Chapitre 20
Abeille ne mourut point comme la jeune fille dont avait parlé la mère de mademoiselle Ursule dans son algarade au jury du Conservatoire, mais elle fut malade.
Pendant trois jours, elle délira, et ce qu’il y avait de particulier dans son délire, c’est qu’elle ne parlait jamais de son concerto qui l’avait tant préoccupée, presque toujours ses gestes et ses paroles étaient les mêmes : elle retirait vivement sa main gauche comme pour l’arracher à une étreinte, et, de la droite, elle semblait repousser quelqu’un :
— Laissez-moi, disait-elle, monsieur, je vous prie ; c’est madame Raphélis qui est ma maîtresse.
Ce qui l’avait plus profondément touchée dans cet écroulement de ses espérances, ce n’avait point été son échec, qui cependant lui était si cruel, mais la tentative et les paroles du pianiste, – la première éclaboussure qu’elle eût reçue des impuretés de la vie.
Laure fut parfaite de soins et de dévouement ; pendant ces nuits de délire, elle ne se coucha point, et elle les passa éveillée au chevet de la jeune fille. La pauvreté et la catastrophe qui était tombée sur elle lui avaient été salutaires ; elles avaient agi comme le couteau du chirurgien qui sauve la vie au prix d’une atroce souffrance. En perdant sa fortune, elle avait perdu aussi son orgueil intérieur, sa morgue, son dédain pour le vulgaire, sa dureté pour tous ; sous les coups du sort si rudement assenés, les défauts qu’elle tenait de son éducation et du monde dans lequel elle avait vécu avaient été violemment arrachés, et il n’était resté en elle que ses qualités natives, adoucies par le malheur ; elle pouvait tout aussi bien être perdue que sauvée, le milieu dans lequel elle trouva un refuge la sauva.
La maladie de sa fille fit sur Cerrulas ce que rien n’avait pu faire jusqu’à ce moment ; pendant trois jours, il n’entra pas dans son laboratoire ; il se promenait dans le jardin, tantôt abattu, tantôt fiévreux, et de temps en temps sur la pointe des pieds il venait se coller le visage contre la fenêtre, et il restait là durant des heures entières à regarder Abeille étendue sur son oreiller. Il ne demanda pas une seule fois comment elle allait ; mais, quand le médecin déclara qu’elle était sauvée, il pleura comme un enfant.
Au moment où elle commençait à se rétablir, il survint un autre bonheur dans leur vie. M. Des Molliens avait fait toutes les expériences désirables avec Pascal, et la conviction sur l’excellence des brevets était, à la fin, entrée dans sa conscience. Il rendit son jugement.
En même temps que la lumière s’était faite pour lui sur les brevets, elle s’était faite aussi sur les manœuvres employées pour les attaquer. Il n’était pas homme à cacher ou à envelopper la vérité lorsqu’il la connaissait, même lorsque cette vérité devait blesser ou flétrir les hommes les plus puissants.
Un des considérants de ce jugement répondait aux éloges que Nicolas avait faits de Féline et de Midoucet ; il était ainsi conçu :
« Attendu que le procès contre les brevets de Cerrulas a été intenté par des hommes mieux placés que personne pour apprécier la réalité et le mérite des inventions que ces brevets devaient protéger, et que dès lors il n’a été qu’une vexation et une manœuvre regrettable. »
Et aussitôt arrivait le jugement qui donnait tort aux contrefacteurs sur tous les points.
Malheureusement, ce jugement était susceptible d’appel, et, si c’était une étape de faite, il y en avait encore d’autres à parcourir, c’est-à-dire de nouveaux délais, de nouveaux frais.
Comment attendre, comment supporter ces frais, alors que la maison ne fonctionnait plus pour ainsi dire et qu’on pouvait calculer, à quelques semaines près, le moment où elle allait s’écrouler ?
