‹ Analyse infinitésimale à l'usage des ingénieurs (volume 3)Chapitre 62 sur 125 · Pour trouver la vraie valeur de la différence · texte numérisé non relu

Pour trouver la vraie valeur de la différence

y = fM — ?(a^) de deux fonctions qui deviennent simultanément infmies

pour une valeur particulière a de la variable, on écrit celte différence y sous la forme

f ix) Si le rapport MH' ^^i ^st le premier terme de la parenthèse

et qui se présente sous la forme ^, ne tend pas vers 1

lorsque x tend vers «, l'epxression y deviendra infinie. Si le

/ ix) rapport -y-^' tend vers i, // prendra pour x ^ o la forme

00 . 0, que Ton traitera comme nous l'avons dit au n° 196. iiOO. Exemple. — Trouver la vraie valeur de la ditîérence

pour X' = 00 .

Ici le rapport

fjoc) tend vers 1, quand x croît indéfiniment. L'expression

s'offre donc sous la l'orme oo . o, pour ,2; = oo , et il s'agit de trouver sa vraie valeur, ou, ce qui revient au même, en

posant - = u, de trouver la valeur pour u = 0 de l'expression

qui se présente sous la forme -r- L'application de la régie de

L'Hospita], si l'on observe que la dérivée du radical est

donne pour la vraie valeur demandée la moyenne arithmétique

n des quantités rtj, «o, ...,«„.

Formes 0", 1'"^% oo°

;20l. Suivant qu'on a

ou

f {a) =1, cp (a) = GO,

ou

/" [a) =Go, cp (a) = G,

expression

dans laquelle f{x) est supposée positive, se présente, pour .z==«, respectivement sous la forme

0\ i'^, oc.

Pour trouver alors sa vraie valeur, on cherche la valeur de son logarithme, sauf à remonter ensuite du logarithme au nombre correspondant.

Or le logarithme de (3) est le produit

;ù (x) .]og;f{x); et dans chacun des trois cas ci-dessus ce produit se présente

SOUS la forme o . xi . On sera ainsi ramené au problème du n'' 196.

Voici quelques exemples :

1° Soit y = af , l'expression dont on demande la vraie valeur lorsque x tend vers zéro par des valeurs positives.

On a

logy =: X loga? = — ?— 5

et comme le rapport des dérivées est égal à — x^ logy tend

vers zéro, et, par suite, y tend vers 1.

j 2° Soit // = (!+ axy , qui, pour x=^ o,se présente sous la forme 1°°.

On a

logii -]- <^^)

logi/

et comme le rapport des dérivées est égal à t~j^ ' log//

tend vers «, et par suite y tend vers e"-.

3° Soit y = (l -h-) l'expression qui se présente pour X =^ ç> sous la forme oo°. On a

log2/ = ^ log ^1 + - j z= ■ ^ ,

et comme le rapport des dérivées est égal à — — — yjlogy

tend vers zéro, et par suite y tend vers 1. 20!^. Si, pour X = «, l'expression

y = u^^ où u et V sont des fonctions de x, se présente sous la

forme 1"° , tandis que Texpression

admet une limite déterminée k, la vraie valeur de y sera e''. En etïet, on peut écrire

d'où, pour X = a,

lim . y = e''""^ = e^".

Voici deux exemples:

r Soit

__ (x^ -f- 6a; Ar SV ^~' V^2 | 2a? — sj

qui, pour ,x =- oo , prend la forme l'^. Comme

/a;^ -1- 6a; 4- 5 ,\ 4a;^ -|- 8a; z = — rH — ^ ■ — :: — la; ■

a pour limite 4 pour ^ = oo , la vraie valeur de y est e^. 2° Soit

y rr: (a; -f- sin a; -j- cosa;)*^°'*°^*,

qui, pour x = o, revêt la forme 1"°.

Comme

^ = cotano^a; (a; + sina; + cosi» — 1) = cosa; -r — + 1 — tano" r- " ^ ' Lsina; ^2J

a pour limite 2 pour x = o, la vraie valeur de jy est e'^.

