‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 29 sur 686 · III. — Groupes de Dévas · texte numérisé non relu

III. — Groupes de Dévas

VAvesta distingué, pense-t-on, deux classes de Dévas qu’il considère comme ayant, aux temps héroïques, dominé et désolé la terre.

Ce sont les Mazaniens et les Varéniens. Aucun texte ne fournit le moindre éclaircissement relativement à ces noms. La tradition donne les premiers comme les Dévas du Mazanderan, pays situé au sud de la mer Caspienne. L’imagination populaire aurait transformé en démons les habitants idolâtres de ces contrées ennemies ou les bêtes féroces auxquelles elles servaient de repaire. Dans le Shâhnâmeh, les guerriers éraniens sont attaqués, au Mazanderan, par des Dévas redoutables.

Les Varéniens sont, d’après la tradition, les amis de la luxure; leur nom viendrait de var, aimer avec passion. Westergaard le rapprochait du varena du Fargard I. 68 que certains auteurs regardent comme étant le ciel même. Les Varéniens seraient les Dévas célestes qui attaquent le ciel. Il est bien difficile d’admettre cela. Il n’y a pas réellement de Dévas varéniens. VAvesta emploie l’expression « la méchanceté varénienne, varenya drvàiti, » serait-ce la méchanceté céleste ? Varena ne peut correspondre à Varuna, où'pavoçC). Le Vendidàd X. 24, ne parle que d’un Déva varénien à côté de celui du vent. h'Avesta ne connaît que des méchants varéniens et non des Dévas ainsi qualifiés. Ce ne sont donc point les génies envahisseurs du ciel.

Les Dévas se plaisent spécialement dans les cimetièi’es. Les méchants, les adorateurs des idoles sont souvent traités de Dévas (Voy. Yt. XIV. 34).

(') On verra dans les Origines du Zoroastrisme, Faxtia I, p. 28, les raisons qui ne permettent pas de les assimiler; are correspond à ar, ir, ur sanscrits et non à arw. Ajoutons que dvarena est écrit dans plusieurs manuscrits dvarana ce qui met ce mot en dehors du sujet et que hamerena, dont le sens et la racine sont incertains, peut correspondre à samrti, samrta, mais non à samârana.

INTRODUCTION

IV, — Les Drujes.

Le mot Druje {Druj) a un sens général qui semble pouvoir s’appliquer à tout Déva à titre d’être trompeur et malfaisant. Il paraît même, comme tel, s’appliquer à Anro Mainyus, le trompeur, l’être malfaisant par excellence. Ainsi, le Y. XLV. 6, parle des créatures de la Druje (comp. Yt. XL 14; Vend. VIII. 310, etc.). Il est alors parfois du masculin ; mais ordinairement ce mot est pris au féminin et désigne une classe de démons femelles, inférieurs aux Dévas. Elles sont ])arfois citées collectivement (Voy. Vend. III, 24; Yt. IL 11 ; Y. XXX. 10). Au premier passage elles s’unissent aux Dévas.

L’esprit infernal que Çraoslia, au Vend. XVIII, force à faire connaître les crimes les plus propres à favoriser sa puissance, est appelé simplement Druje (Druhhs). Mais il en est un certain nombre qui ont un nom et une fonction propres. Ce sont :

1“ La Naçus, Druje des cadavres {naçus = véxuç, cadavre) qui s’empare du corps humain aussitôt après la mort et le souille ainsi que tous ceux qui touchent un cadavre d’homme ou de chien. On verra plus loin et au Vendidàd, les cas de contamination, les modes de purification et les évolutions de la terrible Druje dans le corps des purificands.

2“ La Jalii, Druje de la luxure, comme l’indiquent et la tradition mazdéenne et le à.évué jahiha, courtisane. h'Avesta l’appelle la Jahi magicienne {yâtumaiti), la Jahi dissolue .?) et la considère comme redoutable; aussi, l’on y trouve plu-

sieurs prières conjuratoires contre ce génie immonde. La courtisanerie y est également condamnée et flétrie. La racine du mot jahi est peut-être rire, être

dissolu.

3° Büshyàçta (de hush, préparer et ançta, angoisse, resserrement ?) Cet esprit infernal est plutôt un Déva femelle {daevi) qu’une Druje. Elle personnifie le sommeil intempestif ou plein de mollesse, qui empêche d’accomplir les prescriptions de la loi pendant la nuit ou bien au point du jour. Elle est appelée dareghôgava aux longs bras et zairina, jaunâtre, pâle. Le coq, oiseau de Çraosha, en éveillant les hommes crie aux fidèles « levez-vous, prenez garde ! Bûshyançta, la Dévi aux longs bras s’élance sur vous ; elle veut de nouveau replonger le monde dans le sommeil. Un long sommeil, ô mortel ne te sied pas. « Vend. XVIII. 38.

Le Vendidàd XI contient les prières propres à châtier l’infernale endormeuse, et le Yesht XVIII. 2 dit que Arstàt (la droiture) est son ennemi et l’abat, Spiegel distingue Bûshyançta « aux longues mains » de la Zairina et croit que celle-ci représente le sommeil maladif.

4® Par un phénomène assez singulier, dahâha, le serpent aux trois gueules, aux six tètes, aux mille yeux est appelé parfois Daevi druj, la Druje, au féminin. En plusieurs endroits il est traité comme un être mâle. Peut-être y a-t-il en lui deux personnages créés par des mythographes différents.

rp Agha daoithri (\\XQ Spiegel considère comme la Dévi du mauvais œil et d’autres comme la fourberie personnifiée. Le second sens parait le meilleur ; la forme du mot la plus certaine est daoithri de davathri, de dav, dabh, tromper (comp, daoihri, dâuthri, au Vend. XIX. 142).

INTRODUCTION

Peut-être devrait-on ranger ici Hashi, Baslii, Çaini etBuji dont il a été parlé plus haut car ces noms sont cités après celui de la Naçus (Yt. IV. 3, 5).

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