qui, au premier abord, avait paru incompréhensible.
Par prudence il ne sortait que rarement le soir, aimant mieux s’en rapporter à lui-même pour la surveillance qu’au bonhomme Scouflers qui pouvait s’endormir et laisser la fabrique brûler. Cependant il avait parfois des rendez-vous d’affaires qui le retenaient à Paris et le faisaient rentrer tard. Alors il s’en revenait à grands pas, mécontent, inquiet, disposé à voir partout des incendies dans ces réverbérations rouges qui la nuit, sans causes explicables, illuminent si souvent le ciel de Paris. Un soir, deux ou trois semaines après le coup de couteau donné devant sa porte, il s’en revenait ainsi, mais ce jour-là dans les meilleures dispositions de confiance et de bonne humeur ; il avait signé une licence avec un industriel de Marseille, et c’était un nouveau bénéfice annuel d’une cinquantaine de mille francs s’ajoutant à ceux qui étaient déjà assurés. L’affaire avait traîné en longueur, il avait fallu échanger des milliers de paroles inutiles avec le Marseillais, et minuit sonnait lorsqu’il quitta l’omnibus à la rue du Faubourg-Saint Antoine.
Le temps était sombre, il tombait une petite pluie de brouillard qui épaississait encore l’obscurité, les becs de gaz brûlaient mal, et leur lumière, réfléchie par les flaques d’eau, éclairait la rue déserte d’une façon incertaine et changeante. Pascal marchait rapidement, son parapluie baissé en avant pour s’abriter de la bruine qui lui frappait dans la figure. Tout à coup, sans qu’il les eût vu venir ou sortir d’une embrasure de porte, il se trouva en face de deux hommes et, surpris de cette brusque apparition, il sauta de côté par un mouvement instinctif et nerveux. Il était à ce moment à une centaine de mètres de chez lui, à l’encoignure d’une ruelle qui descend vers la rue de Charenton.
Dans son brusque mouvement, son parapluie s’était rejeté en arrière et la lumière d’un bec de gaz l’avait frappé en plein visage.
— C’est bien lui, dit l’un des hommes.
Il n’y avait plus de doute possible, on l’attendait ; en se jetant de côté il s’était rapproché de la muraille ; vivement il lui tourna le dos pour faire face aux deux hommes ; il était temps : ceux-ci s’élancèrent sur lui ; il abattit son parapluie devant eux. C’était une arme bien faible pour les arrêter, cependant elle fit dévier le coup qu’ils voulaient porter. Pascal se sentit atteint à l’épaule d’une déchirure qui glissa tout le long du bras ; cinq centimètres plus haut, l’arme s’enfonçait dans le cou. Il recula encore de quelques pas pour s’adosser, mais au lieu de faire résistance et de lui servir de point d’appui, la porte qu’il toucha de son dos céda ; elle était poussée, non fermée à la serrure.
Les deux hommes s’étaient arrêtés un moment.
— Eh bien ? demanda l’un.
— Le coup a dû glisser.
— Allons-y.
Ses quelques secondes de répit avaient donné le temps à Pascal de se reconnaître : tenant une main en avant pour parer les coups, il passa l’autre derrière son dos, et, entrouvrant doucement la porte, il se glissa dans l’entrebâillement ; aussitôt il la repoussa de toutes ses forces, et le pêne claqua avec un bruit sec : elle était fermée.
Des imprécations et des jurements éclatèrent dans la rue, se mêlant à des plaintes et à des gémissements.
— Il m’a écrasé les doigts dans la porte !
— Fais-moi la courte-échelle.
— J’ai la main broyée.
— Eh bien ! de l’autre.
Maintenant l’attaque allait venir par-dessus le mur, mais au moins Pascal n’aurait affaire qu’à un seul homme ; il est vrai qu’il n’était pas armé, tandis que le brigand avait un couteau. Il regarda autour de lui : il était dans un jardin de maraîcher, au milieu de carrés de légumes : malgré l’obscurité il crut voir un tas de bâtons à quelques pas de lui ; c’était en effet une botte d’échalas ; vivement il en prit un gros comme le poignet et long de quatre ou cinq pieds. Maintenant il pouvait se défendre ; cette certitude lui rendit le sentiment des choses et il se mit à crier : peut-être personne ne répondrait-il, mais peut-être aussi son appel serait-il entendu.
