TRIBU DES OLIVETTES
La forme des raisins et de leurs grains surtout les rapproche beaucoup des Panses, qui sont toutes de forme olivoide : aussi ai-je pensé que ce serait suivre un ordre naturel de les faire se succéder les unes aux autres. — Quoique je ne compte parler que d'un petit nombre de sujets de cette tribu , je crois qu’on pourrait en augmenter le nombre facilement; mais je m'en suis tenu aux errements vulgaires, dans la crainte de me laisser aller à un classement nouveau et systématique qui ne serait pas adopté par tout le monde.
OLIVETTE BLANCHE (Provence et Languedoc ).
Ses raisins sont, ainsi que ceux des variétés suivantes ,
très-lâches ; par conséquent les grains sont rares et trèsécartés le long d'une longue grappe. La maturité du raisin est un état difficile à obtenir pour tous les raisins de cette tribu, à une seule exception près. Les feuilles sont nues sur les deux faces, et même lisses et luisantes à la face supérieure. Le goût de quelques grains qui ont atteint leur maturité m'a paru plus relevé que celui des Panses ; mais , je le répète, ce cépage n’est cultivable pour nous qu'en espalier.
Je possède une vigne sous le nom de
TENERON, nom que lui a donné M. Reynier, d’Avignon, dans l'ignorance où il était de celui qu’il portait dans le pays, et que je crois pouvoir ranger dans cette tribu ; en conséquence je me permettrai de lui donner celui dé |
OLIVETTE DE CADENET, commune du département de Vaucluse, où M. Reynier l'a trouvée. Elle diffère de la première en ce qu'elle a les feuilles Cotonneuses en dessous ; leur face supérieure est d’un vert bien différent, et ses belles grappes un peu lâches sont ornées de grains d'une forme différente : ils sont olivoïdes et non en forme de perle comme ceux de la précédente. C’est un excellent raisin , bien sucré, croquant sans dureté, et mürissant facilement. Le docteur Bretonneau , dont je reconnais la sagacité et l'instruction profonde non - seulement en médecine , mais en bien d'autres matières, à prétendu que ce cépage était identique avec la Malvazia de la Cartuja dont nous parlerons plus tard, et un autre que j'ai reçu sous le nom impropre de Verdal; mais cette Opinion , qu'il m’a été impossible de partager ; a été aussi trouvée erronée par un jeune vigneron dont je me fais souvent
assister parce que j'ai reconnu la sûreté de ses appréciations. — Deux différences qui établissent la supériorité de l'Olivette de Cadenet, sont d'abord la facilité de sa maturité, et puis sa consistance moins dure que celle des deux autres raisins dénommés ci-dessus. L’espalier lui est indispensable.
ESPARSE ou OLIVETTE JAUNE A PETITS GRAINS.
La grappe est très-ample, et ses grappillons supérieurs sont très-écartés, ce qui lui donne une forme conique bien prononcée. Les grains sont petits, allongés et d'une jolie couleur d'ambre ; leur pulpe ou grume est très-consistante et peu juteuse; ils sont fort écartés et supportés par de longs pédicelles herbacés. La saveur en est agréable, mais peu relevée. La souche ne m'a pas paru ferile, il sera donc bien fait de la tailler à longue verge.
OLIVOTTE NOIRE, — OULIVEN ou OLIVETTE, du moins vers le milieu du xvw siècle, selon une traduction de Pline du sire du Pinet; d’où l'on peut tirer la conséquence que les variétés qui composent cette tribu sont bien anciennes, puisqu'elles étaient connues du temps de Pline.
UVA DI PERGOLE est le nom qu’elle porte maintenant aux environs de Rome.
IL est incontestable qu'elle était cultivée du temps d'Olivier de Serres, dont le sire du Pinet, habitant du Lyonnais, était contemporain, mais cependant fort éloigné du château du Pradel, séjour de notre grand agronome.— Les grappes sont grandes, peu serrées et cependant bien fournies de grains très-gros el très-allongés , bien plus même que des olives; car ils ont de vingt-cinq à trente millimètres de long sur quinze à dix-huit de diamètre.
