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Chapitre 22

Le procès en contrefaçon marchait avec une déplorable lenteur, et il était évident, d’après tous les incidents soulevés à chaque audience, qu’on voulait gagner du temps.
D’un autre côté, les poursuites dirigées contre Pascal pour défaut de paiement de quelques billets avaient été menées avec une rigueur extraordinaire ; et par là il était évident aussi qu’on avait hâte de le réduire avant que le gain de son procès pût venir à son secours.

C’est ce que Hastron, avec son flair de procédurier normand, avait parfaitement démêlé.

— Féline et Midoucet, avait-il dit, ont le plus grand intérêt à vous mettre en faillite, et c’est de leurs mains que partent les coups qui vous frappent. Une fois que vous serez en faillite, vous n’aurez plus la direction de vos affaires, c’est un syndic qui vous remplacera, et avec ce syndic ils feront peut-être tout ce qu’ils voudront ; on vendra les brevets pour rien, on les annihilera, on les entachera de quelque cause de déchéance ; il ne faut pas que vous soyez mis en faillite.

— Il ne faut pas, cela est facile à dire… mais à faire ?

— La loi est égale pour tous ou à peu près, c’est-à-dire que, quand elle est mauvaise pour les uns, elle est mauvaise pour les autres. Elle offre à nos adversaires des moyens pour retarder la solution de votre procès, elle nous en offre aussi pour retarder le moment de la faillite, s’il doit arriver. Aidez-moi, et je vous garantis qu’avant quatre mois le jugement de déclaration de faillite ne sera pas prononcé ; bien entendu, il y aura une quantité d’autres jugements, mais pas celui-là. Bien entendu aussi, cela vous coûtera cher.

— Mais encore ?

— N’allez-vous pas marchander ? Quand je dis que cela coûtera cher, il ne faut rien exagérer ; comptez à peu près sur 400 francs de frais par 1000 francs, et vous ne serez pas loin de la vérité.

— C’est épouvantable !

— Quand votre navire menace de sombrer, il est cruel aussi, n’est-ce pas, de jeter la moitié de la cargaison à la mer ? Eh bien, vous sombrez : si vous voulez vous sauver, écoutez les conseils du pilote.

Habiles et utiles au point de vue des affaires, ces conseils avaient quelque chose de répugnant pour l’esprit simple et honnête de Pascal, qui n’avait pas encore eu le temps de s’habituer à confondre le juste et le légal. Cependant il se résigna à les suivre, comme il s’était déjà résigné à visiter le président Des Molliens avant de le connaître, et comme il s’était résigné aussi à parler de sa position gênée à son père ; car, par une sorte de fatalité, depuis longtemps il ne faisait plus que cela précisément qu’il s’était interdit de faire.

Parmi les nombreux procès qu’il poursuivait en province, il en avait un engagé devant la Cour d’Amiens qui semblait devoir se terminer prochainement ; les avocats avaient plaidé ; il n’y avait plus à attendre que les conclusions du procureur général et l’arrêt, et cet arrêt, s’il lui donnait gain de cause, mettait entre ses mains une vingtaine de mille francs. Avec 20 000 francs, il désintéressait ses créanciers et se faisait facilement pardonner le retard qu’il avait apporté et les moyens qu’il avait employés pour ne pas les payer.

Pascal, s’en étant remis ainsi à Hastron du soin de ses affaires, éprouva une sorte de tranquillité : il n’eut plus la fièvre des échéances et des délais ; chaque soir, on portait chez Hastron le papier timbré qui était venu dans la journée, assignations, significations, protêts, dénonciations, etc., et celui-ci seul s’occupait des mesures à prendre.

C’était un homme d’affaires fin et retors que Hastron, mais qui, pour le malheur de Pascal, avait apporté de sa province des habitudes procédurières qui, n’étant pas en usage à Paris, blessaient les habitudes reçues.