Tout en criant, il ne quittait pas des yeux le chaperon du mur ; par où l’escalade se ferait-elle ? Le mur était long. Si elle se faisait à l’une des extrémités l’homme tombait dans le jardin sans qu’il pût l’en empêcher, et alors ses chances de défense s’amoindrissaient.
Le hasard vint à son secours : juste en face de lui, une tête parut au-dessus du chaperon. Il n’attendit pas qu’elle se fût élevée davantage, et d’un violent coup de son échalas il la faucha. La tête disparut exactement comme celle du commissaire au théâtre de Guignol.
Les jurements recommencèrent, et Pascal continua de crier de toutes ses forces.
— Le coup est manqué, dit l’un des hommes.
— Il faut que je le saigne.
— Sauvons-nous, ou je te lâche.
— Je te paierai ton coup de bâton ; compte là-dessus.
Mais Pascal s’inquiéta peu de cette menace ; les hommes s’éloignaient en courant ; il respira.
Derrière lui, dans le jardin, il se fit un grand bruit, et trois ou quatre hommes apparurent dans l’obscurité.
— Le voilà ! le voilà !
Pascal allait-il avoir à se défendre contre ceux qui venaient à son secours ? Il jeta au loin son échalas. Les maraîchers sautèrent sur lui, et deux le saisirent par chacun un bras. Comme il n’opposait pas de résistance, il put bientôt se faire écouter et il expliqua comment il se trouvait dans le jardin. On alla chercher une chandelle, le maître maraîcher le reconnut ; en même temps on examina la blessure qu’il avait reçue, elle était insignifiante, le couteau avait seulement effleuré la peau de l’épaule et coupé le drap du paletot sur toute la longueur du bras.
— Nous allons vous reconduire, dirent les maraîchers.
Et ils lui firent cortège jusqu’à sa porte.
Pascal passa la nuit à réfléchir, pour savoir s’il devait parler de cette agression ou la cacher ; et finalement il décida de ne rien dire ; la façon presque miraculeuse dont il avait échappé, grâce au hasard de la porte ouverte, ne pouvant que donner l’idée de recommencer un autre jour ce qui avait manqué ce soir-là.
Mais le lendemain matin tout le monde dans le quartier parlait de l’attentat de la nuit : les jardiniers s’étaient rencontrés avec les ouvriers de la fabrique à l’heure du vin blanc, et les conversations allaient leur train.
On se rendait en procession à la poterne du maraîcher pour voir l’empreinte rouge des quatre doigts écrasés dans la feuillure.
Lemarrois répéta son mot ordinaire :
— C’est encore un coup monté par Midoucet.
— Quel est donc ce Midoucet ? demanda Pascal, agacé d’entendre toujours le même nom.
— Ce n’est pas facile à dire : où l’on commence à le trouver, c’est en 1848, dans la garde mobile où il est officier ; aux journées de juin, il passe du côté du peuple avec sa compagnie. Tant que l’insurrection tient bon, il tient bon aussi, mais quand l’armée commence a tirer des hauteurs de Belleville sur le faubourg, il comprend qu’il ne sera pas du côté des vainqueurs, et ça lui donne à réfléchir : il commandait une des barricades de la rue de la Roquette : au moment de l’assaut par la ligne ; il parvient à sortir de la barricade et à gagner les rangs de la ligne. Il se présente comme un officier fait prisonnier par les insurgés, et il demande à conduire la troupe à l’assaut de la barricade qu’il a en réalité défendue pendant trois jours. Le colonel le fait placer à côté de lui, la barricade est emportée ; il ne reste que six gardes mobiles debout « Fusillez-moi ces brigands-là ! » dit Midoucet ; et on les fusille. Ce n’était pas bête, n’est-ce pas ? puisque tout le monde étant mort, personne ne restait pour lui dire : « Tu étais avec nous. » Mais sur les six, il y en a un qui est mal fusillé, ce qui est bien étonnant, car dans ces moments-là on vous fusille toujours plutôt trop que pas assez ; enfin c’est comme cela. Celui-là en réchappe, et trois semaines après, quand il est