RAISIN SANS PEPINS
Si je n’ai pas encore parlé de celui-ci, c’est parce qu’il est connu depuis assez longtemps en France; mais sa variété, quoique presque aussi infertile, le
KESHMISH À GRAINS RONDS, me semble lui être bien supérieure. Ses raisins sont rares, mais très-beaux et leur goût est très-fin et relevé d’un muse, qui n’est pas celui du Muscat. Et puis, il a ce prestige, bien propre à le faire rechercher, d’être la base des vins les plus fameux de l’Orient, non-seulement de celui de Schiras, maisil est aussi préféré à tout autre pour cette destination, à Erivan, à Etchemi Adzin (trois églises), au pied du mont Ararat. Il faut dire aussi qu’on lui adjoint le
SCHIRADZOULY BLANC, qui est surtout très-cultivé dans les vignobles de Gandjea, nouvellement dénommé Yelisavetpol au gouvernement de Tiflis. Comme ce raisin est excellent à manger, j'en ai déjà parlé au chapitre des raisins de table. I me paraît faire partie, sous un autre nom, des cépages désignés pour être les plus estimés en Perse ; car on m'a écrit qu'il concourait le plus efficace-
ment avec le Kishmish à grains ronds, à la haute qualité des vins de Schiras. La forme de ses grains est celle d'une olive très-allongée.
Je conseillerais , pour obvier au défaut reprochable aux deux Kishmish, ce que je vais faire moi-même : de les greffer l’un et l’autre sur des cépages très-fertiles de leur nature, tels que la Blanquette, la Folle jaune et la Folle verte, etc.
Si je ne donne aucun détail sur le
DIDI SAPERA VI, qui devait être un excellent raisin de table, ni sur son compatriote le
PATARA SAPERAVI de la Kahétie, district du gouvernement de Tiflis, lequel devait être un raisin chargeant bien en couleur et par conséquent ayant la même propriété que nos Teinturiers de France, c'est qu'il y a eu évidemment erreur dans l'envoi, ce dernier ayant produit des raisins blancs, et l’autre, un petit raisin sans aucune raleur à la dégustation.