MALVOISIE DES PYRÉNÉES
Celle-ci est plus féconde que la précédente, et elle y joint l'avantage de donner d’excellent vin; malheureusement elle müûrit aussi difficilement qu'elle sous le climat de la Touraine. Ses feuilles sont lisses en dessus et légèrement cotonneuses en dessous. Ses grappes sont ailées et par conséquent coniques , bien garnies de grains un peu oblongs et assez beaux, moins gros cependant que ceux des trois Malvoisies précédentes ; elles sont supportées par un pédoncule ligneux et solide. La saveur de cette Malvoisie est agréable et même fine, comme celle de la plupart des sujets légitimes de cette tribu. Quoiqu'il soit probable que cette Malvoisie nous est venue d'Espagne, ce nest pas non plus celle de D. Simon dans son Ampélographie de l’Andalousie, car je pourrais répéter ce que Jai dit à l'article de la Malvoisie de Sitges. La forme des grains et l’époque de la maturité sont très-différentes.
MALVOISIE BLANCHE DE LA DROME (collection du Luxembourg ).
MALVOISIE BLANCHE DE TARN-ET-GARONNE ( de la collection Demermety et aussi de la mienne ).
CLAVERIE BLANCHE A GRAINS OBLONGS (frères Audibert, près Tarascon ).
Cette dernière dénomination provient d'une erreur de ces pépiniéristes renommés, car cette Malvoisie n’a rien de commun avec les Claveries.
Peu de cépages méritent plus de faire concurrence à nos Chasselas : ses grappes sont belles, garnies de grains assez gros, un peu oblongs , frappés du côté du soleil de taches brunes qui les rendent plus appétissants, et l’on n'est pas trompé; car ils sont croquants et d'un goût fin propre à plusieurs Malvoisies, quoique ce goût ne soit pas si prononcé qu'il l'est dans les Muscats et dans les Sauvignons: La maturité se complète facilement sousle climat de la Touraine, car le raisin mürit peu de jours après notre Côt, et même aussitôt quand le cep est en espalier. Toutefois il ne faudrait pas prendre pour son époque habituelle le 20 août, sur la foi de M. le président de la Société d'Horticulture d'Angers , ainsi qu'il l'indique dans sa notice sur les raisins de table de la collection de vignes de cette société. Les feuilles sont roides, d’un vert uni et luisant à la face supérieure; l'envers paraît nu, mais en y regardant de près on aperçoit une grande qnantité de petits poils très-fins et très-courts sur les nervures ; ses feuilles sont supportées par un très-gros pétiole; le bois est noué court, et très-coudé. Je ne connais pas le degré de valeur de ce raisin pour le vin, mais il est éminent pour la table.
Je ne ferai que mentionner, parce que je lui ai trouvé peu de mérite, la
MALVOISIE DU CAMP DE SARRAGOSSE. On me l'avait dit précoce, mais il s'en faut bien qu'elle le soit
ici et elle mürit même bien plus tard qu’une autre venue d'Allemagne, que j'ai reçue cependant sous le nom de
SPAT MALVASIER. Ce mot spat veut dire tardif, et elle est loin de l'être, elle mürit même facilement et à une époque peu avancée. Ses grains, qui sont de moyenne grosseur et un peu oblongs, ont un goût très-fin. Les feuilles sont lisses à la page supérieure et nues en dessous peu découpées et plutôt larges que longues; le sinus pétiolaire est très-évasé. Ces derniers caractères rendent le cépage facile à reconnaître par ses feuilles seulement. J'ignore si ce raisin est la base d'un vin de quelque renom : mais il fait un joli raisin de bouche. La
MALVOISIE MUSQUÉE, très<cultivée aux environs de Turin ét dans le Mont-Ferrat, est un excellent raisin à manger, à ce point que je lui ai donné une place à mes espaliers. Son bois allongé, c'est-à-dire sans coudures : ses feuilles à dents et surtout à lobes très-aigus, la forme ronde de ses grains et leur couleur verte, leur saveur musquée assez prononcée, établissent de tels rapports avec le Muscat blanc commun, que je suis très-porté à le croire de cette famille ; aussi l’appelle-t-on dans quelques localités