guéri, il voit passer mon Midoucet à la tête d’une compagnie, décoré, chamarré. C’était un homme qui avait du cœur ; il va au conseil de guerre et il le dénonce en se dénonçant lui même. Mon Midoucet est condamné et transporté. Mais la transportation, ça n’est pas fait pour ces gens-là. Il se sauve en Espagne. De l’Espagne il passe en Amérique. Qu’est-ce qu’il y fait ? on ne le sait pas au juste, des journaux, des affaires, mais enfin il n’y fait ni sa fortune ni sa réputation. À l’amnistie il rentre et M. Féline le prend pour commis, puis quand il achète la fabrique du quai de la Râpée, il l’y place comme gérant ; il faut croire qu’il avait reconnu en lui des qualités bonnes pour ce qu’il en voulait faire. Depuis qu’il est là il s’est montré l’homme le plus dur qu’il y ait certainement à Paris, et capable de tout ; oui, de tout, vous en avez la preuve. Ce qui le gêne, il le casse. Vous le gênez, il veut vous supprimer. Heureusement vous avez la chance de votre côté ; tâchez que ça dure, car ce coup-là ne doit pas être le dernier. On dit que le père Féline est bien entêté dans ce qu’il veut, mais Midoucet lui en remontrerait ; avec sa figure sombre il marche toujours, et toujours en dessous par les chemins noirs il vous attrape.
Comme l’avait dit Lamarrois, ce coup-là ne fut pas le dernier. À quelques jours de là, Pascal fut prévenu par son contremaître que ses deux meilleurs ouvriers, ceux sur lesquels reposait la cuisson du noir, quittaient la fabrique pour entrer chez Midoucet.
— Nous avons formé ceux-là, nous en formerons bien d’autres.
— Oui ; mais ceux-là en formeront d’autres aussi chez Midoucet.
— Nous avons nos brevets ; si M. Midoucet nous contrefait, nous le poursuivrons.
Lemarrois n’ajouta rien, mais il s’éloigna en secouant la tête.
La tentative d’incendie et celle d’assassinat avaient profondément troublé Pascal. Il se voyait en face d’ennemis décidés à ne reculer devant rien, et l’expectative d’une pareille lutte l’épouvantait. L’embauchage de ses deux ouvriers le laissa parfaitement calme : l’orage s’éloigne, pensa-t-il ; après les grands coups, les petits ; dans quelques mois tout sera fini.
D’ailleurs qu’avait-il à craindre ! est-ce que la loi n’était pas là pour le défendre ? Moyennant les cent francs qu’il donnait tous les ans au gouvernement, est-ce que celui-ci ne s’engageait pas à le protéger au moyen de ses tribunaux, de ses juges et de ses commissaires de police ? Il n’avait qu’à travailler tranquillement et à s’en remettre aux lois pour le reste.
Depuis l’installation de la fabrique, il avait doublé le nombre de ses fours, doublé le nombre de ses ouvriers, et c’était à peine s’il pouvait servir les commandes qui lui arrivaient. L’affaire était telle que son père l’avait annoncée, plus belle même et plus certaine. Toutes ses lettres à M. Charlard se terminaient par le chiffre des bénéfices, et ses bénéfices augmentaient tous les jours.
L’Exposition de l’industrie, qui venait de s’ouvrir, allait les accroître encore et dans des proportions considérables, car le nouveau noir décolorant avait frappé tous ceux qui s’occupaient de l’industrie des sucres, et des propositions étaient déjà faites pour la cession des brevets Cerrulas en Angleterre, en Prusse ; peut-être avant six mois allaient-ils avoir un million à se partager.
Bien que la supériorité de la nouvelle invention fût universellement reconnue, il y avait encore plusieurs raffineries qui s’en tenaient à l’ancien procédé : de ce nombre était celle de la Grande-Pinte.
— Elle y viendra, se disait Pascal.
Mais comme elle n’y venait pas, il eut la curiosité de chercher à savoir la cause de cette obstination ; alors il apprit que depuis longtemps on y consommait un noir décolorant qui avait la plus grande ressemblance avec le sien et que ce noir était fourni par Midoucet.