Depuis que cet écroulement paraissait imminent, Pascal avait bien des fois pensé à s’adresser à son père : si l’on pouvait utiliser la fabrique ou son outillage à la production d’une autre matière que le noir décolorant, telle qu’un noir animalisé, par exemple, cela permettrait d’attendre. Si faibles que fussent les bénéfices de cette nouvelle industrie, ils vaudraient toujours mieux que rien ; on marcherait tant bien que mal, on garderait les ouvriers, on pourrait les payer, peut-être même trouverait-on des ressources pour entretenir les procès. Ce qui l’avait toujours arrêté, ç’avait été la crainte d’inquiéter son père en lui apprenant la vérité vraie sur leur situation financière.
Mais, lorsque le procès gagné en première instance fut porté en appel, ces scrupules durent céder devant la nécessité.
Un jour donc, il adressa sa demande à son père.
— Eh quoi ! dit Cerrulas, que veux-tu ? que demandes-tu ? je ne comprends pas bien.
— Je voudrais que nous pussions trouver à fabriquer un autre produit que le noir décolorant.
— Le noir décolorant ne te plaît plus ?
— Le noir décolorant est arrêté par les procès ; en attendant la fin de ces procès, je voudrais que vous pussiez m’aider à trouver quelque chose qui utilisât la fabrique.
— Je te vois venir ; ton esprit trotte et s’inquiète déjà ; tu te dis que ces procès dureront peut-être fort longtemps, ce que je crois comme toi, et tu as peur de te trouver dans des affaires embarrassées. À ta place, je raisonnerais comme toi.
— Alors, vous voulez bien que nous cherchions ensemble ; j’ai pensé à un noir animalisé. En ajoutant à des matières terreuses calcinées des phosphates minéraux très divisés, on obtiendrait…
— Laisse donc là ton noir animalisé, interrompit Cerrulas, et ne cherche pas ce que peut-être tu pourrais obtenir. Avant que tu sois arrivé à un résultat, j’aurai trouvé, moi. Crois-tu que je n’aie pas vu tes inquiétudes ? crois-tu que je ne partage pas tes tourments sur la durée de ces maudits procès ? Je ne serais pas resté si tranquille depuis que cet appel est formé, si je n’avais pas eu la certitude de te venir bientôt en aide. Il y a quinze jours, j’avais des doutes ; je croyais tout perdu ; je voyais l’impossibilité m’enserrer de tous les côtés et me réduire à l’impuissance ; je voyais mon travail de dix ans inutile et je me demandais si je n’avais pas été fou en l’entreprenant. Aujourd’hui je suis sûr de réussir. Je tiens une expérience décisive, et demain, dans deux jours, dans trois jours peut-être, tu verras ses résultats. Oui, mon cher Pascal, demain j’aurai trouvé.
— Sur quelle expérience comptez-vous donc ? interrompit Pascal, blasé sur ces accès d’enthousiasme et sur ces fièvres d’espérance.
— Tu verras ; laisse-moi le plaisir de t’en faire la surprise. À demain, mon enfant.
Trois jours après, l’expérience avait échoué, et Cerrulas était retombé de l’enthousiasme dans les angoisses de la déception et du doute.
Il était cruel de profiter d’un pareil moment pour renouveler sa demande ; cependant, Pascal dut s’y résigner, quoi qu’il lui en coûtât ; il n’était plus en son pouvoir de n’écouter que la délicatesse de son cœur ; les duretés de la vie le forçaient à marcher.
— Peut-être as-tu raison, dit Cerrulas, et agis-tu sagement en cherchant autre chose. Je voudrais t’aider, mais je ne le puis. Ma tête s’est fatiguée, mon cher enfant ; je n’ai plus la force et la volonté d’autrefois, alors que, sous la pression d’une idée, je pouvais me lever tous les jours à deux heures du matin et travailler sans fatigue jusqu’à dix heures du soir. Ah ! c’était le bon temps, cela ; la fièvre me soutenait sans me briser. Depuis mon attaque à Condé, un rien me trouble. Je ne peux pas suivre deux idées à la fois. Pour m’occuper de ce que tu demandes, il me faudrait négliger la chaleur solaire ; cela serait au-dessus de mes forces. Ce travail est maintenant pour moi une monomanie, s’il n’est pas une folie.
