‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 107 sur 142 · RAISIN DE SAINT-JACQUES · texte numérisé non relu

RAISIN DE SAINT-JACQUES

Celui-ci fait, presque en toutes ses habitudes de végétation, contraste au précédent : il produit peu, mais il est très -hâtif; au moins autant que les Madeleines. Je l'aurais peut-être passé sous silence, en le réservant pour le chapitre des raisins de table, si un auteur estimable, M. Cavoleau, n'avait pas dit que ce raisin faisait partie de la vendange dont on tirait les vins Muscats de Rives -Altes: ce qui ne me paraît pas très-probable, ce raisin étant noir, et les Muscats et autres raisins qui servent à la composition de ce vin étant tous blancs ; puis aussi, sa précocité fait disparate avec l’époque de la maturité complète du Muscat. Ce cépage est vigoureux , et a besoin d’être chargé à la taille. Les feuilles sont entières, légèrement cotonneuses à la face supérieure : mais tellement en dessous, qu'elles en sont blanches, ce coton étant d’un tissu serré et comme

ratiné. Les grappes sont moyennes, les grains de médiocre grosseur et d’un noir bleuâtre très-fleuri, leur saveur est sucrée et agréable. C’est un cépage à substituer aux Madeleines, qui lui sont fort inférieures. Il y a aussi un raisin de Saint-Jacques blanc : comme il est très-peu fertile, et cependant comme il est assez hâtif, et d’un goût agréable , il doit être réservé pour la table.

QUILLARD (vignobles de Gan et de Jurançon ).

QUILLAT (Catalogne }.

NOTRE-DAME-DE-QUILLAN (Lot-et-Garonne ).

JURANCÇON BLANC (Tarn, Garonne et Dordogne ).

BLANQUETTE DU FAU (arrondissement de Moissac ).

BRACHET BLANC (comté de Nice et de Savoie ).

Ce cépage n’a pas besoin d'être vu plus d'une fois pour être bien connu: ses traits caractéristiques les plus frappants sont l’amoncellement de ses grappes, la direction verticale de ses bourgeons, qui lui à fait donner son nom de Quillard, c’est-à-dire qui a ses bourgeons comme des quilles. Ils sont noués très-court, et tellement, qu'il me paraît probable que cette considération Fa fait prendre dans le comté de Nice pour une variété du Brachet noir, qui a également ce caractère très-prononcé. Les feuilles sont très-découpées, de moyenne grandeur, d’une nuance un peu terne à leur partie supérieure, très-cotonneuses à l'envers. Les grappes nombreuses sont assez belles et bien garnies de grains ronds qui restent longtemps verts; comme ils sont très-serrés, cette disposition en amène une autre: celle de pourrir très-facilement ; aussi l’épamprement lui est-il plus nécessaire qu'à tout autre cépage. Il est très-fécond, et cependant il a une

bonne réputation pour la qualité; aussi sa culture s’estelle fort répandue, avec d'autant plus de raison qu'il concourt à la haute qualité des vins de Gan et de Jurancon, qui sont les plus renommés du Midi. Il est nécessaire de le tailler à court bois, tant à cause de l’abondance de sa production que parce que son bois est noué court.

Il y en a encore beaucoup d'autres d'une culture commune; mais je ne peux faire plus que de les dénommer, ne possédant pas ces cépages, ou du moins n’en possédant quelques -uns que depuis peu de temps, et ne connaissant rien sur aucun d'eux, à l'exception du Morrastel, que j'ai gardé pour le chapitre de la Péninsule ibérique. Quelques -uns peuvent avoir de la valeur ; il est donc à propos de les signaler à ceux des amateurs de la vigne qui font des collections pour se livrer à l'étude des cépages étrangers et non pour satisfaire une fantaisie. Je commence par quelques-uns de l’Ariége : le

CANARI ou

CARCASSES ; le

MANREGUE; le

DURAZÉ, qu'on se gardera bien de confondre avee le Liverdun de la Meurthe et de la Moselle, pas plus que le

MOURASTEL avec le Morillon noir ; quoi qu'en ait dit un professeur d'agriculture : il y a près de deux mois de différence entre l’époque de maturité des Ariégeois et celle des cépages qu'on leur compare, sans parler de bien d’autres différences. Ces trois cépages sont à raisins noirs; mais lés trois suivants, communs au département de l’Ariége et aux trois départements pyrénéens, se composent chacun de deux variétés, l'une blanche et l’autre noire : les

COURBUS; les

CAMAROS; les

CLAVERIES ;

Il y a aussi en grande culture beaucoup de Muscats : ceux de Rives-Altes sont connus partout, et aussi une assez grande quantité de Malvoisies ; mais ces deux tribus trouveront leur place ailleurs. Je pourrais ajouter les

DOULSANELLES, l’un à grains ronds et l’autre à grains oblongs ; les

CILLA et

MORVILLA ; les

ASCTATES; le

CAUSSIS ; le

PETIT et le

GROS CRUCHEN; le

RAFIAC ou

REFFIAT.

Je pense que la collection de Carbonieux, près de Bordeaux, les possède tous, et l'on peut se procurer son catalogue, en s’adressant à M. Bouchereau, qui en dispose généreusement, ainsi que des plants de sa collection.

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