Ainsi, lors du premier jugement par défaut obtenu contre Pascal, car on se laissait condamner par défaut afin de bénéficier des délais d’opposition, Hastron s’en alla d’un air bonhomme trouver l’huissier qui avait poursuivi.

— Vous savez, dit-il, ce n’est pas la peine de signifier le jugement, nous y acquiesçons ; je ferai signer l’acquiescement par mon client.

Entre gens d’affaires, ce sont là des engagements qu’on tient généralement : l’huissier s’endormit donc sur ses deux oreilles. Mais à la longue, ne voyant pas l’acquiescement venir, il alla trouver Hastron. Celui-ci fit répondre qu’il était absent. Quand on lui écrivit, il dit que son absence se prolongerait encore de quelques jours, mais qu’aussitôt son retour il s’empresserait de faire signer la pièce nécessaire. Les jours s’écoulèrent ; l’huissier revint à la charge ; Hastron l’envoya chez Pascal, qui, ne sachant pas de quoi il était question, le renvoya chez Hastron. Celui-ci, désolé, prit une voiture devant l’huissier pour se faire immédiatement conduire rue de Reuilly, en promettant d’apporter l’acquiescement avant une heure.

Mais naturellement, au lieu d’aller rue de Reuilly, il alla se promener sur les boulevards et l’huissier ne vit personne. Une dernière fois l’huissier revint furieux, Hastron le reçut en riant :

— Voilà comment dans notre pays on gagne du temps.

Les huissiers n’aiment pas qu’on se moque d’eux ; celui que Hastron avait fait promener appartenait à une variété rageuse et vindicative ; il avait fait payer cher le tour qu’on lui avait joué et dans lequel l’avait doucement amené la fausse bonhomie de l’avoué normand. Les semaines s’écoulèrent ainsi, mais enfin arrivèrent les assignations en déclaration de faillite.

— Nous sommes loin des quatre mois que vous m’aviez promis ? s’écria Pascal lorsque Hastron le réveilla.

— Aussi le jugement ne sera-t-il pas rendu dans quelques jours, comme on nous en menace ; seulement, maintenant il faut que vous me veniez en aide ; il y a des démarches à entreprendre qui ne peuvent être faites que par vous.

La première de ces démarches consistait dans une visite au président du tribunal de commerce : Pascal avait depuis longtemps bu la honte de ces visites de sollicitation : il alla chez le président comme il était allé chez M. Des Molliens et comme il allait partout maintenant où on l’envoyait, ému mais résolu.

C’était un homme intelligent que ce président et qui connaissait le commerce parisien : il était au courant des procès intentés contre les brevets Cerrulas et savait à quoi s’en tenir sur les manœuvres de Féline et de son associé Midoucet.

Il écouta Pascal avec bienveillance, et celui-ci, se sentant devant une conscience honnête et sympathique, expliqua bien son affaire ; en parlant de son père et de ses luttes, il eut des élans d’éloquence passionnée qui remuèrent le cœur du commerçant.

— Cette faillite qu’on demande aujourd’hui avec tant d’acharnement, dit-il, n’a pour but que de s’emparer de nos brevets. Mon actif est supérieur à mon passif ; demain, peut-être dans quelques jours, je toucherai une vingtaine de mille francs, c’est-à-dire deux fois le double de la somme qu’on me réclame.

— Sur quoi s’appuie cette créance de 20 000 francs ? dit le président, qui n’avait pas l’habitude de croire les plaideurs sur parole.

Pascal avait apporté les principales pièces de son procès d’Amiens, et aussi les livres de sa maison ; le président les examina.

— Mon cher monsieur, dit-il en congédiant Pascal, je vous donne quinze jours ; après ces quinze jours, mon assesseur vous en donnera huit autres, puis, après ces huit-là, huit autres encore. Cela vous met un mois devant vous ; tâchez d’en profiter. Je voudrais faire plus pour vous, car votre position intéresse la conscience et la justice, mais cela est déjà beaucoup.