— Enfin, dit Pascal, m’engagez-vous à chercher dans la voie que je vous ai indiquée ?
— Je n’ose, car, si tu trouves quelque chose qui en vaille la peine, tu vas encore retomber sous la main des contrefacteurs, et, si tu ne trouves que peu de chose, ce n’est pas la peine. Non, ne cherche pas ce noir, mais cherche plutôt à tirer parti d’une découverte que j’ai faite il y a trois ans. En faisant réagir l’acide nitrique sur une matière organique, j’ai obtenu une poudre détonnante, jouissant de deux propriétés contradictoires : on peut la faire fuser ou bien la faire éclater, c’est-à-dire qu’on peut la brûler avec plus ou moins de rapidité, selon l’usage auquel on l’emploie ou le résultat qu’on veut obtenir. Tu vois tout de suite, n’est-ce pas ? les qualités extraordinaires de cette poudre. Mais la fabrication de la poudre en France est une affaire d’État ; je soumis mon invention au ministère de la guerre, et elle fut renvoyée à l’examen d’un comité. Ces comités sont généralement peu favorables aux inventions brevetées qui n’émanent pas d’un de leurs membres. On commença donc à me promener et il s’engagea une correspondance qui ne tarda pas à me fatiguer, encore plus par les ignorances et les impertinences qui s’y lisaient à chaque page que par l’ennui d’y répondre et de répéter chaque jour ce que j’avais dit la veille. Je n’avais pas de temps à perdre, j’avais pu m’occuper incidemment de l’invention d’une nouvelle poudre, mais cela ne méritait pas la peine de m’arrêter, j’avais mieux à faire, je revins à la chaleur solaire, et ne répondis plus aux convocations ou aux communications du comité. Mais, par cela seul que ce comité existait, les expériences continuèrent ; il n’avait pas voulu tout d’abord s’occuper de mon invention, une fois qu’elle fut entrée dans l’ordre de ses travaux, il ne voulut plus l’abandonner. Ce qu’on a fait depuis trois ans, bien entendu, je n’en sais rien, mais on doit être arrivé à quelque chose : ma poudre était excellente, j’en suis certain. Vois donc cela, et si, comme je l’espère, il y a un résultat, tâche de tirer parti de l’invention ; tu pourrais l’abandonner contre une indemnité payée comptant, et cette indemnité, ne fût-elle que de 50, que de 30 000 francs, te permettrait de continuer tes procès : la fortune est dans le noir décolorant, ne te laisse pas distraire de cette idée pour courir après une autre.
Le mercredi suivant, Pascal se présenta à la section des renseignements : les indications de son père manquaient de précision, mais, là, on pourrait sans doute lui montrer le chemin à suivre pour retrouver cette invention perdue.
Il était arrivé à l’heure précise à laquelle s’ouvrent les portes pour le public, si bien que, dans le bureau où on l’envoya, les deux employés qui l’occupaient n’avaient pas fini leur déjeuner ; ils en étaient au café, qui était en train de se faire à l’esprit-de-vin au milieu de la table. À la clarté et à la propreté du fer-blanc on reconnaissait que la cafetière était neuve et qu’elle servait pour la première fois.
— Messieurs…, dit Pascal.
— Tout à l’heure, répondit un des employés.
Pascal s’assit sur une banquette en cuir aussi grasse et aussi encroûtée que la visière de la casquette d’un cordonnier en vieux, et il attendit.
Il eût fallu avoir un caractère plus impatient et plus irritable que le sien pour déranger ces messieurs, qui paraissaient suivre avec l’intention fiévreuse d’un inventeur le fonctionnement de leur nouvelle machine.
— De sorte, dit l’un, que ça ne coûte que cinq francs ?
— Et ça ne brûle qu’un centime d’esprit-de-vin par tasse.
L’eau commençait à bouillir.
— Vous allez voir ; attention, c’est l’instant curieux.
