‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 76 sur 142 · BLANC PRÉCOCE DE KIENTSHEIM · texte numérisé non relu

BLANC PRÉCOCE DE KIENTSHEIM

Non-seulement la maturité du raisin de ce cépage est très-hâtive, mais son bourgeonnement ou débourrement, comme disent nos vignerons, l’est aussi ; ce qui fait qu'en pleine vigne il gèle tous les ans. En conséquence je l'ai mis en espalier; mais là encore il a conservé ce défaut et il m’en a révélé un autre, c’est celui d'être on ne peut pas moins fertile. On doit le regretter, parce que son raisin est très-bon, d’une saveur fine et agréable. Les grains sont oblongs. Peut-être obtiendrait-on un peu plus de récolte, si on le greffait sur un cépage fertile, d'après le très-bon exemple des jardiniers qui greffent le prunier de Reine-Claude sur le prunier de Damas ou de Saint-Julien. C’est donc un conseil que je me permets de donner; les sujets ne manquent pas: la Folle, le gros Pinot de la Loire, la Blanquette, le Gamai blanc, etc.

Le cépage précédent nous vient des départements du Rhin, mais celui dont je vais parler n'est guère moins précoce, quoiqu'il vienne d'Italie: c'est à M. le docteur Bonafous que j'en dois la possession.

LUGLIENGA BIANCA.

Quoique le raisin que donne ce cépage soit beau, c'est surtout sa précocité qui a fixé mon attention. Les grains, assez gros, sont oblongs , pas trop serrés, d'un vert légè-

rement ambré du côté du soleil et d’un goût agréable. Ses feuilles sont frappées de jaune dès le mois d'août. Ce cépage mérite d’être cultivé, quoiqu'il ne soit pas plus productif que le précédent, mais bien meilleur que le raisin noir de la Madeleine. Le comte Gallesio a fait un article sur ce cépage dans son bel ouvrage de la Pomona italiana ; il fait mention, en outre, d’une variété à raisins noirs ; je ne la connais pas.

Serait-ce l’île de Madère qui nous aurait fourni le raisin l'un des plus précoces et l’un des meilleurs parmi les précoces ? je serais tenté de le croire d’après l'étiquette, retrouvée seulement un an après son placement, d'une magnifique greffe sur Muscat. À la vérité, cette étiquette a été répudiée par celui que je croyais l'avoir écrite, M. Reynier, d'Avignon. Il est certain, du reste, que ce n'est pas un Muscat. À défaut donc de son vrai nom, qui m'est inconnu, Je lui ai donné celui de

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