‹ Voyage sentimental sur la rue Saint-JeanChapitre 25 sur 33 · Chapitre 14 Un médecin

Chapitre 14 Un médecin

Un médecin confrère me dit :
Mon cher, tu ne feras jamais rien de bon avec ta profession.
Et pourquoi pas ?
Parce que tu n’as pas d’associé.

Toi non plus.

Mais oui, j’en ai deux.

Lesquels ?

Mon cheval et ma voiture.

Un médecin qui passe par les rues à pied ne valut jamais rien.

Autre recette :

Lorsque tu vas voir un de tes malades, aies le soin de laisser ton cheval vis-à-vis la porte du voisin. Les gens qui passent disent : tiens, madame a changé de médecin, de sorte que, tout en ayant l’air de soigner ton malade, tu acquiers la réputation plus enviable de guérir la malade d’un autre médecin ainsi avec un client on en fait trois.

Surtout, porte cravate blanche ; promène cravate, femme, cheval et voiture par les rues de la ville, donne des pilules envers et contre tous, et cela assure le salaire.

Ne guérit pas tes malades trop vite, d’une maladie de trois jours, apprends le secret d’en faire une de trois semaines ; et, au lieu d’avoir à enregistrer dans ton livre trois visites, tu en enregistreras vingt. Au bout de l’an, et principalement pour les provisions d’automne, cela vient à propos.

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