Pascal, qui pensait à son affaire, laissa passer cet instant sans voir ce qu’il y avait de si intéressant dans cette nouvelle cafetière.
Les tasses étaient disposées ; celui qui paraissait être le propriétaire de la cafetière versa le café.
— Messieurs…, dit Pascal, qui crut le moment convenable pour adresser sa question.
— Tout à l’heure.
L’impatience commençait à le prendre, il se leva et se tourna contre la muraille pour étudier une carte de l’Algérie, mais cependant sans cesser d’entendre la conversation des employés. Cette conversation lui fit comprendre combien sa question était arrivée mal à propos.
— Hein ! quel arôme !
— Attendez que je le respire.
— C’est parfait.
Pascal, décidé à ne plus parler, attendit qu’ils voulussent bien lui adresser la parole.
Enfin, les tasses rangées et la cafetière remise en place, on pensa qu’il était là depuis plus d’une demi-heure.
— Que demandez-vous ?
— Je voudrais savoir ce qui a été décidé au sujet de l’invention d’une nouvelle poudre de guerre présentée depuis trois ans.
— Monsieur, depuis trois ans, on a présenté plus d’une centaine de nouvelles poudres ; il faudrait nous donner des renseignements précis.
Pascal donna tous ces renseignements.
— Eh bien, après ?
— C’est justement ce que je dis, qu’est-elle devenue ?
— Et moi, c’est justement ce que je vous demande.
— Si je le savais, je n’aurais pas besoin de vous.
— Et moi ?
— Alors, il faut donc que je sache moi-même ce que vous avez à me répondre ?
— Parfaitement ! c’est toujours comme ça que les choses se passent. Enfin, pour le cas présent, je ne peux rien vous dire, voyez au deuxième bureau, n∘ 43, au fond du corridor.
Au n∘ 43 du deuxième bureau, on lui fit une réponse du même genre.
— Peux pas vous dire… Voyez à Saint-Thomas d’Aquin.
À Saint-Thomas d’Aquin, on le renvoya rue de l’Université ; rue de l’Université, on l’engagea à passer rue Saint-Dominique ; rue Saint-Dominique, on lui fit entendre qu’il ferait peut-être bien de voir place de l’Arsenal ; place de l’Arsenal, on l’assura qu’il trouverait une réponse à Vincennes ; à Vincennes, on le reçut comme un chien dans un jeu de boules, en lui disant qu’il aurait dû s’épargner ce voyage et le remplacer par celui de Meudon ; à Meudon, on haussa les épaules et on le renvoya au ministère.
— J’y ai déjà été.
— Retournez-y.
— On me répondra la même chose.
— Probablement.
— Alors, c’est un manège, je tournerai perpétuellement sans avancer jamais.
Au ministère, il retrouva ses deux mêmes employés ; la cafetière fonctionnait encore.
— Messieurs…
— Tout à l’heure.
— Ne vous dérangez pas, je voulais vous demander seulement si votre café était toujours bon.
— Tiens, c’est vous qui vouliez savoir, il y a quelques semaines, ce que vous ne saviez pas ; l’avez-vous su ?
— Pas du tout.
Les deux employés partirent d’un éclat de rire à l’unisson.
— Alors, continua Pascal, j’ai pensé que, si vous ne pouviez pas me répondre, vous voudriez peut-être m’indiquer un autre chemin.
— Volontiers ; seulement, à votre place, vous savez, ce n’est pas pour vous décourager…
— Vous resteriez chez vous ?
— Juste.
— Dites toujours, je vous prie.
— Alors, bon courage ; adressez-vous au troisième bureau, le capitaine Clout.
Le capitaine Clout était né de mauvaise humeur, et l’ennui d’avoir affaire au public – il fallait l’entendre et le voir prononcer ce mot – n’avait pas adouci son caractère ; au fond un excellent homme, dans la forme un hérisson.
— Est-ce que votre père, qui a inventé cette poudre, était militaire ? dit-il en foudroyant Pascal de son regard. Cerrulas…. Cerrulas, je ne connais pas ce nom-là.