Pendant ce mois, Pascal fit tout ce qui était humainement possible pour empêcher la faillite, mais il était à bout de ressources et dans l’impossibilité absolue de trouver les 5000 francs pour lesquels on le poursuivait ; or, ces 5000 francs seuls pouvaient arrêter ces poursuites, qui, faites sous le nom d’un tiers, étaient en réalité dirigées par Midoucet, qui avait acheté cette créance, comme il achetait toutes celles qu’il trouvait sur la maison Cerrulas.

Le jeudi de la quatrième semaine promise par le président, Pascal fut prévenu que le jugement serait rendu le lundi suivant.

Précisément la Cour d’Amiens devait prononcer son arrêt le vendredi ; il restait encore une espérance à Pascal qui partit pour Amiens ; mais de nouveaux incidents avaient été soulevés par ses adversaires, et, au lieu d’un arrêt définitif, il y eut une simple nomination d’experts, c’est-à-dire que la solution était retardée de trois mois, de six mois, d’un an peut-être.

Pascal s’en revint à Paris accablé ; la lutte n’était plus possible, il fallait succomber.

Il rentra chez lui lorsque minuit sonnait, et, contrairement à ce qui se passait d’ordinaire, il trouva Scouflers dans le bureau.

— Grande nouvelle ! s’écria le caissier en l’apercevant.

— La faillite est prononcée ?

— Ah ! monsieur, est-ce que j’aurais cette figure ?

— Ce n’est donc pas une mauvaise nouvelle ? dit Pascal avec l’accent désolé d’un homme qui depuis longtemps n’a plus d’espérance et qui croit toujours que demain ressemblera à aujourd’hui, comme aujourd’hui a ressemblé à hier.

— Notre marchand de charbon nous annonce l’envoi de sa fourniture habituelle.

— Verboeck ?

— Verboeck. Vous êtes sauvé ; vous trouverez là-dessus plus que les 5000 francs qu’il nous faut.

— Je n’avais pas osé lui faire ma commande.

— Comme l’époque ordinaire était arrivée, il a expédié sans ordre. La main de la Providence est là-dedans, monsieur ; vous aurez des traverses, des souffrances, mais vous ne périrez pas.

On sait que, sur le dépôt d’une marchandise ou d’un produit, un commerçant trouve à emprunter proportionnellement à la valeur de ces marchandises ou de ces produits ; c’est ce qu’on appelle la consignation : mais dans la pratique des choses la consignation effective n’est pas nécessaire, et les opérations de vente ou de prêt se font au moyen de simples écritures.

— Aussitôt levé demain matin, dit Pascal à Scouflers, vous irez chercher ces 5000 francs et vous les porterez chez Hastron. La paie est-elle assurée ?

— Oui, monsieur.

— Ainsi nous voilà encore une fois sauvés. Ah ! Scouflers, je dormirai mieux que je ne l’avais espéré.

Le lendemain, au moment où Scouflers allait sortir, il vit entrer dans son bureau un gros bonhomme extrêmement blond.

— Tiens ! M. Verboeck.

— Lui-même ; est-ce que M. Cerrulas est ici ?

— Il va venir.

Le négociant belge prit une chaise et s’assit sans rien dire ; habituellement il était très expansif et racontait longuement ses affaires et celles de ses clients ; ce mutisme et sa figure sombre frappèrent Scouflers, qui, sans trop savoir pourquoi, n’augura rien de bon de cette visite matinale.

Pascal arriva bientôt, et, en apercevant le marchand de charbon, lui aussi eut un mauvais pressentiment.

— D’après votre lettre d’hier, je ne m’attendais pas à vous voir ce matin, dit-il en lui tendant la main ; mais j’en suis bien aise, puisque cela me donne l’occasion de vous remercier ; vous avez pensé à nous.

— Oui, en ne recevant pas vos ordres comme à l’ordinaire, j’ai cru qu’il y avait erreur, et j’ai expédié tout de même.

— Vous avez très bien fait.

