‹ Vie privée et publique des animauxChapitre 55 sur 73 · VI - VII

VI - VII

Et une voix à laquelle il fallait obéir ayant dit à mon âme de quitter cette terre, où sa mission était accomplie, pour retourner au ciel, la patrie des âmes, je sentis en moi un désir si doux d'aller où la voix me disait d'aller, que je m'élevai aussitôt dans les airs, comme si j'eusse été ravie sur les ailes invisibles de ce pur désir.

Et en cet instant aussi j'oubliai que j'avais eu un corps, et ce fut pour moi comme si je n'avais jamais été qu'un pur esprit.

Et je montais immobile, dans l'air immobile comme moi-même, sans le secours d'aucun mouvement, et par cela seulement que j'étais une âme immortelle, faite pour monter de la terre au ciel. J'obéissais ainsi à ma nouvelle condition, à peu près comme on aime sur terre et comme on pense, sans s'expliquer comment on aime ni comment on pense.

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