A son passage au monde meilleur
LllI-134. Les étoiles (*), la lune et le soleil l’élèveront,
135 Je l’élèverai moi-même, ô saint Zarathustra, moi qui suis Ahura- Mazda, le créateur, (en lui disant) :
LlV-136. Salut à toi qui du monde périssable a passé au monde immortel C^) !
LV-137. Créateur des mondes ! Où sont les dévas? où sont les sacrifices (^) des dévas? où ont lieu les rassemblements des dévas? où accourent-ils pour se réunir? où se rassemblent-ils pour qu’il soit tué cinquante par les tueurs de cent, cent par les tueurs de mille, mille par les tueurs de dix mille, dix mille par les tueurs d’innombrables (hommes ou êtres) ? (^)
LYI-138. x\hura-Mazda répondit : C’est dans les daklimas élevés sur la terre où sont déposés les cadavres des hommes, ô Zarathustra!
139. C’est là que sont les dévas, les sacrifices des dévas; là sont les réunions des dévas; là ils accourent pour se réunir; là ils rassemblent pour qu’il soit tué cinquante par les tueurs de cent, cent par les tueurs de mille, mille par les tueurs de dix mille, dix mille par les tueurs d’innombrables (hommes ou êtres) ?
LVII-140. Les dévas, ô saint Zarathustra ! (se rassemblent) dans ces dakhmas, y mangent et y répandent leurs ordures (^);
141. De la même manière que vous autres mortels lorsque vous préparez et mangez des aliments et de la viande agréables au goût (®).
142. Soyez attentifs, ô mortels, et veillez sur vos repas) Ç).
(1) Spiegel traduit : Les étoiles le loueront. — Ces deux sens ne sont pas sûrs. Le pehlvi biirzidano signifie élever, exalter. Comp. le pers. hurs.
(2) Ces paroles pourraient aussi être attribuées à Voliumanô (comp. farg. XIX. 103). — Périssable. Glose pehlvie, où il y a opposition, hostilité d’Ahriman.
(3) Et non les adorateurs des dévas, dont il n’est point question ici; la glose pehlvie l'indique clairement (yazishn). Litt. : où est le déva, etc.
(*) Spiegel traduit : Pour le meurtre de 50 pour les tueurs de 100, pour le meurtre de 100, pour les tueurs de 1000, etc. Cette phrase est inintelligible. Ces expressions « tueurs de 100, de 1000, etc. » sont des termes consacrés pour désigner des guerriers plus ou moins redoutables, ou des armes plus ou moins meurtrières (comp. la çataghm, etc.) Cette phrase signifie donc que ces tueurs, ces ennemis, ces dévas tueront plus ou moins d’homnies, de guerriers selon leur vaillance, leur force, etc. On la retrouve aux Yeshts V. 58, 117; X. 43; XIII. 48. Le pehlvi porte : Pour tuer 50, 100, etc. (Glose : pour commettre un crime). Il s’accorde donc avec notre traduction. La même construction se retrouve dans l’ordre d’idée opposé dans la prière du Manuscr. de la bibliothèque Bodl.8996 f. 63* « Que les Yazatas viennent vers les fidèles à dix vers un, à cent vers dix.... » etc. Voy. Zachau. Beitrage, p. 23.
(3) Y mangent et non y accourent, comme le prouve le § 141. Traduire « accourent, y copulent » c’est ôter toute valeur à la comparaison suivante.
O') Ou bien destinés à être mangés. — Pehlvi : cuits, préparés.
(■) Le § 142 paraît être une interpolation, il interrompt le sens et rend tout le passage obscur. Il semble inspiré par ces prescriptions minutieuses qu’observent encore les Parses pendant leurs l’epas.
FARGARD VII.