Emploi des séries

203. Le développement en séries constitue un procédé très souvent fort commode pour la résolution du cas d'indétermination. Voici quelques exemples :

1" Soit proposé de trouver la vraie valeur de l'expression

y=„-^[log(l+i)-i].

pour n == oD .

Cette expression se présente sous la forme ce . o. Mais on a, pour n >> 1,

et par suite

La vraie valeur de y est donc — -•

2° Trouver la vraie valeur de Lexpression

qX gsin;

X — sin^c

pour j: = o.

On peut écrire, en posant x — sin.i- = u,

ou en remplaçant e" par son développement en série

La vraie valeur de // pour x = œ est donc 1.

3° Soit encore à trouver la vraie valeur de l'expression

y =: \/x'^ — ox ~\- Q — \/j;^ — X,

pour X = 00 .

On développera les radicaux par la formule du binôme

relative à l'exposant -?

où y. est supposé plus petit que 1 en valeur absolue. Or cette quantité 2 est pour le premier radical

ox — 6 et. pour le second

Comme il faut faire tendre x vers l'oo , on peut toujours supposer x assez grand pour que chacune des deux quantités précédentes soit moindre que 1 en valeur absolue. La formule du binôme est donc applicable, et l'on a

\/x- — OX-\-^ = X \/ l

ox — 6 o 1

X 2 S.r Hic-

d'où

ce qui montre que la vraie valeur de // est — 2.

4° Cherchons enfin la vraie valeur, pour x = o, de

CALCIL liNFlNTTÉSIMVL. 14

l'expression

loff (1 4- X -[- x^) + log-. (1 — X -j- x^]

"^ sec a? — cosa?

qui se présente alors sous la forme -• On peut l'écrire

log'(l -\- x'^ -\- x^)

y = coso; .

SWiX

Comme les deux premiers facteurs tendent l'un et l'autre vers 1, lorsque tend, vers zéro, la vraie valeur de y sera la même que celle du troisième facteur, lequel devient, par le développement en série du logarithme,

et par suite a l'unité pour limite.

La règle de L'Hospital, appliquée sans modification à la forme primitive de y, eût exigé deux différentiations successives et donné lieu à un calcul beaucoup moins simple que celui que nous venons de faire.

Vraies valeurs des fonctions de plusieurs variables

2,04:. Lorsque le rapport

de deux fonctions de plusieurs variables se présente sous la forme - pour un système de valeurs a, h des variables .r, y, la vraie valeur de ce rapport est généralement indétermi-

née ; elle dépend de la loi suivant laquelle x et y tendent respectivement vers a ei h.

En effet, si l'on pose

00 = a -}- pi, y =1 b -{- qt, (6i

/> et// désignant des constantes arbitraires, le rapport n devient une fonction

r [a + pi, h + ql)

de la variable unique /, qui, pour t, = o, se présente sous

la torme -•

L'application de la règle de L'Hos[)ital donne alors

hm u = — r r-, (8)

valeu]' que la présence des arbitraires p et q rend indéterminée. Toutefois, si les dérivées partielles des fonctions /' et 0 sont proportionnelles,/; et q disparaissent, et l'on a

tim u = ^-- = — ) (9)

c'a» vo

qui est en général déterminée.

Si les dérivées partielles

^ ^ Ijt h

sont toutes nulles, le second membre de (8) se présente à

son tour sous la forme - ; une nouvelle application de la

règle de L'Hospital donne alors

lim u =

p' ^, + 2pr7 ^ c'a- ôacb

c'a-' c'ttc'A

lOi

valeur que la présence de p et ç- rend indéterminée, à moins que les dérivées partielles du sacond ordre des fonctions / et © soient proportionnelles, et ainsi de suite.

Il va sans dire qu'au lieu d'appliquer la règle de L'Hospital pour trouver la vraie valeur de (7) pour / = o, on peut (n" 203) avoir recours aux développements en séries et à des transformations que suggère l'habitude du calcul.

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