‹ Ampélographie universelle, ou, Traité des cépages les plus estimés dans tous les vignobles de quelque renomChapitre 88 sur 142 · MUSCAT NOIR DU JURA · texte numérisé non relu

MUSCAT NOIR DU JURA

On le distingue du Muscat noir commun par la disposition des grains sur la grappe, et aussi par sa moindre vigueur; les grappes ne sont pas volumineuses et serrées ; au contraire, elles sont lâches, peu garnies, assez longues, mais sans ampleur. Il s’en distingue aussi par sa précocité, sa maturité étant contemporaine de celle du Caillaba. Une différence facile à saisir entre ce dernier et le Muscat du Jura, c’est que l’un, comme je l'ai dit, a les grains gros et applatis sur ses pôles, et que l’autre les aurait plutôt un peu petits.

Il m’est venu de la belle collection de feu M. Rupprecht, à Vienne, un Muscat noir très-précoce, sous le nom de

MUSCAT NOIR D’EISENSTAD.

Il plaira surtout à ceux qui n’aiment pas le goùt musqué trop prononcé du Muscat blanc. Sa précocité, plus décidée même que celle des précédents, est un grand mérite pour nous. Ses grappes, encore vertes, ressemblent beaucoup à celles du Muscat blanc commun; mais ses feuilles sont bien différentes: elles n’ont pas des dents et des lobes aigus, encore moins des sinus profonds ; elles sont ou entières ou presque entières, et les lobes

facilement marqués, arrondis, bien loin d’être aigus. Le cépage est fertile, mais non très-vigoureux.

Il y a peu de jardins de quelque étendue qui ne contiennent une souche de

MUSCAT NOIR; car il est très-fertile, et ses raisins müûrissent plus tôt que le Muscat blanc ordinaire. On fera bien de faire subir aux grappes l'opération que j'ai conseillée pour les Muscats blancs , l’éclaireissement des grains , Car ils sont ordinairement trop serrés.

Comme Muscat de jardin, je ne dois pas oublier le

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