— Ah ! j’ai bien fait ?

— Assurément.

— Alors, cela ne vous dérange pas ?

— Cela m’arrange à merveille, au contraire.

— Ce n’est pas cela que je veux dire ; cela vous arrange bien pour votre fabrication, je le comprends ; mais autrement ?…

— Comment, autrement ?

Le marchand de charbon tournait et retournait son chapeau avec un embarras qui n’était que trop visible ; il le posa brusquement à ses pieds, et, regardant Pascal en face :

— Monsieur Cerrulas, dit-il avec résolution, j’ai à vous parler, et je n’ai pas fait soixante-dix lieues cette nuit pour m’en retourner comme je suis venu. Je vous crois un honnête homme, ce qui s’appelle un parfait honnête homme ; dans toutes les affaires qui ont eu lieu entre nous, vous avez toujours été juste ; quelquefois le paiement a été dur, mais dans le commerce on ne fait pas ce qu’on veut, surtout quand on a des procès ; et il paraît que vous en avez de toutes les sortes. Eh bien, c’est relativement à ces procès que je veux vous parler.

— Je vous écoute, dit Pascal en pâlissant.

— Il y a trois jours que je vous ai fait votre expédition de charbon : les choses sont régulières, et le charbon est bien à vous maintenant ; mais je viens vous demander que vous ne teniez pas l’affaire à rigueur.

— Et comment cela ?

— Hier, j’étais au café avec Lammens, un de mes amis qui fournit un de vos concurrents, M. Midoucet, et en causant je lui raconte que je vous ai expédié vos charbons. Il me demande alors comment j’ai le toupet de faire des affaires avec vous, et il me dit qu’avant quinze jours vous serez en faillite. Je lui ris au nez ; il me répond qu’il tient ce qu’il me dit de M. Midoucet et que celui-ci doit bien le savoir. Là-dessus, je n’en écoute pas davantage ; je cours à la maison, je m’habille, je prends le chemin de fer et je tombe chez vous pour vous demander : « Est-ce vrai ?… »

Pascal baissa la tête sans répondre.

— Vous ne répondez rien. Écoutez, monsieur Cerrulas, je ne suis pas un gros commerçant, j’ai soixante ans et je n’ai pas fait fortune, il s’en faut de tout ; j’ai une fille de dix-huit ans qui dans trois mois doit se marier, se marier avec un homme qu’elle aime et qui l’aime ; il faut que je lui donne une dot de 10 000 francs, ou les parents du jeune homme empêcheront le mariage. 10 000 francs, à Paris, ce n’est pas grand-chose ; chez nous, il en est autrement, pour moi surtout. Eh bien, ces 10 000 francs, c’est précisément ce que vous me devez pour vos charbons. Si, comme on le dit, vous allez vous mettre en faillite, voulez-vous me les faire perdre ? Ce n’est pas un commerçant qui vous parle en ce moment, car dans le commerce le cœur n’a rien à voir, mais c’est un père qui vous prie pour sa fille ; son bonheur, sa vie peut-être, sont dans vos mains.

Pascal resta longtemps les yeux baissés sur le parquet, sans parler, sans bouger, agité seulement par un tremblement.

Tout à coup il releva la tête ; elle était pâle de la pâleur d’un mort.

— Je n’empêcherai pas par ma faute le mariage de votre fille, dit-il.

— Monsieur Pascal ! s’écria Scouflers.

Mais, sans répondre, il se dirigea vers la porte

— Arrangez l’affaire avec M. Verboeck, dit-il.

Et il sortit ; vers cinq heures du soir seulement, il rentra dans le bureau, tout aussi pâle que le matin.

— C’est fini ! dit-il en se laissant tomber sur une chaise ; j’ai frappé à toutes les portes, toutes sont restées fermées.

Mais, après quelques minutes d’accablement, il se remit.

— Vous avez l’argent de la paie, n’est-ce pas ? dit-il à Scouflers.

— J’ai 200 francs en trop.

