‹ ŒuvresChapitre 2 sur 35 · STANCES

STANCES

À M. le premier Président Dorm… le premier jour de l’an 1789.

À cinquante ans je puis tout dire
Et sans manquer à mon devoir :
Pour qui souhaite de vous voir,
Oh ! qu’il est ennuyeux d’écrire !
L’amour cache ce qu’il désire
L’amitié peut tout révéler :
Et lorsqu’on brûle de parler,
Oh ! qu’il est ennuyeux d’écrire !

Maintenant je pourrois sourire
Si vous m’étrenniez d’un baiser :
Et quand on songe à s’embrasser
Oh ! qu’il est ennuyeux d’écrire !
Mais tant que vos yeux pourront lire
Et ma main former quelques traits,
Je sentirai, non sans regrets,
Qu’il est encor bien doux d’écrire.

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