Leur chair est ferme et peu juteuse, mais agréable cependant. La queue ou pédoncule général est d'une grande longueur; il en est de même des pédoncules partiels et des pédicelles. Le fruit est si remarquable qu'il est inutile de parler des feuilles ; je dirai seulement qu’elles sont lisses et luisantes à la face Supérieure. Ce cépage charge bien dans quelques situations, et sa vendange passe pour donner de bon vin, du moins dans l'ancienne Provence, Car en Touraine c’est à grand'peine si le raisin atteint Sa maturité. Sa vigueur et sa fertilité, malgré l'ancienneté de sa culture, ne donnent pas lieu de craindre que cette belle sorte de vigne dégénère encore de longtemps, et encore moins qu’elle vienne à finir, à s’éteindre, comme
disent et le soutiennent Opiniatrément quelques savants pomologistes.
Puisque j'en suis aux raisins à grains allongés, il me semble naturel d'appeler à l'ordre deux cépages dont les grains de raisin offrent cette forme dans ses dernières limites :
RAISIN CORNICHON (Paris et région centrale )
SANTA PAULA (Madrid et Andalousie) ;
TESTA DI VACCA (à Rome et en Italie septentrionale) :
BUTTUNA DI GADDU (en Sicile) : du moins, il yaun siècle et demi, c'était SOn nom vulgaire selon l’auteur sicilien Cupani :
KOSU TITNI, à Astrakan , selon Pallas.
KADIN BARMAK (qui signifie doigt de fille ), Sur toutes les côtes africaines depuis Maroc jusqu’en Syrie et même
jusqu'à Astrakan, selon Pallas, qui nous décrit ce même raisin sous le nom bien peu altéré de
CHADYM BARMAK.
Cette singulière espèce est si facile à distinguer de toutes les autres par la forme allongée et légèrement recourbée de ses grains, qu'aucune description n'est nécessaire. Sa souche est vigoureuse, peu fertile, et les raisins sont plus curieux à voir qu’agréables à manger, leur pulpe étant toute en chair et peu abondante en suc. Voilà plus de six siècles qu'un auteur arabe, Ebn-el- Beithar, en a fait mention, sous le nom de Kadin-Barmak, dans un grand ouvrage sur l’agriculture. La description qu’il en a donnée convient si exactement au raisin qui porte encore le même nom à Maroc, où il a composé son ouvrage, que cet exemple devrait suffire pour prouver l’absurdité de l'opinion de ceux qui croient à la transformation, à la dégénération et même à l'extinction des espèces fruitières et particulièrement de la vigne.
Ce raisin, qui est blanc, a une variété d’un violet tirant sur le noir: elle est encore plus difficile à mürir et encore moins fertile, en sorte qu'elle est rare. Il y en a une aussi, le
CORNICHON A GRAPPE COLOSSALE, qui nous est venue de la Tauride. Le raisin est blanc, mais il n'a pour lui que son énorme volume; le goût en est médiocre, il ne peut servir qu à parer un dessert.
Le raisin à manger le plus estimé dans les États du Pape, me paraît bien être un membre de cette famille ; c'est le
PIZZUTELLO DI ROMA, ou TREBBIANO DI SPA- GNA., ou encore TREBBIANO PERUGINO.
Ces deux derniers noms me semblent fort impropres ; car ce cépage n'a rien de commun avec le Trebbiano, qui est très-fertile et qui produit de longues grappes à grains ronds, tandis que le Pizzutello ne produit que peu de grappes et rarement , et que les grains sont remarquables par leur forme allongée et pointue. Ils sont beaucoup moins gros que ceux de la Testa di vacca: on dirait le premier une miniature de celui-ci. D'après les renseignements fournis à l’auteur Julien, le Pizzutello est trèscultivé aux environs d’Amelia, bourg peu éloigné de Spolette. C'est uniquement pour la table; car ce raisin , tout en chair, ne me paraît guère propre à la vinification ayant très-peu de suc; et puis sa souche est tout à fait infertile dans les terres sèches comme celle où je l'ai eu pendant quelques années. La saveur du fruit, ainsi que celle du raisin Cornichon , est douce, mais peu relevée.
