XXXVIII.
STANCES TRADUITES DU TURC.
1. La chaîne que je donnai était belle à voir; le luth que j'y ajoutai, riche en douce mélodie: le coeur qui offrit ces deux gages d'amour était sincère, et méritait mal la destinée qu'il rencontra.
2. Ces dons avaient reçu d'un charme secret la vertu de révéler ta fidélité durant l'absence: ils ont fait leur devoir; hélas! ils n'ont pu t'apprendre le tien.
3. Cette chaîne fut inébranlable dans chacun de ses anneaux, tant qu'elle ne dut pas subir le contact d'une main étrangère; ce luth fut doux,--tant que tu ne pensas pas qu'il pût, sous les doigts d'un autre, rendre les mêmes sons.
4. Que celui qui vit se rompre en sa main la chaîne qu'il ôtait de ton cou, qui vit ce luth lui refuser les plus faibles accords, essaie désormais de remonter l'instrument et de rattacher le collier.
5. Quand tu changeas, le collier et le luth changèrent aussi; l'un se brisa, l'autre devint muet: c'est fini,--je leur dis adieu, ainsi qu'à toi:--adieu, coeur perfide, chaîne fragile, luth silencieux!