‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 83 sur 142 · MUSCAT DE LA MI-AOUT · texte numérisé non relu

MUSCAT DE LA MI-AOUT

Mais, à part sa précocité, qu'il ne faut pas juger rigoureusement par son nom, je ne lui connais aucun avantage. La souche est faible et rarement productive, le raisin petit, les grains de grosseur à peine moyenne, leur saveur agréable sans doute, mais sans un relief suffisant pour faire de cette nouvelle variété un gain bien précieux , et d'autant moins qu'il est le moins fertile de tous les Muscats.

Voici du reste l'opinion d'un viticole très-éclairé, habitant de Nismes : « Le Muscat de la Mi- Août, m’'écrivait le docteur Baumes dans sa lettre du 9 juin 1847 , m'a paru si insignifiant’, si dénué de qualités, que j'ai renoncé à sa culture. »

Un autre Muscat, dont l'estime qu’on fait de lui à la consécration du temps , est le

MUSCAT PRIMAVIS ou PASCAL MUSCAT (vallée de Belgentier, département du Var).

Il est très-différent du Muscat blanc commun, quoique j'aie dit le contraire dans ma première édition , erreur qui provenait d'un envoi qui m'avait été fait de Toulon, par l'auteur d’un Cours complet d'Agriculture. Depuis, il m'en a été fait un autre par l’auteur d’un simple Calendrier du cultivateur , M. Pellicot, auquel j'ai dû d'avoir reconnu mon erreur. Aussitôt que J'ai vu les crossettes, la lumière s’est faite : le bois était rouge et noué très-court; celui du Muscat commun est gris et noué long, puis, lors de la végétation , bien d’autres caractères ont apparu: les vrilles ou lacets sont plus longues, plus nombreuses et

plus tendres ou plus herbacées ; les jeunes feuilles sont bien plus rouges ; et la brièveté des entre-nœuds ou mérithales produisant un grand rapprochement des feuilles , le cep a un air trapu. Ce serait une bonne, une excellente variété pour nous, à cause de sa précocité, et même pour les méridionaux à cause de la finesse de sa saveur ; saveur moins prononcée que celle du Muscat blanc ordinaire, quin’est quelquefois pas mangeable par ce défaut, si elle n'avait pas celui très-grand d’être très-peu fertile et très- sujette à la coulure ; c’est probablement la cause pour laquelle sa culture est confinée dans Draguignan et sa banlieue, d’où je l'ai tirée pour la mettre au grand jour. Ses grappes sont peu serrées, et les grains, de moyenne grosseur, sont couverts d'une fleur abondante, qui leur donne une teinte blanche, sans mélange de plaques rousses comme on en voit dans le commun. Au total, c'est une très-bonne acquisition.

Celui dont je vais parler lui est peut-être préférable pour notre climat, où le goût sucré et musqué n’est jamais trop prononcé ; je l'ai reçu de Clermont, sous le nom de

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