— En trop pour les ouvriers, mais non en trop pour vous ; votre mois sera échu demain ; je vais le payer ce soir.

— Mais, monsieur…

— Mon bon Scouflers, la faillite sera déclarée lundi ; je ne veux pas que vous ayez affaire au syndic. Je suis bien fâché de vous laisser sans place, mais vous savez que ce n’est pas ma faute.

— Que comptez-vous donc faire ?

— Fermer la fabrique ce soir même ; voilà pourquoi je n’ai plus besoin de vous : M. Charlard ne vous a pas porté bonheur en vous envoyant ici.

— Monsieur Pascal, dit Scouflers en ôtant sa toque et ses lunettes, voulez-vous me permettre de vous adresser une question ? Oui, n’est-ce pas ? Me croyez-vous un homme d’argent ?

— Je vous crois un digne et brave homme.

— Eh bien, monsieur, j’ai été heureux ici parce que j’étais avec un honnête homme.

— Les livres sont en ordre ? dit Pascal, qui ne voulait pas se laisser aller à ses sentiments.

— Oui, monsieur, et j’ose dire qu’ils vous feront honneur ; il n’y a ni une erreur, ni une surcharge, ni un grattage… ni un grattage !

L’heure de la paie arriva, et les ouvriers se présentèrent comme à l’ordinaire à la caisse : Pascal appelait la somme due à chacun et Scouflers payait.

Au moment où ceux qui avaient été payés les premiers allaient sortir :

— Que tout le monde veuille bien attendre un moment, dit-il, j’ai une communication à vous faire.

On attendit dans la cour en causant, et, la paie finie, Pascal s’avança au milieu des groupes.

— La communication que j’ai à vous faire, dit-il, est triste pour moi, et pour beaucoup d’entre vous elle est malheureuse. Je ferme la fabrique ce soir ; on ne travaillera plus. J’aurais voulu vous prévenir à l’avance ; mais jusqu’à ce matin j’avais l’espérance de pouvoir marcher encore.

Sa voix était tremblante ; il rentra dans le bureau pour cacher son émotion.

Cependant, les ouvriers ne quittèrent point la cour ; chacun causait avec animation ; au bout de cinq minutes, Lemarrois entra dans le bureau avec deux ouvriers.

— Patron, dit-il, je suis chargé de la part de tout le monde de vous faire savoir que, si la paie d’aujourd’hui pouvait vous servir à quelque chose, on serait content de vous la rendre.

— On attendrait, dit l’un des ouvriers.

— Et sans se plaindre, dit l’autre. Pascal s’avança sur la porte du bureau.

— Je vous remercie, dit-il, et de tout mon cœur, mais votre paie ne peut pas me sauver ; je…

Les paroles s’étranglèrent dans sa gorge.

— Il faudra pourtant régler le compte à Midoucet, dit Lemarrois.

— Pour ça, j’en suis, dit un grand charbonnier taillé en Hercule.

Tout le monde sortit, et Pascal, ayant fermé la porte sur les talons du dernier ouvrier, resta seul dans la cour.

Machinalement il entra dans les ateliers ; tout à l’heure pleins de bruit et de vie, ils étaient silencieux et morts ; les fourneaux étaient éteints, et, s’il étaient chauds encore, ils allaient bien vite, comme un cadavre, perdre cette chaleur.

Brisé, anéanti, Pascal se laissa tomber sur un banc, et longtemps, bien longtemps il resta là perdu dans sa cruelle méditation ; la nuit était venue sombre et froide, mais moins froide et moins sombre cependant que celle qui enveloppait lourdement son cœur.

Perdu ! c’était fini, bien fini. Et cependant il eût pu se sauver.

Cette jeune fille, qui allait se marier, saurait-elle jamais ce qu’il avait fait pour elle ?

Elle allait se marier, elle allait être heureuse, et lui maintenant pourrait-il jamais demander à Laure d’être sa femme ?

La femme d’un failli !

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