‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 59 sur 142 · WEISS GROB, —GROSS WEISS , —WEISS STOCH, — RECHT WEILSS · texte numérisé non relu

WEISS GROB, —GROSS WEISS , —WEISS STOCH, — RECHT WEILSS

Il n’est pas surprenant, d’après ce dernier nom, qui signifie bon blanc, qu'il soit des plus cultivés dans ces montagnes, d'autant plus que c’est principalement à sa vendange qu'est dû le goût particulier au vin de cette contrée montagneuse. Il donne abondamment ; ses raisins sont gros et juteux , mais sujets à la coulure et à la pourriture par les pluies prolongées. Son vin est dur et ne peut se boire avant la troisième année; mais on en est dédommagé par sa longue conservation. Je suis porté à croire qu'il est le même que l’Orleaner de Rudesheim.

WEISS (blanc).

Cette dénomination est bien vague , car il y a un grand nombre de raisins blancs. Voici ce qu'on en dit: « Vin noble, estimé, et d'un prix élevé. Ce cépage est très-commun dans les bons climats (climat est sans doute synonyme

ici de vignoble); il y entre pour les trois quarts. Son vin est jaune, mais s'éclaircit bien ; il est d’un goût et d'un bouquet agréables , propres aux vins de montagnes de la Basse Autriche: »

SILVANER OU SZIRIFANDL.

Cette tribu ; si on peut l'appeler ainsi, est composée, à la différence des autres, de sujets qui n'ont la plupart aucune affinité entre eux et qui n’ont d'autre communauté que leur origine silvestre. Ainsi, j'ai reçu de la collection du Luxembourg un cépage d’une grande valeur sous le nom Gelb Szirifandi, et en même temps, de celle de M. Demermety, le même cépage sous le nom de Grün Muskateller et de Grün Manhard Traube. Comme je viens d'en parler aussi longuement qu'il le méritait, je passe aux autres Silvaners ou Szirifandis.

GRUN SILVANER ou SALVINER (cours du Rhin).

ŒSTRICHER, — SCHWABLER, — GRUN FRAN- KISCH.

GRUN SZIRIFANDL ou ZIERFAHNL (Hongrie ).

Il y a bien encore quelques autres noms, mais il me semble qu'en voila bien suffisamment; je ne lui donne aucun synonyme français , parce que je ne lui en connais aucun, ne me laissant point entraîner aux conjectures de M. Stoltz, qui s'appuie sur une autorité bien respectable en chimie, mais bien faible en ampélographie, Chaptal, mon professeur à l'École Polytechnique. J'ai peut-être eu tort d'établir les synonymes que m'a fournis M. Stoltz, les trois intermédiaires qui pourraient le faire confondre avec le Muskateller dont il est très-différent, mais je

pense qu'il me suffit de prévenir de cette différence. Je n'admets pas davantage la prétendue identité de ce cépage avec le Meslier, le Picarneau et la Gueuche Blanche, tous cépages différents entre eux et surtout du Silvaner, identité imaginée par M. Stoltz d'après l'œnologue français que je viens de citer. Le Silvaner est assez fertile, et son fruit müûrit d'assez bonne héure, quoiqu'il soit des derniers à fleurir. Il est assez agréable comme raisin de bouche, aussi lui donne-t-on cette destination à Vienne et à Pesth, où j'en ai mangé. Quant à ses aptitudes vinaires, elles sont médiocres, son vin est mou et tourne facilement au gras; à quoi il faut ajouter que, s'il évite cette maladie-là , il ne tarde pas à tourner à l'acide. Son bois un peu tendre, parce qu'il ne s’aoûte pas bien, est plus exposé que d’autres à souffrir des gelées d'hiver.

ROTH SZIRIFANDL ou ZIERFAEHNL, — SILVANER ROUGE.

C'est sous le premier nom que je l'ai reçu, et je n’oserais pas décider qu'il est une variété du précédent, quoi qu'en disent le baron Babo et Metzger, ampélographes allemands. Toujours est-il que c'est un très-bon raisin de bouche et au moins aussi bon pour le cellier, selon ces deux auteurs. Je n'ai pas assez de souches pour avoir essayé d’en faire du vin à part , mais feu M. Burger, autre ampélographe allemand que j'ai vu à mon passage à Vienne, en 1839, me l'a vanté pour son aptitude à faire de bon vin ; il me dit alors que c'était le plant le plus répandu dans le vignoble assez renommé de Gumpoldt Kirchen. La grappe n'est pas grosse, les grains sont ronds, d'une couleur rouge-elair, d'un suc très-doux et trèsagréable.

Je ne ferai que rappeler le

BLAUER SILVANER, très- cultivé dans le Wurtemberg sous le nom de Blau Bodensee Traube, selon le baron Babo, quoique lui-même, qui le connaît bien, refuse de l'admettre dans la tribu des Silvaners. C’est véritablement une bonne variété qui ressemble beaucoup au Pinot, et en conséquence j'ai placé, peut-être à tort, son article au chapitre des Pinots sous le nom de Auvernat noir, qu'il porte à l'établissement horticole des Baumann (Haut- Rhin). Il est plus fertile que les Pinots, aussi pensais-je qu'il mérite d'être multiplié. Je ferai remarquer que ces noms de Silvaner, Srifandl signifient, trouvé dans les bois ; en sorte qu'il pourrait y en avoir d’autres de ce même nom et qui ne seraient pas de la même famille.

Le ROTH GIPFLER est aussi commun dans les vignes. Il coule peu , est très-productif, son raisin savoureux est de grosseur moyenne.

Le RIESLING ou RIESLER se rencontre aussi dans ces vignobles, mais en beaucoup moins grande quantité que sur les coteaux du Rhin.

Le vin du Margrave au duché de Bade se fait avec trois sortes de raisins nommés

WŒLSCH, ou en d’autres parties de l'Allemagne

GUTEDEL. L'auteur allemand dit que ce sont nos Chasselas; mais j'ai bien des raisons de croire que ce sont plutôt les Fendants de la Suisse, dont le vin, au vignoble de la Vaux, se vend jusqu'à 500 fr. la pièce. La note nous apprend qu'on en mêle la vendange avec celle du

MOSLER , qui est le Furmint des Hongrois, et celle du

VERBOUSCHEGG, sans donner aucun détail sur ces deux plants.

278 TRAÎTÉ DES CÉPAGES.

Le MŒRISCH se sert sur les tables dans le duché de Bade, et sa maturité est hâtive, comme celle du Portugieser, qui est aussi très-cultivé pour la table ainsi que pour la composition du vin. On ne dit rien du Mærisch, et je ne le connais pas; mais je cultive le Portugieser, qui aura son article au chapitre des raisins de table.

BURGER , — ELBLING , — ALLEMAND , — FACUN.

J'avais omis ce cépage dans mes premières éditions, par la considération du peu de qualité de sa vendange et du vin qu’on en tire ; mais comme il est très-cultivé par les petits propriétaires sur les deux rives du Rhin, je me suis décidé à lui donner une place ici. Son produit est abondant sans doute, mais ce n’est pas le seul avantage qu'on recherche, et ses grappes à grains ronds et d'un rouge clair, étant d'une douceur plate et sans vinosité , ne donnent qu'un vin très-médiocre ; au total c'est un cépage qu'il faut laisser à nos voisins.

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