Je vais passer à des raisins qui sont fort estimés pour la table dans nos départements du Midi: mais les espèces de vignes qui les donnent ne se fixeront pas dans notre région, parce que la saveur de ces raisins est peu relevée et reste aigrelette, même à leur complète maturité. Gomme j'en connais trois variétés, j'en ferai une tribu.
TRIBU DES SPIRANS.
Avant de me prononcer définitivement sur la valeur de cette espèce de vigne, j'aurais dû rapporter ce qu’en a publié le docteur Baumes, de Nimes, propriétaire au vignoble de Saint-Gilles (Gard), où les diverses variétés
qui composent cette tribu sont assez communes. Le voici
PIRAN, —SPIRAN, —EPIRAN, — ASPIRAN (Gard, Hérault ),
RIBEYRENC ( département de l'Aube, selon M. Baumes ).
« Le Piran, dit-il, est, par sa délicatesse pour vin de choix , le Pinot du Midi. Son fruit est d'un goût fin, déhicieux à manger et préféré pour cette destination à tous les autres, car il ne rassasie jamais. La souche n'est pas robuste et ne se soutient pas bien à côté de cépages vigoureux. Ses feuilles sont minces et très- profondément incisées. Ses grappes sont à peine de moyenne grosseur, et sont garnies de grains très-écartés de forme oblongue. » C’est du Piran rouge qu'il parle ainsi. On en distingue plusieurs autres variétés, et entre autres une d’une couleur singulière, le
PIRAN GRIS. 1
C'est le seul raisin vraiment gris que je connaisse. Toutes les fois que j'ai mangé de ces deux raisins, je me suis demandé la raison de la préférence qu’on leur donne dans le Midi; une saveur fraîche et acidule peut être une qualité pour les habitants de ce climat. C’est la seule explication que j'aie trouvée de cette préférence ; car dans ce pays-ei cette saveur est sans aucun autre relief. À quoi il faut ajouter que le premier, qui est le plus cultivé, est aussi connu sous le nom de
SPIRAN VERDAOU et qu’il est très-peu fertile. Le gris l’est bien davantage, et sa maturité est plus facile sous le climat de la Touraine. Quant au
SPIRAN BLANC, je ne peux en dire autre chose que ceci : qu'il n’a jamais atteint ici en pleine vigne sa maturité, depuis une douzaine d'années que je l'ai observé.
Malgré la différence du nom, ce n’est pas - VERDAL où NARDIN (à Draguignan), ou
SERVAN (de l'Hérault), ou enfin
VERDEHOJA (à Grenade),
Il paraît qu'il ne vaut pas mieux en Espagne qu’en France ; car voici ce qu’en dit D. Simon: « On a pesé des grappes de cette espèce , et il s’en est trouvé de douze livres et demie ; il est fâcheux qu'elle soit aussi dépourvue de qualités ; car ses raisins sont tardifs à la maturité, de mauvais goût, et malgré leur peau épaisse ils pourrissent très -facilement ; ses grains sont très-beaux, verts, mous et àpres. »
TRIBU DES ULLIADES.
ULLIADE ou OUILLIADE ou ŒILLADE (Gard , Hérault ou ancienne province du Languedoc).
CINQ SAOUS (vignobles de Saint-Gilles, Gard).
BOUDALES (départements des Pyrénées).
MILHAU, PRUNELAS (Tarn-et-Garonne).
MORTERILLE NOIRE (Haute-Garonne).
GROS MAROCAIN (de la Charente).
