Chapitre 7 Confiserie, confiseur, confiseuse, confiture
Il y a, paraît-il, des gens qui n’éprouvent aucune émotion intérieure à la vue de ces petits biscuits que je vois là, à l’aspect du confiseur, des… confitures, d’une confiseuse ; toutes choses dont ne me sépare, à l’heure qu’il est, que l’épaisseur d’une vitre. Il y a des gens, en chair et en os, gens qui parlent, qui marchent, ont des yeux, une bouche, un palais, et qui, avec un sang froid imperturbable, sans que le feu leur monte à la tête, sans que l’eau leur vienne à la bouche, peuvent contempler, d’un œil sec, avec un palais encore plus sec, ces bons petits pâtés, ces excellentes sucreries, ces délicieuses crèmes à la glace, et… la confiseuse ! !
Dans ce cornet qui est là suspendu dans la vitrine, sur lequel des mains délicates ont tracé de jolis dessins, et que le langage recherché de nos salons a décoré du nom de bonbonnière, c’est peut-être un effet d’imagination – mais il me semble que je flaire l’odeur pénétrante des… mottos.
Hélas ! combien d’années se sont écoulées avant que j’aie pu, collégien naïf, deviner le secret de ce parfum des mottos quand vous entrez chez un confiseur de renom.
Entrons. Mademoiselle avez-vous des mottos ?
— Certainement.
En présence des mottos.