‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 74 sur 142 · CHASSELAS BLEU DE WINDSOR · texte numérisé non relu

CHASSELAS BLEU DE WINDSOR

Comme M. Hardy (du Luxewbourg), le docteur Bretonneau et moi l'avons trouvé parfaitement identique au Frankenthal, et puisque celui-ci aura son article, Je n'ai rien à ajouter. Un caractère remarquable pour moi a été l'inégalité de maturité de ses gros grains.

On aurait tort de croire, sur la parole de quelques ampélographes allemands, que les Chasselas sont les Aminées des Romains; car Virgile, qui connaissait bien sans doute celles-ci ; dit positivement que les Aminées produisaient firmissima vina; ce qu'en France on ne dira jamais des Chasselas , et Pline nous apprend aussi que partout où les Aminées avaient été introduites, elles avaient donné de bon vin. De notre temps, il n’y a qu’un propriétaire viticole du département de l'Hérault, qui ait prétendu réhabiliter le Chasselas comme cépage vinifère.

Voilà tout ce que je peux dire sur cette tribu, la plus intéressante pour notre région.

Cependant ; avant de passer à un autre sujet, comme J'ai dit dans un chapitre de mes prolégomènes que j'avais de très-bons et très-beaux Chasselas dans une terre aride et maigre , mais du reste bien cultivée , il me paraît utile de faire connaître au lecteur qui aurait des souches dans la même position que celles où sont les miennes, qu’un des soins auxquels j'atiribue le plus de part à la beauté de ces raisins, est la façon que je fais donner à l'allée de trois mètres qui borde la plate-bande de l’espalier par un coup de charrue donné au moment de la variation des grains, C'est-à-dire une quinzaine avant leur maturité: à la vérité c'est une allée où l'on passe, mais où l’on ne se promène pas.

L'on pourrait s'attendre, en prenant congé de la tribu des Chasselas, à renouveler connaissance avec une autre dont les sujets sont les compagnons habituels des précédents ; mais comme cette riche tribu des Muscats formera le sujet d'un sous-chapitre particulier pour la région méridionale, je ne ferai que dénommer les plus hâtifs à la maturité ; réservant les détails sur chacun pour l'article qui les concernera dans ce sous-chapitre.

L'un des plus hâtifs se trouve parmi les Muscats noirs : c'est le

MUSCAT NOIR DE LA MI-AOUT, obtenu de semis par M. Vibert: Cependant ce nom peut induire en erreur : sa véritable époque de maturité est dans la première quinzaine de septembre. Puis viennent contemporainement à ce dernier le

MUSCAT NOIR DU JURA; très-peu fertile : et le

CAILLABA (des Hautes-Pyrénées) , auquel on ne peut faire d'autre reproche que d’être d’une végétation trop faible, trop délicate pour qu'on ne cherche pas à l’éloigner des cépages vigoureux, quil'auraient bientôt anéanti.

Le MUSCAT NOIR COMMUN acquiert aussi sous notre climat une maturité assez prompte pour lui mériter la distinction d’être placé ici.

Un sujet qui serait d'un bien plus grand mérite que ce dernier, s’il était aussi fertile, est le

MUSCAT ROUGE DE MADÈRE, d’une couleur beaucoup moins foncée que les précédents.

Je l'avais nommé, dans ma première Ses

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