— Non, monsieur, il est chimiste.
— Eh bien, alors ?
Cela fut dit avec un tel accent de mépris, que Pascal eut un mouvement d’impatience.
— Il me semble que ce n’est pas un militaire qui a inventé la poudre.
— Comment cela ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? Est-ce une personnalité ?
— Mais, monsieur…
— Si ce n’est pas à moi que cela s’adresse, est-ce à l’esprit militaire ? Dans ce cas, c’est la même chose.
À la fin, le capitaine voulut bien s’adoucir et répondre même avec bonhomie ; mais il ne savait rien, et sa conclusion fut celle que Pascal avait entendue tant de fois.
— Je ne peux pas vous dire.
Alors, il lui vint à l’idée de s’adresser au ministre lui-même : puisqu’il ne pouvait trouver personne pour lui répondre, le ministre consentirait peut-être à faire faire les recherches nécessaires..
Il demanda donc une audience, et, quelques jours après, un hussard monté sur un cheval arabe galopa à travers les rues de Paris pour lui apprendre que le ministre le recevrait à dix heures du matin.
En arrivant à neuf heures et demie, il trouva le grand salon d’attente déjà rempli ; il y avait là une vingtaine de personnes qui avaient eu la même finesse que lui.
Il y avait cela de particulier dans l’attitude de ces personnes qu’elles paraissaient toutes sous l’influence d’une fièvre nerveuse. Les unes changeaient de place à chaque instant et marchaient avec un tremblement ; d’autres se jetaient résolument dans leur fauteuil et empoignaient les deux bras comme pour se mettre dans l’impossibilité de bouger. Il y en avait qui, pour occuper leur impatience, tiraient brin à brin le crin qui rembourrait leur siège. En face de lui, Pascal avait un vieux monsieur qui, accoudé sur une table, se mettait machinalement et régulièrement un pain à cacheter sur la langue, et l’avalait sans avoir conscience de ce qu’il faisait.
À onze heures l’audience commença, et, à la façon dont on expédia ceux qui étaient avant lui, Pascal espéra que son tour arriverait bientôt ; mais, à onze heures et demie, Son Excellence alla déjeuner. Quand elle revint, elle fut prise par un ambassadeur. À une heure, l’huissier annonça que Son Excellence, étant attendue au Corps législatif, ne pouvait plus recevoir.
Pascal revint trois fois sans pouvoir être introduit ; alors il se dit que le ministre le renverrait sans doute à un directeur, le directeur à un chef, le chef à un sous-chef, et il voulut essayer encore une fois d’obtenir lui-même ses renseignements.
Il retourna à son premier bureau.
— Tiens ! c’est encore vous, dit l’employé à la cafetière.
Pascal lui expliqua sa situation. Une sorte de sympathie s’était établie entre eux. L’employé l’écouta jusqu’au bout et promit de faire lui-même les recherches.
Au bout de huit jours, Pascal vint demander la réponse.
— Nulle part je n’ai trouvé le nom de Cerrulas, et le seul nom qui lui ressemble est celui d’un certain Cerruzier, qui a inventé un bouton de guêtre se posant sans fil et sans couture. Vous comprenez qu’à la copie on peut avoir mal lu et changé l en z, et as en ier ; j’en ai vu de plus fortes que cela.
— Oui, mais comment la poudre peut-elle être devenue bouton de guêtre ?
— Tout simplement en se trompant d’une ligne ou de deux ; je fais chercher le dossier de Cerruzier ; tout ce que j’en sais aujourd’hui, c’est que, quand on a eu besoin de lui pour une modification à son invention, on ne l’a plus trouvé ; il s’était pendu : il faut croire qu’il était fatigué d’attendre une réponse. Voulez-vous revenir dans huit jours ? j’aurai peut-être quelque chose de plus précis.
Pascal ne revint point ; il avait perdu six semaines dans cette recherche, et les difficultés du moment présent ne lui laissaient pas le temps d’attendre ; il fallait prendre ces difficultés corps à corps et lutter sans espérer de secours étrangers.
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