En pareille occurrence, le rôle de celui qui est armé d’un brevet est bien simple : il saisit les produits contrefaits et il traduit les contrefacteurs en police correctionnelle Mais Pascal avait horreur des procès et des moyens violents ; au lieu d’aller chez le président du tribunal lui demander une ordonnance pour saisir, il s’en alla tout simplement chez Midoucet. Depuis longtemps il avait envie de connaître celui qu’on accusait d’assassinat et d’incendie.
Il trouva un petit homme noir, à la mine sombre, aux yeux écartés, à barbe rare, dont toute la personne trahissait le mystère et la froideur.
— Ainsi, dit Midoucet d’une voix voilée lorsque Pascal se fut expliqué, vous venez comme cela chez moi m’accuser de contrefaçon ?
— Parfaitement, car la contrefaçon est évidente. J’ai les preuves les plus certaines, et si je vous faisais un procès, vous seriez assurément condamné ; mais je ne veux pas vous faire de procès.
— Alors que voulez-vous ?
— Vous proposer un arrangement : vous cesserez de fabriquer mon produit, et pour celui que vous avez vendu depuis quelques mois, vous me donnerez dix pour cent sur vos bénéfices.
— Rien que cela !
— En ne comptant que la Grande-Pinte, vous m’avez fait perdre plus de 150 000 fr. ; j’obtiendrai bien 200 000 fr. de dommages-intérêts.
— Que je vous paierais en monnaie de faillite si j’étais condamné, ce qui ne vous donnerait pas 10 000 fr.
— Sans procès, sans condamnation, sans faillite, c’est à peu près ces 10 000 fr. que je vous demande.
Évidemment Midoucet s’attendait à une tout autre conversation ; il eut un mouvement de surprise.
— Écoutez, dit-il, votre proposition me prend au dépourvu ; j’y réfléchirai, et dans deux ou trois jours vous aurez ma réponse.
Cette réponse ne mit que deux jours à venir du quai de la Râpée à la rue de Reuilly, et elle fut remise à Pascal par un huissier qui, « parlant à sa personne », lui laissa copie d’une requête ainsi conçue :
À monsieur le président du tribunal de la Seine.
« 1∘ Le sieur Ayme Midoucet, fabricant de noir animal, quai de la Râpée ; 2∘ le sieur Féline, raffineur à la Grande-Pinte ; 3∘ le sieur Leroy, raffineur à la Villette ; 4∘ le sieur Pichelet, fabricant de noir animal, rue Croulebarbe ;
» Les susnommés, agissant tant en leur nom personnel que comme délégués des fabricants de noir animal et des raffineurs de Paris et des départements, ont l’honneur de vous exposer qu’un sieur Cerralas, se qualifiant chimiste, a pris des brevets d’invention pour la fabrication d’un noir décolorant prétendu nouveau, auquel il a donné le nom de noir Cerrulas ; qu’il importe à tous que le public sache que ce noir décolorant, vanté comme une conquête nouvelle de la science et de l’industrie, n’a rien de nouveau, rien de scientifique, rien d’industriel, et qu’il est tout simplement la contrefaçon grossière d’un produit naturel non susceptible d’être breveté ; que, dans ces conditions, les exposants ont qualité pour exercer l’action en nullité qui leur est ouverte par les articles 30 et 34 de la loi de 1844, et qu’en conséquence ils requièrent qu’il vous plaise de les autoriser à faire assigner le sieur Pascal Cerrulas à trois jours, pour voir dire que les brevets qu’il exploite seront nuls et non avenus, et que défense lui sera faite de s’en prévaloir. »
M. Charlard, qui avait donné un caissier à Pascal, avait eu le soin encore de lui donner un homme d’affaires, un ancien agréé normand nommé Hastron, qui, après avoir fait une petite fortune en province, était venu s’établir à Paris pour avoir le plaisir de travailler sur un grand théâtre ; Pascal courut chez lui.
— Mon cher maître, dit celui-ci, vous avez eu la chance d’échapper à l’incendie et à l’assassinat, mais la mèche incendiaire et le couteau étaient moins à craindre que cette simple feuille de papier.
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