Abondance, et je pourrais dire magnificence du produit, saveur fraiche, très-fine et très-agréable quand le fruit est à sa complète maturité, telles sont les qualités par lesquelles se recommande ce cépage bien supérieur à tous les Spirans, sous le climat de la Touraine du moins. Je dois ajouter que la maturité n’a lieu ici que dans une vigne bien exposée, et encore mieux en espalier, où j'en possède une vieille souche. Ses beaux grains sont noirs,
oblongs, peu serrés, croquants, quoique la pellicule soit très-fine. Le pédoncule, tant le principal que les pédoncules partiels, de même que les pédicelles, sont longs et minces; en sorte que les grains, qui sont gros, sont plutôt suspendus que portés. Je doute que ce très-beau raisin joigne à toutes ses qualités, comme raisin de table, celle de se convertir en bon vin; du moins l'échantillon que j'en ai reçu, ne me porte pas à le croire, quoique provenant d'un très-habile œnologue. Il ne faut pas compter non plus sur sa longue conservation: ce qui réduira sa culture, pour nous, à une ou deux souches dans nos jardins. J’en ai cependant une quarantaine de souches dans une vigne, mais je n’ai pu me décider jusqu'ici à les remplacer. La taille, dans cette situation, doit être faite à court bois, et même en espalier, pour ne rien faire perdre à ce raisin de sa beauté, à moins que ce ne soit sur un fort sarment, auquel cas on peut sans inconvénient le réduire à une petite verge.
Je ne sais pourquoi on n’a pas fait mention de cette excellente espèce dans le Nouveau Duhamel, ouvrage spécialement consacré à l’horticulture, et dont le chapitre vigne à été rédigé par un habitant du Midi. On ne pouvait cependant appeler l'attention sur aucune autre plus méritante. Est-ce parce que ni Dussieux ni Chaptal n'en avaient parlé non plus ?
Ce cépage a une variété également noire, un peu plus hâtive, mais moins vigoureuse. Son fruit, dans certaines conditions du sol, est un peu musqué; aussi porte-t-1l le nom, dans le département de Tarn-et-Garonne, de
MILHAUD MUSQUÉ, et aussi celui de
MILHAUD DU PRADEL; sans doute parce qu'on l'aura
üré des vignes du manoir de notre célèbre Olivier de Serres.
IL est facile à distinguer du Milhaud commun ou Ulliade :
ses feuilles sont plus profondément découpées, leurs lo-
bes sont souvent recoquillés; puis la souche est moins vigoureuse, moins fertile aussi ; les grappes sont moins fortes, et leur maturité, bien plus facile, est un signe différentiel également remarquable.
J'en cultive aussi une belle variété, mais seulement comme spécimen, car elle n’a jamais mûri ici:
ULLIADE BLANCHE, MILHAUD BLANC (du Tarn).
GALLET BLANC (au vignoble de Saint-Gilles, Gard }; au sujet de laquelle un de mes correspondants m’écrivait : « Le beau, le bon, le fertile plant! »
Je crois bien qu'il en est ainsi pour les propriétaires du Midi; mais en Touraine, ses raisins ne sont jamais venus à maturité. Ainsi, je m'en tiens à l’exclamation ci-dessus, sans entrer dans aucun détail.
Quelque imfertile que soit dans ma vigne, depuis une douzaine d'années, le
GROS DAMAS (littoral de la Méditerranée ),
ZYBIBBO des Italiens, et
ZIBIB des Arabes, je dois le mentionner ici, à cause de la grosseur de ses grains, d’un rouge violet peu foncé, et de forme ovoide. Leur couleur singulière est obscurcie par une abondante fleur ou pruine , et leur saveur est assez agréable pour faire regretter que ce cépage vigoureux soit siavare de ses fruits. Plusieurs auteurs l'ont fait, à tort, synonyme du Marocain, dont les grains sont noirs, et du Barbaroux, dont la couleur est rouge et la grappe bien plus ample, quoique les grains, qui sont ronds, soient moins gros.
LOUBAL BLANC (Tarn-et-Garonne ).
Ce raisin a de l'ampleur, et il est aussi bon à faire du vin qu'à être consommé en nature. Il est bien garni de beaux grains un peu oblongs, pas trop serrés, croquants, sans être trop charnus, pleins d’un suc très-doux, non de cette douceur plate comme celle de quelques autres, notamment du Sicilien. Sous notre climat il est trop tardif à müûrir en pleine vigne ; mais il atteint une complète maturité en espalier ,. où il acquiert toutes ses qualités. Son feuillage n’a rien de bien remarquable. Cet excellent cépage, dont je suis très-satisfait, mériterait d’être plus cultivé: car, non-seulement son fruit est parfait, mais il en donne aussi chaque année en abondance. Il y a aussi le
LOUBAL NOIR, dont on fait moins de cas dans le pays où il se trouve. Je l'ai expulsé de mes cultures, parce qu'il était encore plus tardif, et que son raisin était moins agréable à manger.
