FAMILLE OÙ TRIBU DES PINOTS
Les Pinots forment, dans tous les pays où ils sont cultivés ; la base ou le fonds des vignobles qui ont le plus de réputation, en exceptant cependant les vignobles de la Gironde, dont le cépage le plus estimé n’est point de cette famille, et dont les vins ont autant de réputation que ceux de la Champagne et de la Bourgogne. Ils sont à peine connus dans les départements du Midi, et n’y sont cultivés que comme objets de curiosité, et je pourrais dire de mépris, à cause de la faiblesse de leur végétation et de leur peu de rapport; ils le sont encore moins en Italie et en Espagne, quoique la vigne qui nous est venue d'Ischia me semble bien être de la famille. Mais ils font l'honneur de la Bourgogne et de la Champagne ; c’est là leur climat favorable , ainsi que tous les pays en France et en Allemagne qui ont un climat à peu près pareil, tels que les départements de Saône-et-Loire, du Loiret, d'Indre-et-Loire, etc. En Allemagne la Franconie, quelques comitats de la Hongrie et même le Banat de Temeswar:;
Cependant si la culture de ces plants se maintient dans ces divers pays, elle ne s’y étend pas à cause du faible rapport et de l'entretien dispendieux de ces plants délicats. Dans mon département, l'ancienne Touraine, nous n'avons guère que deux communes où les Pinots de Bourgogne soient en majorité sous le nom générique de plants nobles, et le vin qu'ils produisent porte aussi ce même
nom ; tandis que le nom de Pinot s'applique à d'autres cépages qui n’ont pas la moindre analogie avec ceux de Bourgogne, rouges, gris ou blancs : ces Pinots de la Loire sont tous blancs, à l'exception d'un seul très-rare dans les vignes, et tous mürissent six semaines après les Pinots de Bourgogne. Quoique ma commune ne soit pas du nombre de celles où les plants fins de Bourgogne sont le plus cultivés, cependant ils forment une portion assez considérable de mon vignoble, près de deux hectares ou un peu plus de vingt-cimq mille souches. Il paraîtrait, d'après plusieurs tentatives qu’on à faites dans nos départements du Midi, qu'ils n'y réussissent pas: ils y mürissent trop tôt, les mouches de toute espèce les font promptement disparaitre, et le dégât est d'autant plus sensible que la récolte n’est Jamais très-abondante ; puis encore, comme ils sont d’une nature délicate, 1ls exigent d'assez grands frais d'entretien : des échalas pour les soutenir, un provignage perpétuel, leur séparation des espèces vigoureusés : c'en est plus qu'il ne faut pour qu'ils ne s’établissent Jjamais dans cette contrée méridionale où le seul mérite d’un cépage est sa fertilité, aux yeux de la presque totalité des propriétaires.
PINOT et plus souvent NOIRIEN (Côte-d'Or).
FRANC PINOT (clos de Migraine, Yonne).
PETIT PLANT-DORÉ (département de la Marne).
AUVERNAT-NOIR (Haut-Rhin, Loiret, Loir-et- Cher ).
ORLÉANS et aussi PLANT-NOBLE (Indre-et-Loire).
SALVAGNIN NOIR {Jura et Cortaillod en Suisse ).
SCHWARTZ KLEWNER (Alsace).
NOIR DE FRANCONIE, NOIR DE VERSITCH (collection de vignes près de Bude, fondée par Schams).
CZERNA OKRUGLA RANKA (Sirmie en Hongrie).
Je me garderai bien de répéter l'erreur de l'abbé Rozier et plus tard de Dussieux , en ajoutant à ces synonymes le Manosquen et la Mérille , qui sont deux cépages vigoureux et productifs, et qui n’ont rien de commun avec aucun Pot.