‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 44 sur 142 · AUBIN-BLANC · texte numérisé non relu

AUBIN-BLANC

Il est à propos de ne pas désunir ces deux mots, parce quilyaun

AUBIN-VER®, plus productif, mais de moindre qualité. L’Aubin-Blane est un plant vigoureux dont les feuilles sont très-rugueuses et tourmentées, un peu cotonneuses en dessous. Les raisins sont hâtifs, très-sucrés et très-bons à manger; les grains ronds et dorés.

PATTE-DE-MOUCHE est le nom d’un raisin dont on fait aussi quelque cas. Ce nom lui vient sans doute de l'exiguité et de la disposition des pédicelles. La grappe n’est pas forte ; ses grains ronds, jaunes et pleins de sue, sont très - clair-semés.

PETRACINE est sans doute, comme le précédent, un nom particulier à une localité, et je n'ai pas encore pu létudier suffisamment pour le synonymiser. Je sais seulement, par desrenseignements certains, que ses raisins

mürissent plus tard que ceux des cépages précédents, et qu'ils communiquent au vin dans la composition duquel ils entrent en partie notable, un goût particulier assez agréable. Ils sont aussi très-bons à manger.

CÉPAGES À RAISINS NOIRS

Outre les Pinots de Bourgogne, dont la culture diminue plutôt que de s'étendre, cette contrée en nourrit quelques variétés qui lui sont propres, entre autres le

FRANC-NOIR , appelé aussi

MORILLON-NOIR ; il est plus abondant que notre Auvergnat-Noir ou Franc-Pinot des Bourguignons, mais le vin que j'en ai goûté m'a paru d'une qualité médiocre. Il y a bien aussi le

VERT-NOIR, qu'on pourrait comprendre dans la famille des Pinots, toutefois il ne concourrait pas à la maintenir dans sa suprématie pour la qualité du vin. Il est productif, à la vérité ; mais les grains de ses raisins ont la peau épaisse et passent pour faire du vin médiocre, du moins dans l'esprit de quelques-uns, ce qui n'empêche pas qu'il se propage beaucoup.

NOIR -MENU ou PETIT- NOIR.

Ce plant me paraît bien aussi appartenir à la tribu des Pinots de Bourgogne, sinon par la couleur de son bois et la manière dont il est noué, du moins par la forme de ses grappes tassées de petits grains ronds, et par leur maturité presque contemporaine. Cependant il est bien plus productif que ne le sont généralement les Pinots fins. Les grains ne sont pas inégaux comme ceux des Pinots

qui vieillissent. On accuse la Noir-Menue {car on la met souvent au féminin) de donner un peu de dureté au vin ; ce qui ne serait pas un défaut dans une cuvée où les Pinots seraient en grande majorité.

Du reste, il paraît bien que les propriétaires dans le vignoble de Scy, le plus renommé de la Moselle, pensent de même sur les qualités de ce cépage, car il y est trèsmultiplié ; et moi-même j'en suis tellement satisfait que je lai fait provigner tant que j'ai pu.

J'ai déjà fait un article au chapitre des Pinots sur les cépages nommés vers la Moselle Pinots, mais improprement ce me semble; il me suffit donc de les rappeler ici.

Je vais passer à un autre cépage que je n'ai pu ranger dans aucune tribu : c'est le

SIMORO ou GROS-BEC et aussi

NOIR-DE - LORRAINE. Il a la grappe longue, le pédon:cule rouge, les grains écartés et d’une saveur qui rappelle un peu celle dela fumée. Cecépage a eu une grande vogue, cela s'explique par l'avantage qu'il a d’être productif et de donner un vin rouge corsé et de bonne conservation; il est moins recherché depuis quelque temps, parce qu’il mûrit difficilement ; alors son vin est âpre, et son mélange avec la vendange des plants plus hâtifs altère la qualité du vin qui en provient.

LIVERDUN.— ÉRICÉ-NOIR.— GROSSE-RACE (Moselle, Meurthe ).

Il tire son premier nom d’une petite ville sur la Moselle, à quelques lieues de Toul. Ce n’est pas comme plant d’élection , de distinction pour la qualité de ses produits que je le place ici, quoique dans beaucoup de catalogues,

hon-seulement français, mais même allemands, on fasse suivre son nom de Liverdun de ces mots bon vin; probablement d’après l'éloge qu'en a fait le bon curé d'Achain, qui lui reconnaît dix avantages ni plus ni moins (c'est par respect pour lui que je n'en reproduis pas l'énoncé). Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il est, dans les départements où il est le plus cultivé, le plus remarquable par sa constante fécondité ; c'est du moins pour cette propriété qu'il a conservée à la Dorée, que je lui donne des soins particuliers, d'autant plusmérités qu’il n’est point sujet à la coulure comme nos Côts, et quil est quatre ou cinq fois plus abondant que nos Plants-Nobles , quoique je le fasse toujours tailler à court bois ou en sifflet, comme on dit dans plusieurs vignobles. Cette fécondité ne redoute presque aucune intempérie ; la grêle seule, qui a fauché toutes nos vignes en 1839, m'a privé complétement de sa récolte, et même encore ses repousses ont-elles donné de quoi faire un peu de boisson.

Dans l'envoi qu'on m’a fait de crossettes de Liverdun, il s'en est trouvé en aussi grand nombre de

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