Un autre raisin, d’une couleur intermédiaire entre le rouge et le noir, et que je me donnerai bien garde d’oublier, car on m’a reproché l’omission que j'en avais faite dans ma première édition, est le
TIBOUREN ou ANTIBOULEN ou GUESSERIN (du Var ).
Cette omission avait été volontaire de ma part, et voici ma justification : Ce cépage gèle très-facilement, même dans les vignobles des environs de Toulon; sa fleur coule chaque année d’une manière décourageante; son raisin est un vrai Peillous, comme disent les vignerons du Tarn, déguenillé, d'un rouge qui laisse douter s’il ne doit pas être noir à sa maturité, maturité qu'il atteint rarement, car il a bien plus de disposition à pourrir auparavant. A
RAISINS DE TABLE, 319 la vérité, les Méridionaux le trouvent excellent ; il Pest sans doute dans leur pays, mais ici il n’est pas au nombre des raisins d’une qualité supérieure. On voit que le tort de mon premier silence est excusable. Ses feuilles sont profondément découpées, presque laciniées et trèsamples. J'ai dit que la maturité était difficile sous notre climat, quoique M. Pellicot la dise précoce dans le département du Var; il ajoute qu'il donne du vin clair, pétillant, agréable mais capiteux, et que la souche est d’une grande longévité, ce qu'annonce du reste sa vigoureuse végétation.
C'est M. Ducros, propriétaire dans les Hautes et Basses Alpes, à qui je dois les deux beaux raisins dont je vais parler.
Quoiqu'il m'ait écrit qu’ils étaient aussi bons pour le pressoir que pour la table, je n’ai pas hésité à les placer ici, ne croyant plus à la possibilité pour moi de les essayer comme raisins vinifères, et même comme raisins de table, l’espalier leur étant indispensable.
ESPAGNIN NOIR (Hautes-Alpes ).
Le bois est gros, noué court et érigé; les feuilles sont nues sur les deux faces, d’un vert un peu jaunâtre quand elles sont jeunes. Ses abondantes grappes, fortement atta chées au bourgeon par un gros pédoncule, sont bien garnies de beaux grains olivoides, fermes, charnus et juteux tout à la fois, d’un noir bien fleuri. Ce serait donc une très-bonne acquisition, si le raisin mûrissait plus facilement, mais il ne faut guère y compter sousnotre climat.
ESPAGNIN BLANC.
Tout ce que j'ai dit du noir est applicable au blanc: mème beauté de grappes, même difficulté à leur voir
atteindre leur maturité, au moins en pleine vigne, car en espalier ils font merveille.
MAJORQUEN, — BORMENC (ancienne Provence).
PLANT DE MARSEILLE (dans quelques localités).
Cette belle espèce de vignes est fort estimée dans quelques départements du Midi; mais on ne se trouvera pas aussi bien chez nous d’en essayer la culture. Ses magnifiques raisins mûrissent rarement d’une manière satisfaisante ; ils ont la même disposition fâcheuse à la pourriture avant d'avoir atteint leur maturité, et celle-ci n’est point hâtive comme dans le Midi. Deux auteurs ampélologues, MM. Laure et Pélicot de Toulon, paraissent en faire beaucoup de cas. « Elle est plus estimée que la Panse, dit le premier dans son Cours d'Agriculture, pour passeriller, parce que sa peau est plus fine. > Le pédoncule principal, ainsi que les pédoncules partiels , et surtout les pédicelles, sont minces, longs et herbacés ; c’est, après l'énorme volume de sa grappe, le caractère le plus remarquable. Les grains étant ronds, selon M. Pélicot, c’est done à tort qu'ils m'ont paru légèrement oblongs ; il dit aussi sa maturité précoce dans le département du Var. Les feuilles quinquelobées sont grandes et très-cotonneuses en des- Sous.
Je possède un autre cépage de Majorque du nom de