Volume 3 · 00
L’AUTEUR s’engage à dire la vérité, rien que la vérité, et toute la vérité possible en trois cents pages.
Personne n’est tenu de le croire sur parole. Mais chacun devra bien se rendre au témoignage des faits.
Àcette fin, on en citera un grand nombre, avec références à l’appui. Les sources seront exclusivement soviétiques, comme échappant à toute suspicion de parti pris contre le régime issu de la grande Révolution russe.
De tels faits, pour être valables, doivent à notre avis être prélevés sur l’ensemble pour leur intérêt caractéristique, à l’exclusion des incidents ou événements occasionnels, épisodes passagers ou exceptionnels, accidents fortuits.
Ils peuvent avoir de deux façons leur portée générale : soit comme aspect de la vie quotidienne d’une masse nombreuse si le fait est fréquent, soit comme expression particulièrement frappante d’une situation, d’une ambiance, si le fait est rare mais inconcevable hors d’un certain milieu propice.
Pour les noter avec discernement, il importe d’avoir vécu suffisamment en terre des Soviets non comme persona grata — et ceci est loin d’être inutile — mais sur le pied du commun des mortels, de savoir reconnaître les réalités sous le voile rouge des apparences, d’étudier longuement la Russie ancienne et nouvelle, ses réactions et ses révolutions, d’aimer le peuple russe et de prendre place d’emblée dans son mouvement d’émancipation.
Ces conditions, à tout le moins, se sont trouvées remplies par l’auteur.