LYONNAIS, ISÈRE ET HAUTES-ALPES
Quoique, du temps de Pline, les vins de Vienne fussent très - estimés à Rome , où ils étaient connus sous le nom de vina picata, parce qu'on les mettait dans des vases enduits de poix ; cependant, comme les deux der-
niers départements que je comprends dans la région orientale ne produisent plus du vin de quelque réputation, je m'en tiendrai à donner une courte notice sur les cépages les plus cultivés dans ces deux départements, d'après les renseignements que je dois à un propriétaire , M. Paulin.
Je commence par les cépages à vin rouge; mais comme quelques-uns de ceux du Lyonnais y sont aussi communément cultivés, entre autres la Sérine noire, qui a déjà eu un article, je ne ferai figurer dans cette revue que les cépages dônt il n’a pas encore été fait mention.
Si la Sérine est plus particulièrement cultivée par les amateurs du bon vin, la
PERSAIGNE ou la
PERSANNE, qui s'allie du reste très-bien avec elle, est surtout recherchée des propriétaires qui ne travaillent que pour le marchand; parce que, si elle donne du vin de moindre qualité, ce vin a une couleur plus foncée, et que sa rudesse même n’est pas un défaut pour le marchand qui sait en tirer parti pour des mélanges; enfin parce qu'elle est plus productive. Son raisin noir, volumineux, à grains espacés dans les mauvaises années, très-serré dans les bonnes, est peu sujet à la coulure et à la pourriture. On la taille avec pointe et arçon , expressions du pays qui désignent, la première, une demiverge de trois à quatre décimètres, laissée à la tête du cep; la seconde ou l'arçon, une verge deux fois plus longue ployée en are. La maturité de ce raisin est un peu tardive.